Dans le cadre de la série 32 en 32, LNH.com propose une analyse en profondeur de chacune des 32 équipes du 1er août au 1er septembre. Aujourd'hui, les Canucks de Vancouver.
Les Canucks de Vancouver veulent évidemment gagner plus de matchs cette saison après avoir terminé au dernier rang de la LNH l’an dernier avec 58 points (25-49-8).
Ce rendement a entraîné d’importants changements au sein de l’équipe de direction et parmi le personnel d’entraîneurs au cours de la saison morte.
Cependant, les victoires ne représentent pas la priorité absolue du nouveau directeur général Ryan Johnson.
Avant de s’inquiéter de ce qui va se passer à partir de la première mise en jeu chaque soir, Johnson souhaite que les Canucks se concentrent sur ce qui se passe à partir du moment où ils vont mettre le pied à l’aréna le matin.
« Nous allons être un groupe qui va se mettre à travailler dès 7 h le matin, a lancé Johnson. Quand vous faites ça, vous pouvez commencer à parler de ce qui va se passer à 19 h le soir. Mais nous devons d’abord travailler sur nos piliers. »
Johnson, qui a été embauché le 14 mai afin de remplacer Patrik Allvin à titre de directeur général, n’a pas parlé en détail de ces « piliers ». Mais en plus d’avoir parlé de l’importance d’être un bon coéquipier, il a aussi mentionné le sens de la compétition, les habitudes à l’entraînement, ainsi que du professionnalisme et des standards qui doivent être revus et maintenus, peu importe que les Canucks aient gagné ou perdu trois matchs de suite. Johnson préfère le mot « environnement » à la « culture », mais il est clair avec les changements qui ont été apportés à la formation et avec les termes qu’il a employés que l’amélioration cet environnement représente la priorité du nouveau personnel d’entraîneurs mené par Manny Malhotra.
« Manny et son groupe vont se concentrer sur la structure, notre compétitivité et notre préparation, a noté Johnson. De mon côté, je vais m’attarder sur la manière dont nous nous entraînons et nous préparons, ainsi que sur notre professionnalisme. »
Ces éléments, autant que le rendement de l’équipe sur la glace, ont provoqué la chute de Vancouver au classement. Les Canucks ont remporté le titre de la section Pacifique et ont atteint la deuxième ronde des séries éliminatoires en 2023-24, mais ont terminé à 14 points de l’équipe de 31e place au classement général, les Blackhawks de Chicago, et 32 points derrière les Kings de Los Angeles et la deuxième place de quatrième as dans l’Association de l’Ouest.
Au cours des deux saisons qui se sont écoulées entre ces deux extrêmes, les Canucks ont échangé leur centre de premier trio J.T. Miller à la suite d’une querelle avec Elias Pettersson, ont vu l’entraîneur gagnant du trophée Jack-Adams Rick Tocchet quitter l’organisation pour se joindre aux Flyers de Philadelphie, et ont échangé le meilleur défenseur de l’histoire de l’équipe, Quinn Hughes, au Wild du Minnesota après qu’il soit devenu clair qu’il n’avait pas l’intention de demeurer à Vancouver au terme de son contrat actuel, qui arrive à échéance cette saison.
C’est pourquoi l’attention du nouveau régime va se porter autant sur la manière dont les joueurs agissent que sur la manière dont ils performent.
Le mentorat et le leadership expliquent en grande partie pourquoi les Canucks ont embauché les vétérans défenseurs Jamie Oleksiak et Luke Schenn le 1er juillet, deux jours après avoir fait l’acquisition de l’attaquant de 34 Brendan Gallagher, un joueur reconnu pour son caractère, dans une transaction avec les Canadiens de Montréal.
« Vous m’entendez parler de professionnalisme et de l’importance d’être un coéquipier de qualité… y a-t-il quelqu’un qui coche ces cases mieux que ce gars-là? », a demandé Johnson au sujet de Gallagher.
Gallagher a grandi à Vancouver et a disputé quatre saisons avec Vancouver dans la Ligue de hockey de l’Ouest (WHL). Schenn passe ses saisons mortes à Kelowna, en Colombie-Britannique, à environ 400 kilomètres au nord-est de Vancouver, et a évolué pour les Canucks à deux autres occasions, la dernière remontant à 2022-23. Oleksiak a passé les cinq dernières saisons à quelques heures de route dans l’uniforme du Kraken de Seattle.
Ce qui est encore plus important, selon Johnson, c'est que ces trois joueurs voulaient jouer pour les Canucks.
