MONTRÉAL – On se montre hésitant chez les Canadiens de Montréal à désigner Samuel Montembeault comme le gardien numéro un de l’équipe. Mais il paraît clair, dans la hiérarchie des trois hommes masqués qui partagent la tâche devant le filet, qu’on a établi l’identité du numéro deux.
« Cayden Primeau est prêt pour le défi », a claironné le directeur général Kent Hughes, lundi, en se livrant à l’exercice de tracer le bilan de la première moitié de saison du CH.
Le ménage à trois gardiens pourrait perdurer, voire jusqu’à la fin de la saison, a laissé entendre Hughes, mais tout indique que le vétéran Jake Allen est en trop.
« Le plan n’était pas, et il n’est toujours pas, d’avoir trois gardiens avec l’équipe, a souligné le DG. Je ne peux pas garantir à 100 pour cent que nous en échangerons un. »
Hughes a relevé que l’émergence de Primeau représente un beau problème pour l’organisation.
« Les indications que nous avions au camp d’entraînement pointaient vers la perte de Cayden au ballottage, a-t-il expliqué. C’est la raison pour laquelle nous avons gardé trois gardiens. Si nous avions cru que Cayden pouvait passer au ballottage sans être réclamé, nous l’aurions envoyé avec le Rocket de Laval, dans la Ligue américaine de hockey (LAH). En le gardant avec nous, l’avantage c’est que nous avons pu le voir à l’œuvre dans la Ligue nationale. »
Hughes a relevé le rendement du trio de gardiens comme un des atouts du CH au cours de la première moitié de saison. Il n’a pas voulu confirmer Montembeault comme le leader du triumvirat.
« Je n’aime pas accoler un titre (à un joueur) parce que nous voulons que ‘Sam’ pousse afin d’être le meilleur gardien possible », a répondu le directeur général quand on lui a posé la question.
« Le temps d’utilisation qu’on lui donne témoigne la confiance qu’on a à son endroit », a fourni Hughes en guise de réponse. « Il joue plus souvent que les deux autres et j’imagine que ce sera le cas s’il continue de bien faire. Cela dit, nous voulons que les trois gardiens voient de l’action tant qu’il n’y aura pas un échange. Ce sont trois bons gardiens. »
Maudites blessures
Pour ce qui est de la progression de l’équipe, qui a amassé cinq points de plus qu’après les 41 premiers matchs de la saison dernière, Hughes a mentionné qu’elle est difficile à quantifier en raison de la perte de plusieurs joueurs.
« Nous ne souhaitions pas vivre une autre saison marquée par les blessures, a-t-il commencé par dire. Dès le deuxième match, nous avons perdu les services de l’attaquant Kirby Dach pour toute la saison. Ça complique les choses à plusieurs chapitres, pas uniquement pour ce qui est de nos chances d’être compétitifs, mais pour nous aider, l’équipe de gestion, à nous faire une idée du portrait global, a-t-il ajouté. La perte de Dach fait que nous perdons une année d’évaluation de sa progression. Nous savons que le potentiel est là, mais nous préférerions le voir sur la glace. »
Les Canadiens ont également perdu les services en cours de route des défenseurs David Savard, Arber Xhekaj et Jordan Harris, ainsi que des attaquants Alex Newhook, Rafaël Harvey-Pinard, Tanner Pearson et Christian Dvorak.
Dans ces circonstances, Hughes a souligné le bon travail du personnel d’entraîneurs.
« Nous avons tout de même vu une progression de la part de l’équipe. Le groupe d’entraîneurs compose bien avec la situation. Nous n’avons pas la profondeur d’une équipe de premier plan. Les blessures vont nous faire plus mal. Nous voyons tout de même des joueurs comme Juraj Slafkovsky et Jayden Struble progresser. »
Le compas perdu
Le manque de production de l’as-marqueur Cole Caufield, qui n’a que 12 buts à sa fiche, peut être rangé au rayon des déceptions jusqu’à maintenant, même si Hughes a refusé d’utiliser le qualificatif. Le faible taux de conversion tirs-buts de Caufield est davantage une source de préoccupation pour les dirigeants.
« Son taux d’efficacité tirs-buts se chiffre à sept pour cent. Il était d’environ 16 pour cent la saison dernière, a noté Hughes. Nous avons vérifié dernièrement et, chez tous les joueurs qui ont au moins 12 buts, Cole vient au 110e rang pour ce qui est de l’efficacité.
« Les entraîneurs et le personnel d’encadrement se penchent là-dessus. Est-ce que c’est de la malchance ou encore la vélocité de son tir? »
D’ici à ce qu’on identifie une cause, Hughes a mentionné que la situation n’ébranle pas Caufield moralement.
« Tu veux toujours que tes 'scoreurs scorent', mais je ne dirai pas que c’est décevant ou inquiétant, a-t-il répondu à la question. Marquer des buts sur une base constante d’une saison à l’autre est ce qu’il y a le plus dur à faire.
« On ne voudrait pas le voir commencer à jouer différemment ou à ressentir une forte pression, a-t-il poursuivi. Ce qui est impressionnant, c’est qu’il demeure le même gars toujours souriant. C’est important parce qu’il insuffle une bonne dose d’énergie dans le groupe. Nous ne voulons pas le voir se démoraliser. S’il ressent de la pression, il ne le montre pas. »


















