SPLIT DOBSON VIEL BADGE CHAUMONT

MONTRÉAL – « S’il joue samedi soir, et je lui souhaite d’être de la formation des Bruins, Jeff cherchera à me ramasser dans un coin de la patinoire. Je garderai un œil sur mon ancien capitaine. »

Jeff, c’est Jeffrey Viel. Celui qui parle de son ancien capitaine, c’est Noah Dobson.

Samedi soir, les Bruins de Boston visiteront pour une première fois cette saison les Canadiens de Montréal au Centre Bell.

Sur une glace de la LNH, Viel et Dobson, deux anciens coéquipiers avec le Titan d’Acadie-Bathurst, n’ont joué qu’une seule fois l’un contre l’autre. C’était le 24 février 2022. Les Sharks l’avaient emporté 4-3 en tirs de barrage contre les Islanders de New York à San Jose. Viel avait obtenu une passe, mais il avait aussi eu le courage de jeter les gants contre le géant Zdeno Chara. Dobson, quant à lui, n’avait pas écrit son nom sur la feuille de pointage malgré cinq tirs et un temps de jeu de 21 min 35 s.

Près de quatre ans après cette rencontre, Viel s’accroche encore à une place au sein de la LNH, mais avec un nouvel uniforme sur son dos, alors que Dobson poursuit sa route comme l’un des meilleurs défenseurs droitiers du circuit et il le fait également avec une autre organisation.

Les carrières de Viel et de Dobson n’ont jamais suivi la même trajectoire. Mais elles ont pris racine au même endroit dans la LHJMQ avec le Titan d’Acadie-Bathurst.

À quelques heures de la visite des Stars de Dallas, jeudi, Dobson avait un grand sourire dans le visage en parlant d’une possible confrontation dans deux jours contre Viel et les Bruins.

« Je me réjouis pour lui, mais je ne suis pas surpris de le voir avec les Bruins depuis le début de l’année, a dit le défenseur de 25 ans. Quand je jouais avec lui dans le junior, il portait le « C » sur son chandail du Titan. J’aimais son caractère. Il était un attaquant très robuste et intimidant. Mais il pouvait aussi marquer des buts. Il marquait plus de 30 buts par saison (3 saisons de 30 buts ou plus). Il a du talent, il n’est pas juste robuste. Il joue de la bonne façon et il joue avec cœur. Il a trouvé une bonne équipe pour lui avec les Bruins. Et les Bruins ont déniché un bon coéquipier, pas juste un bon joueur.

« Jeff m’a aidé à mes débuts dans la LHJMQ, a poursuivi Dobson. J’avais 16 ans à mes débuts à Acadie-Bathurst et il en avait 19. Il était là pour moi, il m’aidait souvent. Je le respectais tellement comme joueur, j’aimais sa façon d’agir comme capitaine. »

En 2017-2018, le Titan a gagné la Coupe du Président et la Coupe Memorial. Dobson avait 17 ans lors cette saison magique, alors que Viel terminait son passage chez les juniors comme joueur de 20 ans.

« Nous avons gagné la Coupe Memorial en 2018 et Noah représentait un immense morceau de notre casse-tête, s’est remémoré Viel lors du passage des Bruins à Toronto samedi dernier. À cette époque, il jouait déjà 30 minutes par match. À la Coupe Memorial, il devait frôler les 40 minutes par rencontre. Je savais qu’il allait connaître une belle carrière dans la LNH.

« À sa saison de 16 ans, Noah ressemblait déjà au défenseur que nous voyons aujourd’hui, a enchaîné Viel. Il avait 16 ans et il me renversait par son calme. Il a toujours bien lu le jeu comme défenseur. Même à un jeune âge, il patinait avec une grande aisance.

« J’ai parlé avec Noah au cours de l’été après la grosse transaction entre les Canadiens et les Islanders. Je l’avais dit lors d’un balado (Sans Restriction) avec Kevin Raphael. Je prédisais qu’il serait adoré par les partisans à Montréal. Il est un défenseur tellement intelligent. Il cadre bien avec le CH. »

Dans le moule des Bruins

Si Dobson peut dormir sur ses deux oreilles quant à son rôle avec le Tricolore, c’est une autre histoire pour Viel. À 28 ans, et avec une expérience de 60 matchs dans la LNH, le Québécois doit constamment se battre pour sa place.

Installé dans la chaise du 12e ou 13e attaquant depuis la saison à Boston, Viel pourrait endosser l’uniforme des Bruins samedi soir pour une septième fois en ce début de calendrier. L’ailier originaire de Rimouski en serait à un quatrième match d’affilée s’il devait jouer contre le Tricolore.

« Je connais mon rôle, a affirmé Viel. Chaque fois que j’ai la chance de jouer un match, je veux faire de mon mieux afin de recevoir une autre chance. Je sais ma réalité. Quand nous jouons contre des équipes plus rapides, je peux m’attendre à sauter mon tour. »

En six matchs cette saison, Viel n’a pas encore obtenu de point. Il a distribué 21 mises en échec malgré un temps de jeu moyen limité à 10:53.

Jamais repêché, Viel a reçu sa première chance avec l’organisation des Sharks de San Jose. Il avait paraphé un contrat de la Ligue américaine avec le Barracuda de San Jose pour la saison 2018-2019, soit immédiatement après la conquête de la Coupe Memorial.

Après une saison avec le Barracuda, Doug Wilson, le DG à cette époque avec les Sharks, lui avait consenti un pacte de deux ans. Il a roulé sa bosse pendant quatre ans avec cette organisation, participant à 49 rencontres au total avec le grand club.

À son départ des Sharks, l’ailier de 6 pi 1 po et 214 lb a tenté sa chance pour une saison avec l’organisation des Jets de Winnipeg. Il avait toutefois passé l’entièreté de la campagne 2023-2024 avec le Moose du Manitoba dans la Ligue américaine.

Il est revenu dans le giron de la LNH en s’entendant au mois de juillet 2024 avec les Bruins de Boston (contrat de deux ans). La saison dernière, il a joué cinq matchs avec les Bruins.

« J’avais d’autres offres, mais j’ai choisi les Bruins en juillet 2024, a-t-il expliqué. Je connais la culture des Bruins et leur style de jeu. Je savais que j’étais pour cadrer avec cette équipe. Mon style rentre dans le moule des Bruins. »

« Cette année, j’ai connu un bon camp. Je me sentais vraiment bien. J’ai réussi à gagner un poste et j’en étais bien heureux. Mais pour un cas comme moi, chaque jour reste un nouveau jour. Ça ne s’arrête pas là. Je dois toujours me battre pour une place. »

Il n’y a pas juste Viel qui a le sentiment d’un renouveau cette saison. C’est le même cas pour les Bruins. Ils semblent renaître sous la gouverne de Marco Sturm. Avant de s’incliner 5-3 contre les Sénateurs à Ottawa, ils avaient signé sept victoires d’affilée.

« Les Bruins jouaient le même système depuis longtemps, a rappelé le Québécois. Nous avons eu besoin d’une période d’adaptation avec l’arrivée de Sturm. Je trouve que nous avons pris notre envol dernièrement. Nous avons une bonne structure défensivement. Nous jouons bien, nous jouons avec confiance depuis plusieurs matchs. »

Pour une rare fois, il y a moins d’attentes envers les Bruins.

« C’est différent. Les Bruins n’ont pas connu une période où il y a moins d’attentes. Nous avons manqué les séries l’an dernier. Mais il y a encore une culture gagnante au sein de cette équipe. Nous voulons remonter la pente et déjouer les pronostics. »