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Bouchard: Appelez-le Wild Bill!

Notre chroniqueur analyse la saison exceptionnelle de William Karlsson avec les Golden Knights

par Olivier Bouchard @oli_bou / Chroniqueur LNH.com

William Karlsson est probablement la plus grande surprise de cette saison 2017-18. Catapulté premier centre des Golden Knights de Vegas après la mise au rancart de Vadim Shipachyov, Karlsson n'a pas mis de temps à s'imposer définitivement une fois réunis à Jonathan Marchessault et Reilly Smith. Au centre d'un des meilleurs trios de la ligue, Karlsson est en train de se donner beaucoup de levier pour négocier son prochain contrat.

Lorsqu'on parle de hausse subite de production, il importe de commencer par regarder le contexte d'utilisation d'un joueur, plus particulièrement son temps de jeu. Confiné aux troisièmes trios des Ducks d'Anaheim et des Blue Jackets de Columbus, Karlsson a évidemment vu son sort s'améliorer considérablement sur ce point, gagnant au final près de cinq minutes de temps de jeu en une saison.

Utilisé comme centre défensif à Columbus, on voit quand même que lors de sa première saison, on donne (en 21 matchs) sa chance à Karlsson sur l'avantage numérique, signe que ses entraîneurs étaient déjà conscients de son potentiel offensif. Mais les premiers trios de la plupart des équipes de la ligue sont bien fournis, notamment dans les deux premières formations où Karlsson a évolué.

À Vegas, Karlsson est en train de se faire toute une réputation de buteur. Il faut souligner que lorsqu'on regarde simplement sa production de tirs, c'est sur les unités spéciales qu'il a surtout amélioré ses performances. 

Forcément, ses totaux de buts cumulés ont dramatiquement augmenté. Avant le match d'hier, et excluant un but dans un filet désert et un autre marqué en prolongation (ces deux sont ignorés dans les recensions du site Corsica.Hockey, dont les données sont à la base des graphiques présentés ici), Karlsson avait déjà obtenu 34 buts, soit deux fois plus qu'au cours des trois premières années de sa carrière!

 

On doit évidemment se demander si, comme c'est souvent le cas lors d'explosions du genre, s'il n'y a pas une part de chance dans l'histoire. Les calculs de buts attendus du site Corsica.Hockey, en tenant notamment compte de l'angle et de la distance des tirs obtenus par le joueur, nous permettent d'estimer ce qu'il aurait eu comme total de buts s'il avait eu un taux de conversion similaire à celui des attaquants de la ligue.

 

De toute évidence, les résultats de Karlsson à forces égales ne suivent pas ici ce qu'on voit dans ses totaux bruts. Mais je souligne immédiatement que sa production sur les unités spéciales semble bel et bien légitime.

Dans le cas de Karlsson, outre une saison où les faveurs de dame chance lui sont acquises, je pense qu'on doit aussi regarder du côté de l'identité de ses coéquipiers pour expliquer pareil bond de productivité.

Avec Columbus, Karlsson a surtout joué avec Matt Calvert et Josh Anderson, deux joueurs plus limités et, surtout, deux tireurs.

En Marchessault et Smith, Karlsson est désormais entouré de joueurs plus habiles à passer la rondelle, surtout dans le cas de Marchessault.

C'est particulièrement évident lorsqu'on regarde la distribution des passes sur les buts marqués en présence de Karlsson. Premièrement, celui-ci a obtenu pas moins de 34 des 57 buts marqués par son équipe (excluant les prolongations et les situations de filet désert). C'est énorme.

Le détail de l'identité des joueurs ayant effectué la passe ayant mené directement à ces 57 buts, croisée avec l'identité des buteurs, montre très nettement l'importance de Marchessault comme moteur offensif complémentaire à Karlsson-le-tireur.

 

Je souligne au passage que Marchessault est le premier à alimenter Smith aussi et que Karlsson et le plus fréquent premier passeur sur les buts de Marchessault. Je souligne également que Marchessault n'a marqué que sept de ses 22 buts en présence de Karlsson, même s'il a joué plus de 85 pour cent de sa saison avec lui! La fusion passeur-tireur est totale entre ces deux joueurs!

Quarante-cinq des 57 buts marqués en présence de Karlsson l'ont été à l'aide d'un deuxième passeur. Ici, Smith apparaît plus clairement comme deuxième passeur sur les buts de Karlsson, qui lui obtient l'essentiel des deuxièmes passes sur ceux de Smith.

 

Il est relativement rare de voir un centre jouer ainsi le rôle de buteur attitré. Je serais curieux de creuser plus avant dans les séquences de jeu concernant ces trois joueurs, car les résultats obtenus montrent une division des tâches manifeste.

Il est peu probable que Karlsson répète ces exploits l'an prochain. De toute évidence, dame chance lui a souri à sa première saison dans le désert. Mais on ne doit pas pour autant ignorer les progrès réels effectués, notamment en avantage numérique. De plus, il faut souligner que cette production de buts ne se fait pas au détriment du jeu défensif de Karlsson, dont le trio est un des plus étanches défensivement de son équipe (avec celui de Pierre-Édouard Bellemare, qui fait un travail remarquable lui aussi). Les Golden Knights doivent une fière chandelle à leur entraîneur Gerard Gallant, qui a su donner à Karlsson des responsabilités que sa feuille de route ne destinait pas à prendre. Il a reconnu dans ce joueur défensif le germe d'un attaquant capable de menacer avec constance les filets adverses, pour peu qu'on l'associe à des joueurs créatifs.

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