Canadiens : Jake Evans respire d'aise, mais pas trop
Le jeune joueur de centre joue avec confiance, mais il sait qu'il n'y a jamais rien d'acquis

« Je sais maintenant que je peux jouer dans la LNH et tenir mon bout contre les meilleurs joueurs. Je suis en même temps conscient que je ne dois rien tenir pour acquis, que mon prochain match pourrait être mon dernier », soumet en entrevue le Torontois âgé de 24 ans.
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De la façon qu'il joue depuis le début de la saison, Evans n'a pas trop à être inquiet quant à son statut avec l'équipe. Même avec le jeune Ryan Poehling qui n'attend qu'une défaillance de sa part. Evans s'attire les éloges de ses coéquipiers. Paul Byron, qui évolue à sa gauche, a affirmé dernièrement qu'Evans lui rappelle un jeune Phillip Danault. Artturi Lehkonen, qui joue à sa droite, lui a rendu hommage à son tour en disant que c'est la première fois depuis belle lurette qu'il est le joueur le plus lent de son trio.
« Ça, je ne le sais pas », réagit Evans au sujet de la prétention de Lehkonen. Paul est ultra rapide, mais 'Lehky' l'est également. Il faudrait faire une course pour voir. Ce qui est sûr c'est que notre trio utilise la vitesse comme un atout. »
Les trois attaquants ne sont pas les plus imposants physiquement, mais ils déplacent de l'air, comme on a encore pu le constater au cours du match face aux Flames de Calgary, samedi. Les trois ont droit à de l'action en infériorité numérique et ils apportent une contribution appréciable au bon rendement de l'équipe à ce chapitre.
Evans a déjà deux buts à sa fiche cette saison. C'est seulement deux de moins que le vénérable Nate Thompson a inscrits en 63 matchs avec l'équipe la saison dernière. La décision des dirigeants d'échanger Thompson à la date limite des transactions en février, même s'il était fort apprécié de ses coéquipiers, s'est avérée judicieuse.
Le pied de nez du négligé
La réussite d'Evans, c'est le pied de nez du négligé. Choix de repêchage très éloigné du CH en 2014, 207e au total, il a fait ses classes, c'est le cas de le dire, dans les rangs universitaires américains pendant quatre ans chez les Fighting Irish de l'Université Notre-Dame.
Il a par la suite joint les rangs les professionnels, passant presque deux saisons avec le Rocket de Laval, dans la Ligue américaine de hockey (LAH).
« J'ai toujours cru en mes capacités de pouvoir faire ma place. Je ne savais pas comment les choses tourneraient, même quand j'étais avec le Rocket. Mais j'ai réussi à force de travail, beaucoup de travail. »
Il s'est vu accorder un essai dans la LNH vers la fin de la dernière saison et il a su gagner la confiance des entraîneurs pour les séries éliminatoires dans la ville bulle de Toronto, en août. Moins de cinq mois plus tard, en se présentant au camp d'entraînement en janvier, il a consolidé son emprise sur le poste de quatrième centre, à l'âge de 24 ans.
Un brin anxieux
Après la performance ordinaire qu'il a connue au cours du premier match de la saison écourtée contre les Maple Leafs de Toronto, il s'est toutefois mis à douter. C'est qu'Evans admet être un brin anxieux.
« Il m'arrive de douter de moi. J'ai besoin de recevoir de la rétroaction. Je la sollicite même, peu importe qu'elle soit positive ou négative. Je veux savoir à quoi m'en tenir et toujours être sur la même longueur d'onde que les entraîneurs. »
Après Toronto, un des adjoints de l'entraîneur Claude Julien, Kirk Muller, a ressenti le besoin de lui remonter le moral. Evans mentionne que la discussion qu'ils ont eue ensemble lui a fait le plus grand bien.
« Ç'a été une super conversation, dit-il. Après le match à Toronto, j'étais très frustré. Je n'avais rien fait qui vaille contre les Maple Leafs. Kirk m'a dit d'oublier et de tourner la page. C'est un gars positif. Il m'a énormément aidé. À partir de là, j'ai cessé de me torturer avec mes erreurs et je me suis concentré sur ce que je dois faire. »
Evans paraît avoir grandement gagné en rapidité par rapport à la saison dernière. On faisait état avant qu'il n'entre à l'université qu'il n'était pas un marchand de vitesse.
« C'est soit qu'il a grandement amélioré son coup de patin ou que son coup de patin n'était pas si mauvais qu'on le disait », mentionne l'entraîneur Julien.
Evans dit qu'il a toujours mis l'accent sur l'amélioration de son coup de patin depuis les rangs universitaires.
« De jouer dans les rangs professionnels m'a forcé à accélérer le rythme », souligne-t-il.
Chez les Canadiens, on le voit s'établir comme un joueur de centre fiable en défense et efficace sur les mises au jeu.
« Il possède une belle intelligence au jeu et il joue avec beaucoup de confiance. Cette confiance déteint sur nous, les entraîneurs, note Julien. Il mérite le temps d'utilisation qu'on lui donne et la confiance qu'on lui témoigne. »
Evans dit que cette confiance reçue décuple sa propre confiance.
« Ça se traduit par plus de responsabilités sur le plan personnel, et je ne demande pas mieux. C'est agréable d'avoir une bonne occasion de jouer. Je veux simplement continuer de m'améliorer et aider l'équipe. »

















