Lucas Raymond DET OLY feature SWE

DETROIT – Lucas Raymond s’apprête à disputer le hockey le plus important de sa vie, celui qui peut propulser une étoile montante vers un niveau encore supérieur.

L’attaquant de 23 ans et les Red Wings de Detroit affronteront l’Avalanche du Colorado samedi au Little Caesars Arena (13 h HE; ABC, SNP, SNO, SNE). L’Avalanche (35-8-9) trône au sommet de la LNH. Les Red Wings (32-17-6) accusent un retard de deux points sur le Lightning de Tampa Bay pour la première place de la section Atlantique et de l’Association de l’Est.

Une semaine plus tard, Raymond s’envolera vers l’Italie pour disputer le tournoi de hockey masculin des Jeux olympiques d’hiver de Milano Cortina 2026 avec la Suède.

« Je suis tellement concentré sur ce qu’on essaie d’accomplir ici que j’oublie presque ce qui s’en vient, a-t-il expliqué. Puis tu vois ce qui s’écrit en ligne, et les gens commencent à en parler, et ça te sonne une cloche. Ça va être vraiment spécial. Je suis fébrile. »

À LIRE AUSSI : Olympiques : Draisaitl espère être le porte-drapeau de son pays | Olympiques : Fehervary, un pilier pour la Slovaquie | McDavid fébrile à l'approche des Olympiques

Le tournoi se déroulera du 11 au 22 février. À son retour, les Red Wings tenteront de se qualifier pour les séries éliminatoires de la Coupe Stanley pour la première fois en 10 ans. S’ils y parviennent, Raymond goûtera aux séries de la LNH pour la première fois.

Son expérience à Detroit devrait l’aider avec la Suède, tout comme ce qu’il vivra avec la Suède devrait l’aider à Detroit.

« Il est extrêmement compétitif », a affirmé l’entraîneur-chef de la Suède Sam Hallam. « Une fois rendus dans la LNH, tous les joueurs sont compétitifs, mais lui, c’est le plus haut niveau – ultra-compétitif. Perdre des matchs, ça le dérange vraiment, et le fait que son équipe se bat pour une place en séries le pousse à être encore meilleur, parce qu’il déteste perdre. Si on additionne cette caractéristique à sa maturité, on voit qu’il ne joue pas que pour lui-même. Il joue pour gagner en équipe. »

OTT@DET: Raymond bat Reimer d'un laser

Raymond a été un élément clé de la reconstruction des Red Wings.

Après avoir terminé au dernier rang de la LNH en 2019-2020 avec un pourcentage de points de ,275, le troisième pire de leur histoire centenaire, l’organisation devait tirer le maximum de la situation en repêchant un joueur d’impact. Detroit détenait les meilleures chances d’obtenir le premier choix au total à la loterie du repêchage, mais celles-ci n’étaient que de 18,5 %.

Ils ont finalement obtenu le quatrième choix.

De la malchance? Pas nécessairement, avait alors souligné le directeur général Steve Yzerman.

« Ça peut sembler comme ça aujourd’hui, mais voyons ce que ça donnera dans quelques années », avait dit Yzerman, lui-même sélectionné au quatrième rang en 1983 et aujourd’hui membre du Temple de la renommée. « On va obtenir un excellent espoir. Le temps nous dira à quel point il deviendra un bon joueur. »

Les Red Wings ont repêché Raymond au quatrième rang en 2020, leur plus haut choix depuis 1990, lorsque Keith Primeau avait été choisi au troisième échelon. Yzerman affirmait alors que Raymond possédait « tous les outils pour devenir un attaquant d’élite dans la LNH ».

C’est exactement ce qu’il est devenu.

Le joueur choisi immédiatement avant Raymond – le joueur de centre Tim Stützle des Sénateurs d’Ottawa – mène la cuvée 2020 avec 381 points (139 buts, 242 passes) en 420 matchs. Raymond est deuxième avec 312 points (116 buts, 196 passes) en 373 rencontres.

