MONTRÉAL – David Savard a passé une grande partie de sa carrière dans l’ombre. Le logo sur son chandail passait toujours avant son nom de famille dans le dos. À l’annonce de sa retraite avant l’ouverture du premier tour contre les Capitals de Washington, Savard a déplacé les projecteurs vers lui.
Et cette lumière ne l’a pas quitté depuis le cinquième match.
Pour les Canadiens de Montréal, c’était la fin d’un beau parcours avec ce revers de 4-1 mercredi soir au Capital One Arena. Pour Savard, c’était la fin d’une carrière de 14 saisons dans la LNH.
Après le but de Brandon Duhaime dans un filet désert, Savard a fait une dernière présence de 26 secondes. Au son de la sirène, le numéro 58 a reçu les accolades de chacun de ses coéquipiers avant d’en obtenir d’autres lors de la traditionnelle poignée de main avec les rivaux des Capitals.
Alex Ovechkin et Spencer Carbery ont également salué sa carrière en conférence de presse après le match.
« J’ai plus vu les choses le lendemain que le soir même, a raconté Savard vendredi matin lors du bilan de l’équipe. Mais c’est flatteur. Je me suis battu pendant de nombreuses saisons dans la LNH. J’ai reçu aussi plusieurs messages textes de joueurs d’un peu partout dans la ligue, pas juste des gars que je connaissais personnellement.
« C’est le fun de voir que j’avais le respect des autres joueurs. C’est ce qui fait du monde du hockey un univers spécial. Nous nous tapochons dessus et nous faisons tout ce que nous avons à faire pendant un match, mais une fois que c’est terminé, nous avons du respect les uns pour les autres. J’ai trouvé ça spécial aussi d’entendre Ovi parler de moi. Il est l’un des grands du hockey. Il a pris le temps de dire quelques mots. »
Quand l’avion des Canadiens a touché le sol à l’aéroport de Dorval jeudi, une autre surprise l’attendait. Deux gros camions de pompier ont arrosé l’avion. Dans le jargon, on parle d’un salut aquatique « water salute ».
« Ils m’ont expliqué la symbolique à notre arrivée. Quand un commandant fait son dernier vol, c’est une marque de respect, une tradition. J’ai eu la chance de le vivre. C’est quelque chose qui démontre encore tout le soutien de la ville, et à quel point les gens ont aimé mon passage avec le Canadien. »
Partir en paix
Même s’il s’y préparait mentalement depuis déjà de nombreuses semaines, Savard n’a pu contenir ses larmes après l’élimination de l’équipe.


















