POIRIER BADGE MARCIL 2

Jérémie Poirier ne le cache pas : le nouveau départ qu’il obtient avec l’organisation des Stars de Dallas lui fera du bien.

« Sans entrer dans les détails, je n’avais pas la saison souhaitée à Calgary pour plusieurs raisons », a expliqué l’espoir à la défense, échangé aux Stars par les Flames de Calgary le 2 février dernier, dans une entrevue téléphonique avec LNH.com. « Une partie de ça repose sur mes épaules, mais je pense qu’un changement d’air était bénéfique pour les deux parties. »

Avant d’être échangé, Poirier connaissait une saison difficile avec les Wranglers de Calgary, le club-école des Flames dans la Ligue américaine de hockey (LAH). Il n’avait récolté que six points (un but, cinq passes) en 35 matchs et affichait un différentiel de -18.

Un rendement bien en deçà des attentes du joueur de 23 ans, repêché au troisième tour (72e au total) en 2020 par les Flames d’abord et avant tout pour ses habiletés offensives.

À son année de repêchage, Poirier avait mené les défenseurs de la Ligue de hockey junior Maritimes Québec (LHJMQ) au chapitre des buts (20). Il a ensuite connu deux saisons de plus de 40 points avec les Wranglers, dont la dernière. Il en aurait probablement ajouté une troisième, n’eût été une blessure majeure qui l’a limité à 23 matchs en 2023-24.

Cette année, toutefois, la production offensive n'était pas au rendez-vous. Poirier ne jouait presque plus en avantage numérique – le pain et le beurre d’un joueur au profil offensif comme le sien. L’entraîneur des Wranglers Brett Sutter lui préférait les défenseurs Hunter Brzustewicz et Daniil Miromanov sur le jeu de puissance. Ces derniers ont inscrit cinq et quatre points, respectivement, avec l’avantage d’un homme, tandis que Poirier n’a obtenu qu’une seule passe.

Le principal intéressé ne souhaitait pas entrer dans les détails, mais on peut lire entre les lignes et comprendre que cette dégringolade dans la hiérarchie de l’équipe est l'une des raisons ayant contribué à sa baisse de production.

« Plein de choses peuvent expliquer ça, a-t-il affirmé. C’est un concours de circonstances. Il y a la situation au point de vue du hockey, mais il y a moi aussi. Je n’excuse pas mes performances. J’ai des choses à améliorer de mon côté et il y a des choses que j’aurais pu faire différemment.

« Je suis très reconnaissant pour ce que Calgary a fait pour moi durant ma carrière. Ils m’ont donné la chance de jouer au niveau professionnel. Mais je suis vraiment heureux d’être ici au Texas et de pouvoir obtenir un nouveau départ avec l’organisation des Stars. Je veux essayer d’aller de l’avant et retrouver ma game. »

Un dernier mois « chaotique »

Ce nouveau départ, Poirier a dû attendre près de trois semaines avant de le vivre. Même s’il a été échangé le 2 février, il a seulement joué son premier match avec les Stars du Texas samedi, une défaite de 5-4 contre les Wolves de Chicago. Son dernier match avec les Wranglers remontait au 31 janvier. Il a donc passé 21 jours sans jouer.

Cette longue interruption s’explique en partie par la pause du match des étoiles dans la LAH, mais aussi parce que Poirier a dû attendre plusieurs jours avant d'obtenir son visa de travail aux États-Unis.

Poirier est retourné chez lui à Salaberry-de-Valleyfield pendant la pause, avant de rejoindre les Stars sur la route sans toutefois pouvoir sauter sur la glace, faute de visa. Il a ensuite dû revenir au Canada récupérer ses documents, avant de retourner avec l’équipe à Chicago pour finalement jouer le lendemain.

Des allées et venues qui n’ont eu que des inconvénients, sauf si Poirier accumule les points fidélité auprès des différentes compagnies aériennes.

« Pendant presque trois semaines, je n’ai pas pu sauter sur la glace, a raconté Poirier. J’étais à la maison, j’attendais et je m’entraînais en solitaire à Valleyfield avec mon entraîneur estival. Nous étions juste lui et moi sur la glace. Ça ne simule pas vraiment un match.

« Février a été assez chaotique. J’ai pris souvent l’avion dans les dernières semaines. Je suis content que ça se soit un peu calmé. »

Avec un seul match derrière la cravate dans l’uniforme du Texas, il est encore trop tôt pour Poirier pour savoir exactement quel rôle l’attend avec sa nouvelle équipe et quels sont les plans à plus long terme pour lui. Il deviendra joueur autonome avec compensation après la saison. Une période d’adaptation sera aussi inévitable après une si longue absence.

Poirier préfère ne pas penser non plus, pour l’instant, à un éventuel rappel avec Dallas et un premier match dans la LNH. Les dernières semaines lui ont rappelé que tout peut basculer rapidement dans le monde du hockey et que se projeter trop loin dans le futur peut être un exercice périlleux.

« Ça faisait pratiquement un mois que je n’avais pas joué, a-t-il mentionné. J’essaie de ne pas trop penser à un rappel ou aux possibilités pour moi. Je m’en viens juste ici pour jouer du bon hockey, offrir de grosses minutes, aider l’équipe à gagner et pousser dans la même direction que les autres gars. »