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Après un début de saison plus que difficile, qui a incité l'état-major de la formation ottavienne à le soumettre au ballotage pour l'envoyer avec le club-école, voilà qu'il s'est donné des airs du Matt Murray que l'on a vu lors de ses bonnes années avec les Penguins de Pittsburgh.
En sept matchs au mois de janvier, il a maintenu une fiche de 4-1-2, une moyenne de buts alloués de 2,51 et un taux d'efficacité de ,924. C'est tout un contraste avec ses six premiers départs de la saison; cinq défaites au cours desquelles il a montré une efficacité de ,890 et une moyenne de 3,26.
Un mois ne fait pas une saison, on s'entend, mais l'échantillon est quand même intéressant et l'impact sur le jeu de l'équipe est facilement observable. C'est une excellente nouvelle pour les deux parties, surtout que Murray en est seulement à la deuxième année d'un contrat de quatre ans et 25 millions $ paraphé en 2020.
Il ne faut pas penser que ce que le gardien de 27 ans vient d'orchestrer était nécessairement facile à faire. On parle quand même d'un champion de la Coupe Stanley forcé de prendre quelques pas de recul pour tenter de renouer avec le succès. Je me suis déjà retrouvé dans une spirale similaire en fin de carrière - sans me retrouver dans les mineures - et je vous confirme que c'est mentalement difficile.
Ce n'est pas évident de mettre son pied à terre, de s'arrêter, de se prendre en main et de tout faire pour retrouver son synchronisme. Il a fait ce que l'organisation lui a recommandé de faire, et on a vanté son professionnalisme tout au long de son passage avec le club-école. Il faut avoir énormément de respect pour sa démarche.
Déjà bien établi dans la LNH, Murray a peut-être une perspective renouvelée sur son poste. Il sait que les départs ne lui seront pas donnés sur un plateau d'argent comme à son arrivée dans la capitale fédérale, et qu'il devra livrer la marchandise pour les obtenir. Il faut souhaiter qu'il soit en mesure d'apprivoiser sa nouvelle équipe et de s'implanter, comme il l'avait fait à Pittsburgh. Ça prend du temps pour y arriver.
Je crois beaucoup aux adéquations dans le sport. Murray a grandi dans l'organisation des Penguins, dans un système et avec une brigade défensive qui convenaient parfaitement à son style. C'est pour ça qu'il a eu du succès rapidement dans sa carrière. Quand un joueur change d'environnement, ça ne fonctionne pas tout le temps instantanément. Même que, parfois, ça ne clique jamais réellement.
Si le gardien poursuit sur sa lancée jusqu'à la fin de la saison, on pourra dire que le directeur général Pierre Dorion a géré ce dossier avec beaucoup de doigté. Ça peut paraître un peu froid comme analyse, mais un joueur est un actif pour une équipe. Comme organisation, tu ne veux jamais abandonner ou déprécier la valeur d'un joueur. Il vaut mieux tenter de mettre le doigt sur le bobo et trouver des solutions.