Mais Stützle a fait son entrée dans la LNH en 2020-2021, tandis que Raymond a fait ses débuts une année plus tard. Depuis le début de la saison 2023-2024, Raymond mène tous les joueurs repêchés en 2020 avec 210 points (76 buts, 134 passes) en 217 matchs, devant Stützle (204 points en 210 parties).

Raymond est 27e au classement des marqueurs de la LNH au cours des trois dernières saisons.

Il a été le meilleur marqueur des Red Wings lors des deux dernières campagnes, avec 72 points (31 buts, 41 passes) en 82 matchs en 2023-2024, puis 80 points (27 buts, 53 passes) la saison suivante. Cette année, malgré deux parties ratées en raison d’une blessure à l’épaule et le fait d’avoir joué incommodé en début de saison, il mène encore Detroit avec 58 points (18 buts, 40 passes) en 53 matchs, en voie d’établir un sommet personnel de 87 points (27 buts, 60 passes) sur 80 rencontres.

A-t-il atteint son plein potentiel?

« J’aime espérer que non », a-t-il répondu en souriant.

Raymond peut encore progresser. Par exemple, son tir est si bon que l’entraîneur des Red Wings Todd McLellan l’encourage constamment à décocher davantage de lancers.

« Je vois “Razor” comme un marqueur de 35 à 45 buts, et on le pousse dans cette direction, a expliqué McLellan. Mais s’il ne tire pas, il n’y arrivera pas. Il n’aura même pas la chance. »

Lorsqu’il a établi son sommet de 31 buts en 2023-2024, Raymond avait décoché 163 tirs et affiché un pourcentage de tirs de 19,0 %. La saison suivante, il a marqué 27 buts avec un taux de 14,1 %, mais avec un sommet personnel de 192 tirs.

« Quand tu regardes les meilleurs marqueurs de la ligue, le volume de tirs est essentiel, a dit Raymond, qui a 111 lancers et un taux de conversion de 16,2 % cette saison. Tu ne peux pas marquer sur 20 % de tes tirs. Pour atteindre de gros totaux offensifs, tu dois lancer beaucoup. C’est quelque chose dont on parle souvent. »

Son jeu est toutefois très complet. Lors de la Confrontation des 4 nations la saison dernière, Raymond a représenté la Suède pour la première fois dans un tournoi réunissant les meilleurs joueurs au monde et a récolté trois passes en trois matchs.

« Il est exceptionnel individuellement depuis le junior, mais il est aussi très bon pour s’adapter à un système », a expliqué Hallam. « Il suit le plan de match. Il fait les bonnes choses. Il joue comme un joueur plus vieux et plus mature que son âge. On oublie parfois qu’il n’a que 23 ans. Il a un style de jeu énormément responsable.

« Le plus important, c’est que face aux meilleurs joueurs au monde, il a été solide. Quand “Ray” est sur la glace, tu es en confiance. Il se replie défensivement, il applique l’échec avant dans le système et il a le talent pour produire offensivement. »

Raymond a été nommé parmi les six premiers joueurs qui représenteront la Suède aux Olympiques le 16 juin. Il s’attend à jouer un rôle important à Milan, comme à Detroit, mais il est prêt à accepter n’importe quelle mission.

« Mon jeu là-bas va ressembler à celui que j’ai ici : avoir un impact à ma façon, a-t-il dit. Dans un tournoi comme les Jeux olympiques, tu prends le rôle qu’on te donne et tu te donnes à fond. Plusieurs joueurs offensifs vedettes vont devoir jouer un rôle différent. J’ai vraiment hâte. »

L’objectif est clair : la médaille d’or.

Et au retour, c’est de mettre la main sur le trophée argenté qui sera la mission.

Avec la collaboration de Dan Rosen, journaliste principal NHL.com

Contenu associé