C'est donc à partir de presque rien qu'une révolution s'est opérée dans l'organisation du hockey en France. C'était en 2006.
Jusque-là, le hockey se retrouvait au sein de la Fédération française des sports de glace, avec 13 autres disciplines qui se déroulent sur une patinoire comme le patinage artistique ou de vitesse, mais aussi le bobsleigh, la luge et le curling. Le hockey devait donc se battre constamment pour obtenir sa part du budget.
Luc Tardif était alors le vice-président de la Fédération et le président du volet hockey de celle-ci. Il a vite compris, à son arrivée en 2000, que le seul moyen pour que le hockey grandisse était de devenir indépendant et de fonder la Fédération française de hockey sur glace.
« Il n'y avait pas intérêt pour les autres sports que le hockey se sorte la tête de l'eau. On n'avait pas la totale maîtrise de notre budget. En créant la Fédération (française de hockey sur glace), nous avions tous les outils pour aller de l'avant », a raconté le président dans une entrevue avec LNH.com.
À LIRE AUSSI : À la recherche du prochain Alexandre Texier | Le Championnat du monde, une autre étape vers la LNH pour Texier | La semaine des francophones sous la loupe
Depuis 2006, le nombre de licenciés est en croissance de 25 pour cent. Le budget de la Fédération est passé de 2,8 millions d'euros à 6 millions. D'une dizaine de personnes, le nombre d'employés a bondi à 30. Et surtout, sur la glace, les performances se sont grandement améliorées pour l'équipe nationale.
Tardif est un Québécois de Trois-Rivières qui, après avoir joué dans la LHJMQ et au hockey universitaire, s'est envolé pour la Belgique en 1975 afin de jouer dans le Championnat hollandais. L'année suivante, il s'installait en France à Chamonix, comme joueur, avant de s'impliquer dans la direction du club de Rouen, puis au niveau national. À l'époque, le hockey était une affaire de petites localités reculées, fortes de leur tradition en sports hivernaux.
Depuis, la discipline s'est rapprochée des grands centres. La Ligue Magnus, le summum du hockey professionnel dans l'Hexagone, compte des clubs dans trois des dix plus grandes villes du pays, soit Lyon, Bordeaux et Nice. Marseille, dont la température moyenne annuellement est de 14,2°C, aura droit à une patinoire toute neuve de 6000 sièges, un des nombreux projets en cours au pays de Cristobal Huet.
« Ce sont des villes à potentiel et ça grimpe naturellement. Il y a plus d'intérêt et plus d'écho médiatique, donc il y a plus de spectateurs, donc plus de sous, donc plus de marketing. Il faut s'assurer que ce ne soit pas une montée artificielle. Il faut que le club ait une base de hockey mineur et un savoir-faire. Ça ne se fait pas du jour au lendemain. Il faut du développement durable, pas des étoiles filantes. »
En 2006, l'attaquant des Golden Knights de Vegas Pierre-Édouard Bellemare avait dû s'expatrier en Suède afin de poursuivre sa carrière, à l'âge de 21 ans. Il a été en mesure de constater tous les changements qui se sont opérés dans le hockey français.
« Sur les 10 dernières années, c'est une évolution incroyable. La Fédération et la Ligue française ont réussi à récupérer un certain respect », souligne-t-il.