Zibanejad NYR SWE OLY feature vs PIT

GREENBURGH, New York – Mika Zibanejad a décrit la scène qui s’est déroulée dans sa maison d’enfance de Huddinge, en Suède, il y a près de 20 ans.

« Nous avions deux télévisions, ce qui nous permettait de regarder le match en double, a raconté Zibanejad à NHL.com. Une était sur un chaîne finlandaise, et l’autre sur une chaîne suédoise. »

Zibanejad, le joueur de centre des Rangers de New York, a grandi en tant que fier Suédois dans la région de Stockholm, et à ce moment-là, il était âgé de 12 ans et se préparait à voir son pays affronter la Finlande dans le match pour la médaille d’or des Jeux olympiques de Turin, le 26 février 2006.

Ses yeux étaient rivés sur la télévision qui diffusait le match en suédois. Mais Zibanejad est à moitié finlandais, puisque sa mère, Ritva, est native de Paltamo, en Finlande.

C’est ce qui explique les deux télévisions, une pour chaque langue. Ça explique peut-être aussi l’appréhension que ressentait Zibanejad, surtout que son père, Mehrdad, qui est originaire de l’Iran, penchait probablement davantage, et surtout discrètement, vers le côté finlandais de la famille.

« J’étais vraiment déchiré, a expliqué Zibanejad. J’imagine que c’était une situation où je ne pouvais pas perdre. »

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Peut-être, mais c’est le gain de la Suède par la marque de 3-2, avec le but gagnant de Nicklas Lidstrom inscrit après 10 secondes de jeu en troisième période sur des aides de Mats Sundin et Peter Forsberg, et la tenue de son futur coéquipier chez les Rangers Henrik Lundqvist devant le filet, qui a fait naître chez Zibanejad son propre rêve olympique.

« C’était probablement l’expérience la plus cool que j’avais vécue par rapport à un match de hockey à la télévision », a affirmé Zibanejad.

Près de 20 ans plus tard, le rêve de Zibanejad va devenir réalité. Il aura la chance de créer un moment similaire, ainsi que des souvenirs pour les jeunes garçons et filles de partout en Suède, et peut-être même pour certains partisans qui ont les deux nationalités comme lui.

Zibanejad va représenter la Suède aux Jeux olympiques d’hiver de Milano Cortina 2026. Le pays va amorcer son tournoi contre l’Italie le 11 février. Par la suite, ce sera un duel contre la Finlande le 13 février. Cette fois-ci, la famille Zibanejad ne sera pas divisée.

« Elle sera derrière nous, c’est certain, a-t-il assuré. Nous pouvons battre la Finlande, et s’ils marquent un ou deux buts, peut-être que c’est encore mieux, mais ce sera évidemment différent maintenant que c’est moi qui en fait partie, que c’est moi qui joue pour la Suède. C’est très, très différent. »

Zibanejad a représenté la Suède à de nombreuses reprises, notamment l’an dernier à la Confrontation des 4 nations et au Championnat du monde 2025, mais il reconnaît que le fait de porter l’uniforme Tre Kronor bleu royal et jaune aux Jeux olympiques sera tout simplement différent.

« Parce qu’il s’agit d’un événement qui regroupe presque tous les sports au monde, et où les meilleurs de chacun de ces sports sont présents, a expliqué Zibanejad. Peu importe le sport dans lequel vous compétitionnez, une médaille d’or olympique sera toujours une médaille d’or olympique. C’est l’histoire des Jeux olympiques, et tout ce que ça représente. »

Zibanejad a remporté quatre médailles en portant l’uniforme suédois, dont une d’or au Championnat mondial junior en 2012, et une autre au Championnat du monde en 2018.

Il a toutefois vu il y a 20 ans ce que ça signifie pour les joueurs et un pays tout entier de réaliser cela aux Jeux olympiques. Il sait déjà ce que ça représenterait pour ses amis et sa famille en Suède, et même en Finlande.

« J’ai reçu beaucoup plus de messages de félicitations de la part des gens à la maison pour avoir été sélectionné pour les Jeux olympiques que lorsque j’avais percé la formation des 4 Nations, a expliqué Zibanejad. Des amis à la maison, qui ne suivent peut-être pas autant le hockey, me disent tous à quel point c’est super que je sois un olympien. C’est vraiment un énorme honneur. Ils sont heureux si je suis heureux, et ils souhaitent simplement que je connaisse du succès, mais ils ne suivent pas assidûment ma carrière. Ils sont contents quand ça se passe bien du point de vue du hockey, mais ils sont heureux pour moi, même quand ça ne va pas bien sur la glace. Mais pour les Jeux olympiques, ça fait vraiment une grosse différence. »

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Zibanejad se présentera aux Jeux olympiques la semaine prochaine dans un bien meilleur état d’esprit et avec une confiance bien plus élevée dans son jeu que lorsqu’il était parti pour les 4 nations en février dernier, en raison de la manière dont il joue cette saison.

« Je sens que je suis redevenu un peu plus moi-même avec la manière dont je joue », a-t-il noté.

Les Rangers ne vont pas bien sur le plan collectif, et leur formation sera remodelée. Cependant, Zibanejad a bien fait au cours d’une saison difficile pour son équipe.

