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Bouchard: Les Canadiens ne peuvent pas attendre le retour de Carey Price

par Olivier Bouchard @oli_bou / Chroniqueur LNH.com

Les Canadiens de Montréal n'en finissent plus de s'enfoncer au classement. À un point tel que, si l'on en croit les méthodes de prédiction comme celle publiée sur le site hockeyviz.com, l'équipe n'a désormais que 36 pour cent de chances de participer au tournoi printanier. Au cours de la seule dernière semaine, les chances du club auraient en fait dégringolé de près de 20 pour cent!

Bien qu'on spécule ces jours-ci sur la direction que devrait prendre le directeur général d'ici la date limite des échanges, dans un mois, le sort de la saison se joue probablement dans la prochaine dizaine de jours. Après un match sur la route contre les Flyers de Philadelphie (qui n'ont que deux points de retard sur la Sainte Flanelle) au retour de la pause du match des étoiles, les Canadiens disputent une série de quatre matchs à domicile, dont un contre les Hurricanes de la Caroline, avec qui ils sont présentement à au coude à coude, à la porte des séries.

Mais le club peut-il seulement redresser la barre? Il est permis d'en douter. La fiche catastrophique obtenue depuis deux mois est en partie attribuable au mauvais sort, qui s'est longuement acharné sur les buteurs du club. Mais il est aussi de plus en plus clair que les gardiens appelés à prendre le relais de Carey Price ne sont tout simplement pas capables de faire le travail. Résultat, la barque prend systématiquement l'eau et le fait d'avoir l'avantage du jeu à forces égales ne suffit plus.

Au sujet du mauvais sort

On ne le répète pas assez. L'édition 2015-16 du club montréalais a été foudroyée, au mois de décembre, par une séquence de malchance absolument sensationnelle. Menée par un noyau de joueurs relativement stable depuis quelques saisons, l'équipe a, au cours des trois premières campagnes de Michel Therrien obtenu des buts sur 8,5 pour cent de ses tirs. On a bien sûr connu des séquences plus difficiles : en octobre et novembre 2013, l'équipe convertit 6,3 pour cent de ses tirs à forces égales et en mars 2015, on peine à convertir 5,8 pour cent des tirs.

Mais ces séquences coïncident avec des séquences particulièrement brillantes de Carey Price : en 2013, il se fend de taux d'arrêts variant entre 0,930 et 0,950, et 0,935 en mars 2015. Qui plus est, l'équipe continue, lors de ces passages à vide à forces égales, à convertir allègrement sur le jeu de puissance.

Ça n'est pas ce qui est arrivé cette fois-ci. La disette des buteurs montréalais est abrupte et se propage au jeu de puissance. Pire, elle n'en finit plus de s'étirer, le rebond en janvier à forces égales n'étant pas suffisant pour rejoindre la moyenne de la LNH, alors que l'attaque à cinq continue de tirer à blanc.

C'est d'autant plus surprenant que l'attaque n'est pas aussi inactive qu'on pourrait le croire. Le taux de chances obtenues à forces égales oscille autour de 17 par heure jouée depuis le début de la saison. Ce n'est qu'à partir de la Classique hivernale Bridgestone 2016 de la LNH que ce taux, du moins sur une moyenne de 10 matchs, semble aller à la baisse vers les 15 chances à l'heure. Sur le plan défensif, on reste encore là stable depuis le début de la saison, entre 16 et 17 chances à l'heure sont accordées à l'adversaire.

Au total, donc, l'équipe voit son bilan offensif osciller par séquences, les moments les plus favorables au club étant connus… en plein mois de décembre!

Et, il importe de le souligner, c'est un peu la même chose en avantage numérique : l'incapacité des tireurs à convertir les tirs en buts n'est pas imputable à une baisse tragique des chances obtenues dans cette situation. Encore là, les choses évoluent par vague, mais, globalement, l'avantage numérique obtient plus de chances de marquer en décembre qu'en début de saison. Et s'il y a présentement ressac, on reste quand même bien au-delà des niveaux affichés en octobre.

La guigne, donc, continue à s'acharner sur les buteurs du club. On n'a pas ici affaire aux effets délétères d'une nouvelle stratégie, c'est évident. Ces choses-là arrivent. Si on en fait, à l'heure actuelle, un pareil drame, c'est, d'une part, qu'il est excessivement rare qu'une équipe perde ses moyens à forces égales et en avantage numérique du même coup. Mais c'est aussi et surtout parce qu'on n'a pas, par ailleurs, sur remplacer adéquatement Carey Price. Les performances effroyables des gardiens depuis deux mois ont, tout simplement, tué les chances de gagner du club et, potentiellement, la saison.

Carey Price est-il irremplaçable?

Il est tentant de dire qu'on ne peut tout simplement pas survivre à l'absence d'un gardien du calibre de Carey Price. Mais c'est, selon moi, passer outre le fait que l'édition actuelle du club est franchement supérieure à celle des saisons passées. Le problème, ici, n'est pas qu'on a perdu Price. Le problème est qu'on l'a remplacé par des gardiens dont les performances sont, depuis deux mois, parmi les pires de la LNH.

Quatre mois se sont écoulés depuis le début de la saison, ce qui nous donne, multiplié par 30 clubs, un total de 120 mois. Le mois de décembre de 0,903 est le 109e pire score de la ligue, celui de janvier le 116e. Seuls les Blue Jackets de Columbus ont connu pareille débandade, affichant des taux de 0,884 en octobre et 0,901 en décembre.

En désavantage numérique, les gardiens se sont améliorés en janvier, mais pas avant d'avoir connu un mois de décembre effroyable, le taux d'arrêts de 0,775 étant le 117e sur 120.

Le pire, ici, c'est qu'on assiste à cet effondrement alors même que les joueurs de position ont, au cours de cette même période, nettement resserré le jeu. Alors qu'on accorde une quarantaine de chances par heure jouée à court d'un ou deux hommes en début de saison, ce taux a été graduellement ramené à une trentaine de chances par heure. Ajoutons qu'on obtient entre 8 et 10 chances par heure dans ces situations.

Il est consternant de voir à quel point les successeurs de Carey Price ont failli à la tâche. Au point où le sort de ses gardiens doit désormais être le problème le plus important à régler pour le directeur général Marc Bergevin. Ayant confirmé que son entraineur est bien en selle et admit que Price ne sera pas de retour avant la fin du mois, le DG est coincé.

On peut bien réclamer de meilleurs attaquants, mais ces joueurs coûtent une fortune et le groupe en place a démontré, depuis plusieurs saisons déjà, être capable de convertir un taux raisonnable de tirs en buts. Il n'est pas déraisonnable d'attendre d'eux une remontée significative.

Si Bergevin est pour bouger, ce doit être pour obtenir un gardien plus performant. Il est difficile de croire, au rythme où vont les choses, qu'on peut sincèrement considérer que Mike Condon et Ben Scrivens sont à la hauteur de la situation. S'il faut payer le gros prix pour un joueur de location, c'est le moment où jamais de bouger. Si, et c'est un gros si, on attend le retour de Price dans trois semaines, il sera probablement trop tard.

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