« Ils voulaient vraiment venir ici, a-t-il insisté. Ils ne se disaient pas qu’ils décrochaient un emploi, ils voulaient vraiment contribuer à ramener cette organisation là où elle mérite d’être. »
Cela signifie entre autres donner le bon exemple, alors que Vancouver continue d’ajouter de jeunes joueurs de talent dans le cadre de leur reconstruction qui s’est amorcée avec la transaction de Hughes le 12 décembre.
« J’espère que je pourrai aider certains des jeunes joueurs, accélérer leur développement dans certaines facettes, notamment pour savoir ce que ça signifie être un professionnel, a noté Gallagher. L’une des choses les plus importantes que nous avons faites (à Montréal) et qui passe parfois sous silence, c’est que même si nous avons évidemment ajouté de bons joueurs, nous avons aussi créé une très bonne culture, et ça s’est bâti à partir de nos jours les plus sombres, avec des gars qui voulaient être là et qui s’étaient engagés envers le processus. Dans toutes les organisations, que ce soit dans le sport ou ailleurs, rien n’existe sans une bonne culture, et ce sera notre priorité dès le départ. Je pense que je peux aider à ce chapitre. »
Ça ne signifie toutefois pas que les résultats ne seront pas importants.
Redresser la barre avec une équipe qui a terminé au 30e rang de la ligue pour les buts marqués (210), le 32e rang pour les buts accordés (314), et le 32e rang en infériorité numérique (71,5 %) ne sera pas chose facile. Johnson, qui accorde une importance particulière au gabarit, à la vitesse, et à une « robustesse par comité », croit que les Canucks peuvent générer plus d’offensive en adoptant un style plus direct sous les ordres de Malhotra, qui a dirigé leur club-école d’Abbotsford dans la Ligue américaine de hockey, menant l’équipe au championnat de la Coupe Calder en 2024.
Les Canucks ont embauché l’attaquant Paul Cotter, qui cadre bien dans ce style plus direct, à titre de joueur autonome le 1er juillet. Vancouver pourra aussi compter sur une saison complète du centre de 24 ans Marco Rossi, acquis du Minnesota dans le cadre de la transaction de Hughes et qui a conclu la saison avec 20 points (sept buts, 13 passes) à ses 22 dernières rencontres.
« Nous allons jouer un style nord-sud, un style rapide, et nous allons attaquer en zone offensive, a mentionné Johnson. C’est de cette manière que je veux jouer. C’est de cette manière que Manny dirige. Il n’y a pas beaucoup de place pour du jeu est-ouest. Ça ne va pas arriver du jour au lendemain, mais il faudra foncer vers l’avant, attaquer et trouver nos corridors. »
Défensivement, les Canucks espèrent qu’un groupe qui devrait compter sur trois défenseurs de 23 ans et moins va profiter d’un système avec plus de clarté caractérisé par des lectures de jeux plus simples que celui préconisé par l’entraîneur Adam Foote avant son congédiement le 19 mai après une seule saison à la barre de l’équipe.
« Il n’y aura pas de zone grise, a affirmé Johnson. Quand vous réfléchissez sur la glace, vos pieds arrêtent habituellement de bouger. Nous ne voulons plus devoir réfléchir. Nous voulons bouger. Nous voulons que tout le monde sache où la rondelle va aller. Il faut que les responsabilités de chacun soient claires, que ce soit en récupération de rondelle ou encore en zone défensive quand nous n’avons pas la rondelle. Je crois que ça va aider l’ensemble du groupe et aider nos jeunes défenseurs à progresser. »
Johnson a ajouté qu’il allait évaluer le groupe par rapport à la progression des joueurs, sur la glace et comme personnes, tout en observant si ces joueurs achètent le plan, font preuve de maturité, et sont en mesure d’exécuter ce qui est demander à l’intérieur d’une structure améliorée.
« C’est comme ça que je vais mesurer le succès. Ça ne sera pas nécessairement ce que le tableau de pointage va nous dire, a-t-il noté. Nous allons beaucoup nous attarder aux petits détails dont nous allons discuter avec les joueurs dès le jour un. »
Johnson croit évidemment que ces petits détails vont s’accumuler et faire en sorte que le tableau de pointage va tourner à l’avantage des Canucks après 19 h. Mais pour l’instant, l’attention est tournée vers les habitudes de travail des joueurs à 7 h.
« Si nous commençons à être mous, à placer notre concentration au mauvais endroit, nous allons revenir à la case départ », a conclu Johnson.


















