Matt Murray badge Thibault

Choix de première ronde des Nordiques de Québec au Repêchage 1993 de la LNH, Jocelyn Thibault a disputé 586 matchs au cours de sa carrière de 15 saisons dans la LNH. Il a porté l'uniforme des Nordiques, de l'Avalanche du Colorado, des Canadiens de Montréal, des Blackhawks de Chicago, des Penguins de Pittsburgh et des Sabres de Buffalo, signant 238 victoires. Il a été entraîneur des gardiens de l'Avalanche pendant deux saisons et il est désormais propriétaire du Phoenix de Sherbrooke dans la LHJMQ. Il a accepté de collaborer avec l'équipe de LNH.com pour traiter des dossiers chauds devant les 31 filets de la Ligue.
Matt Murray est-il bel et bien de retour?
Le gardien des Sénateurs d'Ottawa vient de connaître un mois de janvier qui laisse croire que son séjour d'un mois dans la Ligue américaine lui a permis de prendre une grande bouffée d'air frais et de retrouver ses repères, un tant soit peu.

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Après un début de saison plus que difficile, qui a incité l'état-major de la formation ottavienne à le soumettre au ballotage pour l'envoyer avec le club-école, voilà qu'il s'est donné des airs du Matt Murray que l'on a vu lors de ses bonnes années avec les Penguins de Pittsburgh.
En sept matchs au mois de janvier, il a maintenu une fiche de 4-1-2, une moyenne de buts alloués de 2,51 et un taux d'efficacité de ,924. C'est tout un contraste avec ses six premiers départs de la saison; cinq défaites au cours desquelles il a montré une efficacité de ,890 et une moyenne de 3,26.
Un mois ne fait pas une saison, on s'entend, mais l'échantillon est quand même intéressant et l'impact sur le jeu de l'équipe est facilement observable. C'est une excellente nouvelle pour les deux parties, surtout que Murray en est seulement à la deuxième année d'un contrat de quatre ans et 25 millions $ paraphé en 2020.
Il ne faut pas penser que ce que le gardien de 27 ans vient d'orchestrer était nécessairement facile à faire. On parle quand même d'un champion de la Coupe Stanley forcé de prendre quelques pas de recul pour tenter de renouer avec le succès. Je me suis déjà retrouvé dans une spirale similaire en fin de carrière - sans me retrouver dans les mineures - et je vous confirme que c'est mentalement difficile.
Ce n'est pas évident de mettre son pied à terre, de s'arrêter, de se prendre en main et de tout faire pour retrouver son synchronisme. Il a fait ce que l'organisation lui a recommandé de faire, et on a vanté son professionnalisme tout au long de son passage avec le club-école. Il faut avoir énormément de respect pour sa démarche.
Déjà bien établi dans la LNH, Murray a peut-être une perspective renouvelée sur son poste. Il sait que les départs ne lui seront pas donnés sur un plateau d'argent comme à son arrivée dans la capitale fédérale, et qu'il devra livrer la marchandise pour les obtenir. Il faut souhaiter qu'il soit en mesure d'apprivoiser sa nouvelle équipe et de s'implanter, comme il l'avait fait à Pittsburgh. Ça prend du temps pour y arriver.
Je crois beaucoup aux adéquations dans le sport. Murray a grandi dans l'organisation des Penguins, dans un système et avec une brigade défensive qui convenaient parfaitement à son style. C'est pour ça qu'il a eu du succès rapidement dans sa carrière. Quand un joueur change d'environnement, ça ne fonctionne pas tout le temps instantanément. Même que, parfois, ça ne clique jamais réellement.
Si le gardien poursuit sur sa lancée jusqu'à la fin de la saison, on pourra dire que le directeur général Pierre Dorion a géré ce dossier avec beaucoup de doigté. Ça peut paraître un peu froid comme analyse, mais un joueur est un actif pour une équipe. Comme organisation, tu ne veux jamais abandonner ou déprécier la valeur d'un joueur. Il vaut mieux tenter de mettre le doigt sur le bobo et trouver des solutions.

OTT@BOS: Murray vole Pastrnak avec le bâton

C'est la voie qu'ont choisi d'emprunter les Sénateurs, et ça pourrait rapporter gros si Murray retrouve sa forme d'antan. Cette jeune équipe doit commencer à gagner de façon plus constante pour que son cycle de reconstruction passe enfin à la prochaine étape. Ça nécessite assurément plus de temps dans un marché comme celui d'Ottawa puisqu'on se fie presque entièrement à la progression des jeunes talents.
Ce n'est pas nécessairement évident parce que les Sénateurs n'ont pas le pouvoir d'attraction des gros marchés de la LNH, mais ils ont un système de recrutement et de développement de grande qualité. Un gardien expérimenté qui joue à la hauteur de son talent ne peut pas nuire non plus.
Le moment de briller
Sur une autre notre, j'ai bien hâte de voir ce que nous réserve ce match des étoiles à Las Vegas. Ça me rappelle chaque fois de bons souvenirs de ma participation à la classique en 2003.
Même si les rencontres n'étaient pas l'endroit rêvé pour les gardiens, je me souviens que nous avions eu un bon match assez intense. Jeremy Roenick avait mis un peu de piquant dans la rencontre en donnant une bonne mise en échec à un de nos joueurs. Ça avait pris tout le monde par surprise parce que c'est une loi non écrite dans un match de la sorte, mais ç'avait fait augmenter le rythme!
J'aime bien voir la LNH innover avec des compétitions originales, comme celles qu'on a vues lors du concours d'habiletés dans la fontaine du Bellagio ou avec la partie de blackjack sur la Stripde Vegas. Le marketing est aujourd'hui un aspect tellement important pour les ligues sportives et des initiatives du genre en sont la preuve.
Je suis assez conservateur quand vient le temps de changer de règlements qui font partie du sport depuis toujours, mais j'adore voir de nouvelles idées prendre forme dans un contexte de fête comme le match des étoiles. Chapeau!