Il a récolté 51 points, avec un sommet d’équipe de 23 buts, en 54 sorties avant les matchs de samedi, alors que les Rangers vont affronter les Penguins de Pittsburgh au PPG Paints Arena (15 h 30 HE; ABC, SNO, SNE, SN1, TVAS) dans le cadre de leur avant-dernier match avant la pause olympique.

À titre comparatif, Zibanejad avait amassé 37 points, dont 11 buts, en 55 matchs avant la pause de la Confrontation des 4 nations la saison dernière, et avait conclu la campagne avec 20 buts et 62 points en 82 parties. Il s’agissait de sa pire saison sur le plan des statistiques depuis 2017-18, alors qu’il avait obtenu 47 points en 72 rencontres.

« Je suis heureux pour "Meek", a affirmé l’entraîneur des Rangers Mike Sullivan. Il a connu une très bonne année pour nous. Il joue extrêmement bien et avec constance des deux côtés de la patinoire. Les buts qu’il inscrit sont des buts de marqueurs. Il est vraiment dédié à jouer de la bonne manière, la manière dont nous voulons jouer. Il a été le parfait exemple de ça pendant la majeure partie de la saison. Nous l’avons mis au défi d’utiliser son gabarit et sa robustesse autant offensivement que défensivement, et je crois qu’il a vraiment tenu à relever ce défi. »

Zibanejad a laissé entendre qu’il avait dû composer avec des défis personnels sur le plan mental la saison dernière, sans vouloir entrer dans les détails, et que ça avait eu un impact sur son jeu.

Il semble que ce problème soit derrière lui.

« Je crois que j’ai pu repartir à neuf cet été, après l’expérience que j’ai vécue l’an dernier, surtout mentalement avec tout ce qui s’est passé, a-t-il dit. Je ne vais pas mentir, je me sens beaucoup mieux avant ce tournoi qu’avant celui de l’an dernier. »

L’entraîneur de la Suède Sam Hallam a indiqué qu’il avait remarqué la même chose lorsqu’il a rendu visite à Zibanejad à New York en octobre.

Il avait trouvé cela très rassurant.

« Nous avons eu une bonne conversation, et j’ai pu sentir à quel point il était différent dès le départ, a noté Hallam. Il entamait une nouvelle saison. Il se sentait beaucoup mieux, physiquement et mentalement. C’est ce que nous avons pu constater toute l’année. Sa confiance a grandi, et ça me donne encore plus de confiance à moi aussi. »

Il fallait que ce changement s’opère, puisque le rendement de Zibanejad la saison dernière a poussé l’équipe de direction de la Suède à faire preuve de prudence. Ainsi, ce qui aurait été une formalité au cours de n’importe quelle autre saison a été retardé quelque peu cette année.

Zibanejad avait fait partie des six premiers joueurs choisis d’avance par la Suède en vue de la Confrontation des 4 nations, mais il n’était toutefois pas parmi les six premiers joueurs de la formation olympique préliminaire dévoilée en juin.

« Je ne l’ai pas fait en visant spécifiquement Mika, mais certaines choses se produisent, et il savait que sa place au sein de la formation olympique était en jeu cette année, et ce qu’il devait faire pour l’obtenir, a dit Hallam. Il avait connu une saison difficile. Nous ne savions pas où il en serait avant cette saison, et probablement que lui non plus. »

Mais Zibanejad a souligné qu’être ignoré de la formation préliminaire lui a servi de motivation. Ç’a créé de l’incertitude dans son esprit, ce qui lui a permis de garder les deux pieds sur terre.

« Je ne tenais pas pour acquis que j’allais avoir ma place dans l’équipe, a-t-il assuré. Jusqu’à ce que je reçoive l’appel de Sam, je ne savais pas ce qu’il pensait ou comment il allait assembler l’équipe. Je n’ai pas perdu espoir quand je n’ai pas été l’un des six premiers. J’ai seulement essayé de jouer le mieux possible. »

C’est exactement ce qu’il a fait, mais malgré les performances de Zibanejad et sa production offensive, la saison des Rangers a représenté un véritable défi.

L’équipe a annoncé le 16 janvier dans une lettre aux partisans écrite par le directeur général Chris Drury qu’elle entamait un processus de réinitialisation de la formation en vue des prochaines années.

Les Rangers ont déjà échangé le défenseur Carson Soucy et on s’attend à ce qu’ils échangent sous peu l’ailier Artemi Panarin, le meilleur pointeur de l’équipe chaque saison depuis 2019-20. Samedi, il ratera un troisième match consécutif pour des raisons de gestion d’actifs.

Les Rangers sont derniers dans l’Association de l’Est.

D’autres changements devraient survenir après la pause olympique.

Zibanejad a admis que jouer à travers cette transition est difficile.

« Avec la saison que nous connaissons, nous n’allons pas ajouter des joueurs pour nous améliorer dans l’immédiat, donc tu ne peux pas avoir les mêmes attentes que les autres équipes, a expliqué Zibanejad. Si tu n’es pas capable de gagner, comment peux-tu espérer tirer quelque chose de cette saison? »

Mais l’opportunité de rivaliser pour la médaille d’or aux Olympiques donne à Zibanejad une raison d’avoir de grandes attentes, de viser quelque chose de spécial et historique, mais aussi atteignable.

« Ce sera génial d’aller là-bas et de savoir que tu as au moins une chance d’y arriver, a dit Zibanejad. Ensuite, c’est à toi de livrer la marchandise. »

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