BROSSARD – Le beau problème que Martin St-Louis a maintenant sur les bras a été illustré de façon assez évidente, mercredi, à la veille de la visite des Islanders de New York au Centre Bell.
Pendant un exercice de confrontations à forces égales, les quatre trios concoctés par le pilote des Canadiens de Montréal s’affrontaient aux deux extrémités de la patinoire du complexe d’entraînement. Au centre de glace, avec un genou au sol, se trouvaient les attaquants Zachary Bolduc, Joe Veleno et Patrik Laine.
À LIRE AUSSI : Une pause bénéfique pour Montembeault | Un changement d’air bénéfique pour Jérémie Poirier
Trois joueurs qui pourraient rendre de fiers services à l’équipe – mis à part Laine, toujours sur la liste des blessés – mais qui devront vraisemblablement sauter leur tour alors que l'infirmerie s'est vidée.
« Comme entraîneur, c’est la première fois que j’ai cette profondeur-là, a observé St-Louis. C’est une adaptation pour moi aussi. Comme leader, tu prends des décisions qui affectent négativement des joueurs que tu aimes. Ça vient avec la job.
« C’est compétitif. Ce ne sont pas des décisions faciles, et je pense que le groupe va se pousser à l’interne. »
Le retour au jeu d’Alex Newhook, après quatre mois d’absence, et celui d’Alexandre Texier, blessé de façon mineure avant la pause olympique, ont poussé les deux attaquants québécois hors de la formation.
Ces changements donnent le ton au dernier droit de la saison. Chaque seconde de jeu devra être méritée au sein d’une équipe qui voudra terminer le travail et confirmer sa place en séries éliminatoires. Les Canadiens (32-17-8) occupent présentement le deuxième rang de la section Atlantique.
« Je ne me souviens pas avoir vu autant de joueurs de calibre de la LNH dans cette équipe », a souligné le capitaine Nick Suzuki, de retour des Jeux olympiques. « Il y aura des gars qui se battront pour un poste à chaque entraînement et à chaque match. La compétition à l’interne est très forte.
« Ça forcera tout le monde à être à son mieux chaque fois qu’ils sautent sur la glace. C’est dommage qu’on ne puisse pas faire jouer tout le monde, mais tous les gars ont l’objectif collectif en tête. »
Avec 25 matchs à jouer en 47 jours, il risque cependant d’y avoir un bon roulement au sein des effectifs. Personne n’est à l’abri des blessures – surtout pas dans une séquence aussi intense – et St-Louis voudra sans aucun doute gérer le niveau d’énergie de ses ouailles.
Pour un joueur de 23 ans comme Bolduc, qui a disputé tous les matchs des siens depuis le début de la saison, cette rétrogradation pourrait agir comme élément motivateur.
« Ta tête doit être plus forte que tes émotions, a rappelé St-Louis. Comme joueur, je l’ai vécu. Tu veux faire tout ce que tu peux pour faire partie de la formation. Tu dois rester affamé et saisir ta chance quand tu en obtiens une. Tous les joueurs en veulent plus, tu dois seulement aller le chercher. C’est la réalité. »
La situation actuelle reflète parfaitement l’étape à laquelle est rendue cette équipe. Après des années creuses de reconstruction, elle a maintenant le luxe de compter sur de la profondeur. On est quand même loin de l’époque à laquelle on se demandait qui de Rem Pitlick ou de Michael Pezzeta allait sauter son tour.
« J’ai eu à prendre des décisions dans le passé, mais elles étaient plus faciles quand on parle en termes de talent, a fait valoir St-Louis. Ça illustre l’évolution de notre équipe. Ça rend mon travail plus difficile, mais c’est un bon problème à avoir. »
Les trios à l’entraînement
Cole Caufield – Nick Suzuki – Kirby Dach
Juraj Slafkovsky – Oliver Kapanen – Ivan Demidov
Brendan Gallagher – Phillip Danault – Josh Anderson
Alexandre Texier – Jake Evans – Alex Newhook
Zachary Bolduc – Joe Veleno – Patrik Laine*
Lane Hutson – Noah Dobson
Mike Matheson – Kaiden Guhle
Arber Xhekaj – Alexandre Carrier
Jayden Struble*
Samuel Montembeault
Jakub Dobes


















