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Bouchard: La fin d'une époque à Detroit

Les Red Wings devront modifier leur système de développement s'ils veulent prolonger leur séquence de participations aux séries

par Olivier Bouchard @oli_bou / Correspondant LNH.com

Les Red Wings de Detroit participent aux séries éliminatoires de la Coupe Stanley depuis un quart de siècle, n'ayant pas manqué un tournoi printanier depuis 1991. Au moment d'écrire ces lignes, les Red Wings ont 25 points en banque, quatre derrière les Bruins de Boston pour la deuxième place de quatrième as donnant accès aux séries. Assiste-t-on aux derniers moments d'une extraordinaire séquence ?

Les choses n'ont pas très bien commencé pour l'équipe l'an dernier, mais on a fini par reprendre du poil de la bête et se qualifier.

Si on déplace une moyenne de 10 parties sur le fil de la saison, on réalise que les taux de tirs obtenus par l'équipe ont, l'an dernier, été raisonnablement supérieurs à la moyenne de la LNH après un départ difficile. Cette saison, au quart de la campagne, les choses ne décollent toujours pas.

On a effectué quelques changements de personnel au cours de l'été, notamment pour pallier, vaille que vaille, au départ de l'extraordinaire Pavel Datsyuk, à la retraite de Johan Franzen ainsi qu'à la baisse nette de régime de Niklas Kronwall. Ces trois piliers de la dernière période haute se sont effacés au profit d'un groupe de nouveaux joueurs à la contribution des plus inégale.

Lorsqu'on regarde le temps d'utilisation des 12 attaquants en uniforme lors d'un match donné, on réalise rapidement que tous n'ont pas droit au même traitement. En classant ces joueurs en fonction du rang moyen occupé dans cette échelle des temps de jeu à 5 contre 5, on peut ainsi découvrir qui a pris le rôle de qui.

Premier constat : les nouveaux venus, malgré quelques noms aux réputations bien faites (Thomas Vanek, Frans Nielsen), n'occupent pas le haut du pavé. Dans le cas de Nielsen, un bémol s'impose : il joue énormément sur les unités spéciales. On trouve dans le top-6 des noms comme Dylan Larkin et Anthony Mantha, mais aussi un vétéran comme Darren Helm.

Ce qui veut dire qu'on continuer à s'appuyer en priorité sur le personnel développé dans les filiales du club.

L'ennui, c'est qu'aucun de ces joueurs ne fait ces jours-ci le boulot. À preuve, le graphique ci-dessous qui montre de combien de points de pourcentage le taux de tirs obtenus en présence d'un joueur donné se détache du seuil mitoyen des 50 pour cent.

Cinq des sex joueurs affichant un bilan positif à ce chapitre sont partis et, du personnel présentement en place, seul Anthony Mantha affiche un taux clairement positif.

C'est une excellente nouvelle pour le Longueuillois, mais c'est plus qu'inquiétant pour l'administration du club.

Il n'est pas inhabituel de voir dans une équipe qui connaît des difficultés un groupe de joueurs d'élite qui garde la tête hors de l'eau pendant que la balance des joueurs mange ses bas. Rien de ça ici, tout ce beau monde affichant des taux de possession inférieurs à la barre de 50 pour cent.

Et on constate le même mouvement lorsqu'on applique ces tableaux à la défensive du club.

Il semble que les Red Wings ont décidé cet été de donner un autre gros coup pour les séries avant que Henrik Zetterberg n'arrive au bout du rouleau. Les données ci-dessus laissent entendre qu'en fait, cette régression est déjà amorcée et le plan semble déjà avoir échoué.

Ce constat est d'autant plus embêtant à Detroit qu'on n'y fait pas traditionnellement confiance aux jeunes. On aime laisser les joueurs faire longuement leurs classes dans la LAH, quitte à employer des vétérans peu dynamiques, mais qui ont « fait leurs classes » avant d'hériter d'un poste.

Or, la LNH rajeunit à vue d'œil et les jeunes joueurs précipités dans le feu de l'action sont les mêmes qui dominent la ligue lorsqu'arrivés à 22, 23 ans. Et, outre quelques exceptions (Dylan Larkin, notamment), les espoirs des Red Wings sont à cet âge encore installés dans le club-école.

Si les Red Wings veulent prendre le taureau par les cornes, ils vont donc devoir commencer par changer ce qui semble presque être un dogme de leur système de développement de joueurs et cibler de manière plus agressive ces jeunes qui peuvent donner une dose salutaire d'énergie à un club qui semble désormais en manquer cruellement.

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