SAINTE-MARIE – Il n’était pas encore 8h, lundi, que déjà les corridors de l’école Monseigneur-Feuiltault de Sainte-Marie-de-Beauce grouillaient d’excitation. Quelques élèves s’étaient amassés le long de la clôture de la cour de récréation, tandis que d’autres guettaient attentivement le stationnement depuis les fenêtres de leur classe.
La directrice, Mme Brigitte, et les quelque 300 jeunes se préparaient à recevoir de la grande visite, celle de la fierté locale Thomas Chabot et de ses coéquipiers des Sénateurs d’Ottawa. Quand le défenseur est arrivé dans le gymnase de son ancienne école primaire, il a été accueilli par des cris stridents. Très stridents.
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« Thomas! Thomas! Thomas! », ont-ils entonné en chœur.
À ses côtés, le capitaine Brady Tkachuk et les attaquants David Perron, Claude Giroux et Tim Stützle ont pu constater que Chabot avait la cote dans sa ville natale. Le party était pogné.
« Quand on organisait le séjour à Québec au cours de l’été, c’était vraiment important pour moi de venir à Sainte-Marie, a souligné Chabot. C’est le fun d’être à Québec, mais c’est ici que j’ai grandi, c’est ici que je suis venu à l’école. C’est ici que tout a commencé. »
C’est là que sa mère Claude a étudié au primaire, et c’est à cette école que son père François a passé la majeure partie de sa carrière comme enseignant. Maintenant à la retraite, c’est d’ailleurs lui qui a donné le coup d’envoi aux festivités matinales en présentant son fils Thomas à la foule soudainement très attentive.
Le défenseur des Sénateurs a ensuite répondu aux questions des jeunes pendant de longues minutes en leur rappelant qu’il était dans leurs souliers il n’y a pas si longtemps – il y a 20 ans, à peine.
« Est-ce que tu aimes les Canadiens? »
« As-tu gagné la Coupe Stanley? »
« T’es-tu déjà battu? »
« Est-ce que c’est beaucoup de travail être un joueur de hockey? »
Toutes des questions fort légitimes auxquelles Chabot a pris le temps de répondre sous l’œil amusé de ses coéquipiers qui profitaient de la traduction simultanée de Perron et de Giroux. Tkachuk, Batherson et Stützle ont d’ailleurs tous pris soin de saluer le personnel en français avec un « bonjour! ».
« C’est énorme de les voir ici, c’est vraiment apprécié, a fait valoir Chabot. Nos horaires sont chargés, nos journées sont longues et difficiles, surtout en camp d’entraînement. De les voir partir de Québec à 7h30 pour venir à Sainte-Marie, c’est incroyable. C’est tellement gentil qu’ils prennent le temps de venir ici. »
Il s’agit aussi d’une bonne indication de la grande influence que l’arrière québécois a dans le vestiaire ottavien. Rassembleur de nature et leader charismatique, il a fait vivre à ses jeunes concitoyens une matinée de rêve. Aux enseignants aussi : ils ont été plusieurs à demander des photos et des autographes.
Au fond du gymnase, sa mère regardait son garçon avec un large sourire de fierté.



















