CHICAGO – Connor Bedard était envahi d’une grande fébrilité tout au long de la journée. Le premier choix du dernier repêchage n’en pouvait plus d’attendre après avoir subi une fracture de la mâchoire, il y a plus d’un mois.
« J’ai été plutôt anxieux toute la journée », a admis la recrue des Blackhawks de Chicago après avoir obtenu une passe dans une défaite de 4-1 contre les Penguins de Pittsburgh et son idole, Sidney Crosby, au United Center, jeudi.
« Je courais d’un côté et de l’autre sans cesse. Je me sentais comme un enfant. J’étais simplement excité de revenir au jeu. Je me suis rapidement senti en confiance. »
Cette confiance était bien visible, le jeune homme de 18 ans ayant été utilisé pendant 21:17, un sommet chez les attaquants des Blackhawks. Il a également décoché quatre tirs au but, distribué deux mises en échec, provoqué deux revirements et bloqué deux lancers.
« Il a plutôt bien paru pour un gars qui a passé un long moment sur la touche en raison d’une blessure », a mentionné Crosby, qui a eu l’occasion de jaser avec Bedard pendant le Week-end des étoiles à Toronto, plus tôt ce mois-ci. Bedard a pris part aux festivités, mais n’a pu participer au Match des étoiles.
« Il est un joueur spécial, a poursuivi Crosby. Parfois, il ne semble pas avoir beaucoup d’espace, puis il trouve une façon de faire un jeu sorti de nulle part. Il est très dangereux. »
Bedard a été blessé lorsqu’il a été mis en échec par le défenseur des Devils du New Jersey Brendan Smith, le 5 janvier. Il a été opéré trois jours plus tard, et on avait annoncé qu’il aurait besoin de six à huit semaines de convalescence. Il a finalement effectué son retour quatre jours avant que l’on atteigne la marque des six semaines.
« J’entrais en zone adverse et la rondelle m’a échappé », s’est remémoré Bedard à propos du moment de sa blessure. « Je l’ai vu, mais je pensais pouvoir terminer le jeu en poussant la rondelle plus loin. Ce n’était pas vraiment une grosse mise en échec, c’était légal. J’ai juste été atteint à un endroit où ma mâchoire s’est fracturée. J’aurais peut-être dû abdiquer sur le jeu, mais sur le coup, tu veux compléter ton jeu. Le résultat a été malheureux. »
Bedard a obtenu le feu vert des médecins mercredi, mais les Blackhawks désiraient qu’il s’entraîne avec contacts avant de renouer avec l’action d’un match. Jeudi, malgré le fait qu’aucun entraînement matinal n’était à l’horaire, Bedard a travaillé avec les joueurs en extra et l’entraîneur Luke Richardson afin d’encaisser quelques contacts pour la première fois depuis qu’il s’était blessé.
Le match de jeudi représentait-il la cible pour son retour?
« Ma cible personnelle? Elle était probablement bien avant ça, a répondu Bedard en riant. Mais il faut évidemment jouer de prudence, et nous avons de bonnes personnes qui s’occupent de nous ici et je leur fais confiance. Ils m’ont dit que je pouvais recommencer à jouer aujourd’hui, alors j’étais excité. »
Bedard n’a pas manqué de jambes contre les Penguins, comme il patinait régulièrement depuis le 15 janvier. Le tir y était aussi. Quand il avait recommencé à sauter sur la glace, il évitait de prendre des tirs frappés – une recommandation en lien avec la guérison de sa mâchoire –, mais il a travaillé sur son excellent tir des poignets pendant toute la durée de son absence. La visière complète, qu’il porte depuis un mois, ne l’a pas ennuyé.
La plus grande source d’inquiétude résidait dans les contacts physiques. Mis à part quand il a tenté de se faufiler entre les défenseurs Erik Karlsson et Ryan Graves, Bedard est parvenu à les éviter en bonne partie.
« Il tentait d’attaquer comme il le faisait avant de se blesser, a remarqué Richardson. Il est prêt à jouer et je pense qu’il a toute sa vitesse, alors c’est génial. Il va simplement devoir porter la visière complète pour un bon moment. Je ne sais pas pendant combien de temps, mais ça n’a pas semblé affecter sa vitesse ou sa vision. »
Si Bedard a peut-être paru un peu rouillé en première période, ce n’était plus le cas dès le deuxième vingt. Il touchait davantage à la rondelle, il fonçait au filet et il repérait ses coéquipiers. Il a d’ailleurs préparé de brillante façon le neuvième but de la saison de Philipp Kurashev à 8:22 de la deuxième période.


















