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Bouchard : La controverse qui ne veut pas mourir

Notre chroniqueur analyse l'utilisation de P.K. Subban depuis le début des séries éliminatoires

par Olivier Bouchard @oli_bou / Chroniqueur LNH.com

Les présentes séries sont une occasion en or pour P.K. Subban. S'il a toujours excellé lors des tournois printaniers, comme dans toutes les occasions où on l'a laissé jouer au hockey, encore et encore, des observateurs chevronnés et respectés s'acharnent à le catégoriser comme un défenseur de second ordre. Le dernier en date? Kelly Hrudey.

Hrudey a simplement émis une opinion : selon lui, Subban est un défenseur de deuxième paire, un défenseur numéro 3 ou numéro 4. L'opinion en question est légitime. Après tout, pour peu que le propos demeure respectueux (et Hrudey est toujours respectueux), chaque observateur a le droit de se faire sa propre idée et de l'affirmer publiquement. Et Hrudey n'est probablement pas le seul à penser ainsi encore aujourd'hui, y compris dans les cercles de décideurs du hockey. Après tout, on n'a pas cru bon inviter Subban à faire partie de l'équipe canadienne à la Coupe du monde de hockey l'automne dernier. Des entraîneurs respectés et admirés, appuyés d'administrateurs chevronnés, lui ont préféré des joueurs comme Drew Doughty, Shea Weber et Alex Pietrangelo.

Justement, Pietrangelo et Subban s'affrontent en deuxième ronde. Et comme dans toutes les confrontations en séries éliminatoires, le jeu des affrontements entre joueurs est révélateur de l'opinion que les entraîneurs ont de leurs joueurs. On a rarement droit à des duels intenses, où deux attaquants, par exemple, s'affrontent à chaque présence. Mais à l'échelle d'un match, les tendances sont généralement nettes.

Dans le cas qui nous intéresse, le premier match s'est déroulé à Saint-Louis et on peut d'emblée constater que Mike Yeo, entraîneur des Blues, gère soigneusement ses confrontations. Son troisième duo de défenseurs n'a en effet jamais affronté le premier trio des Predators et a passé plus de temps contre les troisième et quatrième trios que contre la deuxième unité de Nashville. Pietrangelo et Parayko, on le constate, se sont divisé les tâches contre le top-6.

Du côté des attaquants, Yeo a aussi suivi un patron relativement bien établi. Parce qu'il joue beaucoup, il n'est jamais possible d'éviter complètement une confrontation pour un joueur de premier plan comme Vladimir Tarasenko. Mais il est clair que Yeo a cherché à privilégier les affrontements avec ce qu'il considérait être le point plus faible du haut de l'alignement des Predators. Comme ceux-ci s'appuient massivement sur leur premier quatuor de défenseurs et leurs trois premiers trios, on constate que l'on a surtout vu Tarasenko jouer contre Roman Josi et Colton Sissons.

 

Cela ne laisse pas vraiment l'impression que l'on considère Subban comme un défenseur de deuxième paire. Et les affrontements choisis par Yeo pour contrer Subban me semblent tout aussi révélateurs que les associations choisies par Laviolette.

Sans l'avantage du dernier changement, les équipes visiteuses cherchent habituellement à favoriser des jumelages susceptibles de leur rapporter un maximum de dividendes indépendamment de l'opposition. Chez les Predators, ça prend la forme d'une association entre le trio de Ryan Johansen et P.K. Subban.

 

Patrik Berglund, on l'a vu dans les deuxième et troisième figures, est celui qu'on a lancé aux trousses de Johansen. Et celui qui l'appuie en priorité est Pietrangelo.

 

On n'a donc pas du tout l'impression, à regarder la distribution des tâches au cours du premier match, que les Blues considèrent Subban comme un défenseur de deuxième paire, bien au contraire. Ce choix tactique reflète celui qu'on avait vu en première ronde, alors que Joel Quenneville cherchait à opposer Patrick Kane à Roman Josi et Jonathan Toews à Subban. Ça commence à faire pas mal de monde…

Autre élément digne de mention : le parcours de Subban en séries commence à ressembler à une série de confrontations avec des membres de la fameuse génération en or, ce groupe de joueur qui a, depuis 10 ans, tout gagné pour le Canada sur la scène internationale. Subban a toujours été un peu en marge de cette génération depuis son arrivée dans la LNH. L'occasion est belle de mettre enfin quelques pendules à l'heure.

 

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