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QUÉBEC – À l’aube de la nouvelle saison, Travis Green ne semble pas avoir trop de doutes sur la capacité de Tim Stützle de montrer la voie à suivre offensivement chez les Sénateurs d’Ottawa.

L’attaquant allemand l’a fait tout au long de la dernière campagne – il a récolté 79 points, dont 24 buts, en 82 matchs – et tout semble en place pour qu’il poursuive sur cette lancée. La réponse plutôt directe du pilote de la formation ottavienne tend à le confirmer.

« Vous n’avez qu’à le regarder jouer », a-t-il laissé tomber dans les entrailles du Centre Vidéotron, quand on lui a demandé ce qui lui fait croire que son poulain pouvait en faire encore plus offensivement, cette saison.

Ça voulait tout dire, mais Green a tout de même ajouté un peu de chair autour de l’os.

« Il a bien souvent la rondelle sur son bâton, a-t-il poursuivi. Il est talentueux et il est très motivé. Il est compétitif. Il répond à tout ce que tu peux demander d’un joueur offensif. […] Il me semble plus fort. Il a l’air encore meilleur que l’an dernier. »

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Le patineur de 23 ans possède désormais l’arme de l’expérience pour s’élever au rang de super vedette. Il a déjà cinq saisons complètes derrière la cravate et il a joué ses six premiers matchs éliminatoires au printemps dernier. Ces six rencontres face aux Maple Leafs de Toronto ont allumé quelque chose en lui.

Stützle avait amassé deux buts et trois aides lors de cette série entre les rivaux ontariens, deux points de moins que son compagnon de trio Brady Tkachuk, le meilleur marqueur des siens.

« Ce que j’ai appris, c’est de travailler encore plus fort. C’est tout ce qui importe, a affirmé Stützle. Je sais ce que je dois faire. Et quand tu perds au premier tour, ça t’oblige à travailler plus fort. »

On comprendra donc que Stützle a repris son entraînement estival avec le couteau entre les dents, et qu’il souhaite réussir à transposer cette énergie sur la patinoire le plus rapidement possible dans ce calendrier préparatoire. Il a déjà repris sa place au centre de Tkachuk et de Claude Giroux sur le premier trio.

Les trois n’ont pas fait autant de vagues à leurs deux premiers matchs préparatoires qu’en séries, mais il n’y a probablement rien de mieux qu’un affrontement face aux Canadiens, mardi, pour les allumer un peu.

« Ce sera un match difficile, a avancé Stützle. Il y a une rivalité entre les deux équipes depuis fort longtemps. Ils forment une bonne équipe et nous devrons être à notre mieux. La présaison, c’est pour retrouver nos sensations et se préparer pour la vraie saison. C’est donc un gros match. »

Devant une salle comble dans la vieille capitale, ça risque d’être intéressant. Surtout quand on repense aux duels haineux qu’ils se sont livrés, l’an dernier, à la même période. Est-ce que la foule de Québec l’épargnera davantage que celle de Montréal, qui le cible à tous coups? On verra bien.

En tout cas, l’Allemand n’a rien fait pour faire baisser la tension quand on lui a demandé qui des Leafs – leurs bourreaux des dernières séries – ou des Canadiens il détestait le plus.

« Montréal », a-t-il répondu sans hésiter.

Un savant mélange

La saison que connaîtra Stützle risque de dépendre en partie de ce que Tkachuk et Giroux feront à ses côtés. On commence à savoir ce que le premier est en mesure d’offrir sur une surface glacée, mais les projections sont un peu plus difficiles à faire avec le second.

À 37 ans, Giroux arrive au crépuscule de sa carrière. Il vient de signer un contrat d’un an avec la formation ottavienne après avoir été limité à 15 buts et 50 points, la saison dernière.

« Il est dans une forme impressionnante, a dit Stützle au sujet du vétéran. C’est dur d’imaginer qu’un joueur peut s’améliorer encore à cet âge, mais il y parvient et il le démontre chaque année. Il est très engagé envers l’équipe et il veut gagner. J’aime jouer avec lui. Nous avons une bonne chimie. »

La présence d’une peste comme Tkachuk vient quant à elle compléter à merveille ce que les deux joueurs de finesse sont en mesure d’offrir. Green a vraisemblablement visé dans le mille avec cette combinaison.

« Brady me fait de l’espace pour générer plus d’attaque, a expliqué Stützle. Il me donne de l’espace partout sur la patinoire. Il est un joueur très intelligent, il se place dans les bons endroits. Sur notre trio, on a besoin d’un gars qui passe son temps autour du filet, et il le fait à merveille. »