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Biron: Trop simpliste de dire que le match no 7 va se jouer devant le but

Notre chroniqueur s'attend à ce que Rask et Binnington soient très solides dans le match no 7 entre les Bruins et les Blues

par Martin Biron @martybiron43 / Chroniqueur LNH.com

Martin Biron a connu une carrière de 15 saisons dans la LNH et il a signé 230 victoires en 508 matchs, connaissant notamment deux saisons de 30 gains et plus. Il a également atteint la finale de l'Association de l'Est avec les Flyers de Philadelphie en 2008. Le gardien natif de Lac-St-Charles a été sélectionné au 16e rang au total du repêchage 1995 par les Sabres de Buffalo. Il a évolué avec les Sabres, les Flyers, les Islanders de New York et les Rangers de New York. Martin a accepté de collaborer avec l'équipe de LNH.com chaque semaine afin de discuter de l'univers des gardiens et d'analyser l'actualité de la LNH.

Ça y est! Nous en sommes au dernier match de la saison, et il faut s'attendre à ce que les gardiens Tuukka Rask des Bruins de Boston et Jordan Binnington des Blues de St. Louis se livrent tout un duel devant le filet dans le match ultime de la Finale de la Coupe Stanley, mercredi, au TD Garden (20h (HE); NBC, TVAS, CBC, SN).

J'entends beaucoup de gens dire que cette partie va se jouer devant le filet, mais je trouve cette analyse un peu trop simpliste. Réglons quelque chose tout de suite : si un des deux gardiens connaît un match atroce, son équipe n'a aucune chance de l'emporter. Ce n'est pas comme si un attaquant vedette connaissait son pire match de l'année. Si Brad Marchand ou Vladimir Tarasenko en arrache, plusieurs autres joueurs peuvent prendre la relève. Ce n'est pas le cas devant le filet. Les deux gardiens n'ont pas nécessairement à sauver les meubles sans arrêt, ils doivent simplement s'assurer de garder leur équipe dans le match.

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Et dans le match de mercredi, je m'attends à ce que ce soit le cas des deux côtés. Regardons quelques statistiques. En cinq parties des Bruins depuis le début du tournoi printanier où au moins une des deux équipes sur la glace faisait face à l'élimination, Rask a conservé une fiche de 5-0, une moyenne de buts alloués de 0,80 et un pourcentage d'arrêts de ,973. Binnington a de son côté subi dix revers depuis le début des séries. Ses statistiques dans les matchs qui ont suivi ses neuf premières défaites : dossier de 7-2, moyenne de 1,83 et taux d'efficacité de ,933.

Il est donc difficile de miser contre l'un ou l'autre des gardiens. Rask n'a pas encore connu de mauvais match en Finale, tandis que Binnington a bien rebondi chaque fois que ce fut plus ardu. Si ces deux tendances se poursuivent, nous aurons droit à tout un spectacle mercredi dans le match no 7, et c'est ce que tous les amateurs espèrent.

Si on revient sur les deux dernières parties, on peut résumer le match no 5 en disant que les deux gardiens ont été solides. La rencontre s'est jouée sur un but marqué au terme d'une séquence où presque tous les joueurs sur la glace pensaient qu'une punition allait être appelée. Ne pensez pas que les gardiens sont immunisés dans ce type de situation. Nous tentons de toujours être concentrés sur le prochain lancer, et de faire abstraction de tout le reste. Ça ne se passe pas toujours ainsi. Je ne sais pas si c'est ce qui s'est produit sur le but de David Perron, mais en plus de la punition qui n'a pas été appelée, Perron a tenté par deux fois d'effectuer une passe transversale plutôt que de tirer, ce qui a compliqué la tâche du gardien des Bruins.

Video: STL@BOS, #5: Perron déjoue Rask entre les jambières

Si on se transporte dans le match no 6, c'est évident que Binnington aimerait revoir le tir qui a mené au deuxième but des Bruins en troisième période. Mais bien plus que la performance du gardien des Blues, c'est le rendement de Rask à l'autre bout de la patinoire qui a été l'histoire du match selon moi. Il a sauvé ses coéquipiers alors que les Blues ont dominé le début de la rencontre.

