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La dernière année et demie n’a pas été de tout repos pour Vincent Desharnais, qui a changé d’adresse à trois occasions durant cette période, mais il sent enfin qu’il a fait sa place avec les Sharks de San Jose.

Le 1er juillet 2024, le défenseur québécois est devenu joueur autonome sans compensation quelques jours seulement après avoir atteint la finale de la Coupe Stanley avec les Oilers d’Edmonton, une défaite en sept matchs contre les Panthers de la Floride.

Desharnais s’est alors entendu avec les Canucks de Vancouver sur un contrat de deux ans d’une valeur annuelle moyenne de 2 millions $. Pour un choix de septième ronde (183e) en 2016 qui n’avait qu’une seule saison complète derrière la cravate dans la LNH, c’était une belle stabilité.

Du moins, c’est ce qu’il espérait. Mais les mois suivants ont été tout sauf stables. Incapable de s’imposer à Vancouver, il a été échangé aux Penguins de Pittsburgh le 1er février. Son passage à Pittsburgh n’aura duré que 10 matchs, puisqu’il a de nouveau changé d’adresse, cette fois envoyé aux Sharks le 5 mars. Il a disputé les sept premiers matchs des Sharks à son arrivée, avant de subir une blessure au haut du corps qui a mis fin à sa saison.

Vous comprendrez qu’avec autant de déménagements, rien n’était acquis pour Desharnais au début du camp d’entraînement. Mais l’arrière de 6 pieds 7 pouces s’est retroussé les manches, et il est maintenant un joueur régulier avec les surprenants Sharks (27-21-3), qui occupent la deuxième place de quatrième as dans l’Association de l’Ouest.

« On va toucher du bois, le "trade deadline" n’est pas passé encore! », a lancé Desharnais à riant lors de son passage à La Tasse de café, le balado de LNH.com. « Je suis heureux ici. C’est une belle gang, une gang le fun, et j’ai un rôle, celui de grand frère. »

Desharnais, qui a amassé un but et deux passes en 24 rencontres, n’est pas seulement le très grand frère des nombreux jeunes joueurs des Sharks. Il est aussi le deuxième joueur le plus utilisé par match en infériorité numérique à San Jose.

« On va se battre pour une place en séries, et ça rend mon rôle encore plus important. Je sais que les désavantages numériques et les fins de matchs vont être super importants, et c’est mon travail à moi. C’est mon pain et mon beurre.

« C’est tellement le "fun" d’avoir ce sentiment que je n’avais pas l’année passée. Je n’avais pas de rôle dans les équipes avec lesquelles j’ai été. Maintenant, j’ai ce rôle que j’ai développé et que j’ai gagné, parce qu’au début de la saison, (les Sharks) ne m’ont pas donné ce rôle. Ils faisaient jouer les jeunes, puis ils en faisaient jouer d’autres. Mais quand ils m’ont (offert cette occasion), j’ai élevé mon niveau de jeu et je l’ai saisie. Je veux continuer à bâtir ça et aider cette équipe à faire les séries. »

Malheureusement pour Desharnais, une blessure qui l’ennuyait depuis l’année dernière l’a forcé à passer sous le bistouri à la fin du mois de novembre. Il a finalement raté 23 matchs. A-t-il craint de devoir tout recommencer à zéro?

« C’est sûr qu’au début, ça n’a pas été facile, parce que tu ne veux jamais t’absenter et te faire dire que tu as besoin d’une opération, a-t-il souligné. Je commençais à bâtir ma confiance en moi, celle que j’avais à Edmonton avant la saison passée où je me suis fait échanger deux fois. C’était super encourageant. Puis, je me blesse. (Pendant ma réadaptation), c’était beaucoup d’anticipation, et au final, je savais que j’allais être prêt. J’ai travaillé extrêmement fort. »

Un retour spectaculaire

Desharnais a finalement renfilé le chandail des Sharks le 19 janvier. Mais lors de cette soirée, ce n’était pas de son retour au jeu que tout le monde parlait au Amerant Bank Arena, mais bien de celui de Matthew Tkachuk, qui n’avait pas encore joué cette saison pour les Panthers de la Floride, l’adversaire des Sharks.

Mais en fin de première période, c’est le nom de Desharnais qui était sur toutes les lèvres. Le défenseur a servi une sévère mise en échec à Tkachuk, qui s’est envolé avant de retomber durement sur la glace. Le ton était donné pour le reste du duel.

« Je me suis étiré pour capter une passe, puis quand j’ai levé la tête, je l’ai vu qui s’en venait. Je me suis mis raide, le "timing" a été parfait et il a revolé!

« Je n’aurais pas pu demander mieux, parce qu’avec mon style de jeu, c’était ce genre de match. Ça ressemblait à un match de séries, parce que c’était physique. »

Desharnais ne s’est pas toutefois pas uniquement signalé avec ses épaules. En début de deuxième période, il a foncé au filet et s’est emparé d’un retour de tir d’Igor Chernyshov pour inscrire son premier but dans l’uniforme des Sharks, mais aussi son premier filet en 147 parties.

SJS@FLA: Desharnais inscrit son premier but avec San Jose

Les Sharks l’ont emporté 4-1 contre les champions en titre de la Coupe Stanley, et le natif de Laval a été nommé la première étoile de la soirée.

La totale!

« Je ne sais pas trop ce que je faisais là, mais je me suis ramassé devant le filet et je l’ai mise dedans, a rigolé Desharnais. Chaque affaire qui se passait, c’était comme surréel. C’était malade! Tout ça se passe après sept ou huit semaines sans jouer. Je n’aurais pas pu demander mieux comme retour. »

Le train Celebrini

Les Sharks surprennent cette saison, et celui qui tire l’équipe vers le haut, c’est Macklin Celebrini. L’attaquant de deuxième année a amassé 78 points (27 buts, 51 passes) en 51 matchs, ce qui le place au quatrième rang des marqueurs de la LNH, en plus d’être un des favoris pour remporter le trophée Hart, remis au joueur le plus utile à son équipe.

Desharnais se dit impressionné par les performances de son coéquipier, mais il n’est pas surpris pour autant.

« C’est un genre de gars comme (Connor) McDavid, a-t-il affirmé. Avec lui, "sky’s the limit". On ne sait pas c’est quoi son plafond. J’ai joué avec McDavid quand il avait 26-27 ans, et là je joue avec Celebrini qui a 19 ans. Il fait (beaucoup) de points en ce moment, mais qu’est-ce que ce sera quand il va avoir 25-26 ans et qu’il sera à son sommet?

« Ça va être complètement débile! »