MONTRÉAL – La porte du vestiaire restait encore fermée après le match quand Brendan Gallagher a marché devant les journalistes pour se diriger vers le stationnement. Vêtu de son complet, Gallagher n’avait pas à répondre aux questions après ce revers de 4-2 contre les Sharks de San Jose. Il avait revêtu son veston et sa cravate à la place de son chandail numéro 11 pour la visite de la bande à Macklin Celebrini.
En matinée, Martin St-Louis avait décrit son choix de rayer Gallagher de sa formation comme une décision déchirante. Le petit numéro 11 n’avait pas regardé un seul match de la passerelle de presse sans être blessé depuis sa saison recrue. Il avait campé le rôle du 13e attaquant pour une dernière fois le 19 janvier 2013, soit quelques jours avant son tout premier match dans la LNH.
L’absence de Gallagher face aux Sharks n’explique pas ce revers. Celebrini a dansé trop librement sur la patinoire du Centre Bell, amassant au passage trois points (deux buts, une passe), et le Tricolore a cruellement manqué d’exécution et de rythme dans cette rencontre qui semblait interminable.
« Nous avons laissé les Sharks faire un peu trop ce qu’ils voulaient, a reconnu le défenseur Lane Hutson. Nous n’étions pas assez intenses contre eux, ils restaient confortables en possession de la rondelle. Notre exécution n’était pas là. Mais nous étions aussi entêtés avec la rondelle et nous n’avions pas une aussi bonne couverture défensivement. »
Dans le vestiaire après la rencontre, le sort subi par Gallagher représentait un sujet sensible, surtout pour Josh Anderson. Encerclé par une dizaine de journalistes, l’attaquant de 31 ans avait la voix éteinte en parlant de son coéquipier et compagnon de trio.
« C’était vraiment dur, a murmuré Anderson. Ce gars a le logo tatoué sur le cœur. Il a une grande importance pour notre groupe, autant sur la glace que dans le vestiaire. C’était vraiment dur. Je ne sais pas vraiment quoi dire de plus. Nous l’aimons tous. Nous savons ce qu’il apporte à cette équipe.
« Il est un immense morceau de notre équipe, a-t-il ajouté. Il n’y a aucun doute à ce sujet. Tu ne veux jamais voir un gars comme Gally sortir de la formation. Ça fait mal. »
À 33 ans et à l’approche d’un 900e match dans la LNH (898), Gallagher aura maintenant besoin de jongler avec une sorte de décroissance. Et le CH devra aussi gérer la perte de vitesse de l’un de ses valeureux guerriers des dernières années, surtout qu’il lui reste encore une autre saison à son contrat doté d’un salaire moyen par année de 6,5 millions $.
Gallagher renouera avec l’action dès dimanche soir alors que les Ducks d’Anaheim seront de passage en ville. St-Louis aura besoin d’indiquer la sortie à un autre de ses attaquants.
Auteur d’un but contre les Sénateurs mercredi à Ottawa, Alexandre Texier est celui qui a hérité de la chaise de Gallagher à l’aile des deux vétérans, Phillip Danault et Anderson. Texier a cogné à la porte du gardien Alex Nedeljkovic en première période pour ensuite devenir plus discret. C’était la même histoire pour son trio au complet.
« J’ai aimé notre échec avant en première période, a noté Anderson au sujet de son trio. Nous avons eu des chances. Nous étions souvent en territoire adverse. Mais en deuxième période, tu ne peux pas te retrouver sur la glace pour deux buts des rivaux, surtout pour des tirs de loin. »


















