Lindgren a dû patienter longtemps avant qu’une occasion se présente, mais surtout, il a su la saisir. Il n’y a pas eu de chance dans son cas. On m’a déjà dit que dans la vie, la chance n’existe pas vraiment. Il s’agit plutôt de la rencontre entre la préparation et l’opportunité. Ç’a été vrai pour Lindgren, et je pourrais citer des tonnes d’autres exemples semblables.
Mais pour saisir cette opportunité, il faut être prêt. Et c’est une autre raison pour laquelle la route vers la LNH est rarement un long fleuve tranquille pour les gardiens : leur développement prend du temps.
Il y a tellement d’aspects à maîtriser pour un cerbère. Sur le plan tactique, il faut apprendre à réagir à différentes situations et à bien lire le jeu. Au point de vue technique, un gardien doit travailler sur ses déplacements, sa force et son agilité.
Il y a aussi tout le volet de la gestion des émotions. Un gardien doit apprendre à passer par-dessus un mauvais but ou pire encore, une mauvaise séquence de plusieurs matchs.
Être gardien, c’est un peu comme être quart-arrière au football. Tu ne peux pas te cacher. On dit qu’une erreur d’un attaquant donne un revirement et qu’un mauvais jeu d’un défenseur donne une chance de marquer. Mais une erreur de gardien, elle, devient un but pour l’autre équipe. Les conséquences sont bien plus lourdes qu’aux autres positions.
Même les premiers de classe doivent apprendre à la dure.
Prenez par exemple Spencer Knight, qui figurait lui aussi parmi les 20 gardiens les plus efficaces avant les matchs de vendredi. Il a été repêché au 13e rang total en 2019 par les Panthers de la Floride et il commence tout juste à avoir un impact… chez les Blackhawks de Chicago à l’âge de 24 ans!
Des Penguins qui surprennent
Mon ancienne équipe, les Penguins de Pittsburgh, connaît justement un début de saison surprenant en partie grâce à un de ces gardiens au parcours atypique, Arturs Silovs.
Le Letton de 24 ans montre un dossier de 3-1-0 avec une moyenne de buts alloués de 2,25, un pourcentage d’arrêts de ,919 et un blanchissage. Avant les matchs de vendredi, il était 16e au chapitre du taux d’efficacité dans la LNH. Rappelons qu’il a été un choix de sixième ronde (156e) des Canucks de Vancouver en 2019 et qu’il a passé par la LAH et même l’ECHL avant d’atteindre la LNH.
C’est inspirant de le voir prendre son envol, mais aussi d’assister à la résurrection de son coéquipier Tristan Jarry, qui a une fiche identique à Silovs avec une moyenne de 2,52 et un taux d’efficacité de ,921.