Au cours des premières minutes, Rask a eu à se signaler à plusieurs reprises pour préserver l'égalité de 0-0. On a beaucoup parlé de l'arrêt acrobatique que le Finlandais a réalisé avec sa mitaine derrière son dos avec l'aide du défenseur Charlie McAvoy, mais il ne s'agit pas de l'arrêt du match à mon avis. Cette distinction revient à l'arrêt qu'il a réalisé aux dépens de Brayden Schenn alors que les Bruins se défendaient à court d'un homme en première période.

Le défenseur Vince Dunn a décoché un tir de la pointe, et la rondelle a été bloquée devant le filet pour se retrouver sur le bâton de Schenn dans l'enclave. Rask, plutôt que d'effectuer un plongeon désespéré, a planté son patin gauche dans la glace pour exploser vers sa droite pour réaliser l'arrêt.

Video: BOS@STL, #6: Schenn se fait voler par Rask

Calme requis

On a vu Binnington au centre de bousculades entre les périodes dans presque chacun des matchs. J'en ai déjà parlé dans une chronique précédente, le gardien des Blues possède une énorme confiance en lui, qui tire un peu sur l'arrogance. Il faudra qu'il reste bien concentré dans ce duel ultime. J'ai déjà côtoyé des gardiens qui se servaient de l'animosité des matchs pour se stimuler, mais il s'agit d'exceptions. On voit souvent les jeunes gardiens être plus émotifs, mais Binnington, même s'il est encore une recrue, n'est pas un très jeune gardien à presque 26 ans. À mesure qu'ils vieillissent, les gardiens se rendent souvent compte qu'ils n'ont rien à gagner à laisser leurs émotions prendre le dessus.

Pour trouver un exemple de gardien qui s'est assagi au fil des ans, Binnington n'a qu'à regarder à l'autre bout de la patinoire. Rask a déjà été reconnu pour ses sautes d'humeur. On l'a déjà vu lancer sa lame de patin ou son bâton pour faire connaître son mécontentement. Il m'impressionne grandement par son calme depuis le début des séries.

Ce calme sera très important, puisqu'on voit souvent les joueurs des deux équipes aboutir dans le demi-cercle, si ce n'est pas carrément sur le gardien adverse, depuis le début de la série. Ce sera important pour Binnington de ne pas accorder trop d'importance aux tentatives des Bruins de le faire sortir de ses gonds, même entre les périodes.

Certains nostalgiques pourraient dresser un parallèle entre la situation de Binnington et celle de Ron Hextall avec les Nordiques de Québec dans la série de première ronde contre les Canadiens de Montréal en 1993. Hextall et les Nordiques avaient pris les devants 2-0 dans la série, quand Mario Roberge des Canadiens a décidé d'empêcher le gardien d'effectuer convenablement sa routine dans la période d'échauffement du match no 3, ce qui avait mené à une petite altercation. Les joueurs des Canadiens ont par la suite beaucoup parlé à Hextall pendant les rencontres qui ont suivi, et le vent a changé de côté. Le CH l'a emporté en six matchs, en route vers leur dernière conquête de la Coupe Stanley.

L'avantage de la glace, important pour le gardien?

Au cours de ma carrière, j'ai eu la chance de disputer un septième match sur la route en séries quand je jouais pour les Flyers de Philadelphie, contre les Capitals de Washington en 2008. Je dois dire que je pense qu'il s'agit du scénario parfait pour un gardien.

J'avais beaucoup aimé avoir pu passer tout mon temps avec mes coéquipiers, que ce soit au dîner ou encore à l'hôtel. J'ai trouvé qu'il avait été plus facile de bloquer toutes les distractions extérieures. Le simple fait de ne pas avoir eu à conduire jusqu'à l'aréna représentait pour moi un avantage.

Sur la patinoire, je sais que le fait d'avoir le dernier changement représente un bel atout pour l'équipe à domicile. Je pense toutefois que le sentiment général qui habite l'équipe à l'étranger est vraiment spécial, et pour le gardien, le volet préparation est beaucoup plus facile.

Historiquement, l'équipe qui évolue à domicile pour un match numéro 7 a cependant eu l'avantage, surtout en Finale, alors il s'agit surtout d'une préférence personnelle. Les Blues ont toutefois montré depuis le début des séries qu'ils étaient très à l'aise sur les patinoires adverses, alors peut-être que Binnington est bien d'accord avec moi!

* Propos recueillis par Sébastien Deschambault, directeur de la rédaction LNH.com
 

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