Choix de première ronde des Nordiques de Québec au repêchage 1993 de la LNH, Jocelyn Thibault a disputé 586 matchs au cours de sa carrière de 15 saisons dans la LNH. Il a porté l'uniforme des Nordiques, de l'Avalanche du Colorado, des Canadiens de Montréal, des Blackhawks de Chicago, des Penguins de Pittsburgh et des Sabres de Buffalo, signant 238 victoires. Il a été entraîneur des gardiens de l'Avalanche pendant deux saisons. Il occupe en ce moment le poste de directeur général de Hockey Québec, poste qu’il quittera en juin, en plus d’être actionnaire du Phoenix de Sherbrooke dans la LHJMQ. Il a accepté de collaborer avec l'équipe de LNH.com pour traiter des dossiers chauds devant les 32 filets de la Ligue.
Frederik Andersen a-t-il véritablement été tenu à l’écart pendant plus de cinq mois?
Il y a une semaine, on parlait dans cette chronique des Hurricanes de la Caroline comme grands gagnants de la date limite des transactions à la suite des acquisitions importantes faites par l’équipe. J’avais également mentionné qu’il fallait considérer le retour d’Andersen, qui n’avait pas joué depuis le 2 novembre, comme équivalent d’un gros échange permettant de mettre la main sur un joueur d'impact pour la dernière ligne droite.
Neuf jours plus tard, Andersen est parfait en trois départs, en plus d’afficher une moyenne de buts alloués de 1,01 et un taux d’efficacité de ,955. C’est franchement impressionnant.
Les problèmes de caillots sanguins qui ont affecté Andersen ne représentent évidemment pas le type de blessure que l’on voit régulièrement dans le sport, alors il est difficile de savoir exactement par quel genre de processus de réadaptation est passé le gardien danois. Chose certaine, quand tu es à l’écart pour une aussi longue période, le plus gros enjeu est toujours de retrouver ton synchronisme.
Mais les premiers matchs sont également tellement importants, car ta confiance peut être fragile. Personnellement, ça me rappelle ma saison 2002-03, avec les Blackhawks de Chicago. J’avais connu un camp d’entraînement plutôt ordinaire, mais j’avais réussi à signer un jeu blanc dès le deuxième match de la saison. Pourtant, en début de partie, je ne me sentais pas confortable, j’avais l’impression de ne pas être sharp. Mais j’ai profité de quelques rebonds favorables et je n’ai finalement pas accordé de but.
Ce match m’a mis en confiance et m’a donné un élan pour la suite. J’ai connu une de mes meilleures saisons en carrière, ce qui m’a d’ailleurs valu une participation au Match des étoiles cette année-là.
Pour en revenir à Andersen, on pouvait sentir à son premier match, le 7 mars contre les Canadiens de Montréal, qu’il n’était pas totalement à l’aise en première période. Il a été sauvé par ses poteaux à quelques occasions et il semblait chercher la rondelle. Il a d’ailleurs accordé un but à Joshua Roy sur un tir qu’il aimerait probablement revoir. Mais il s’est replacé, et au fur et à mesure que le match avançait, on voyait qu’il était de plus en plus en contrôle.
Le défi pour lui sera maintenant d’être constant. Après une longue absence, un joueur va souvent bien paraître lors des premiers matchs – on le voit fréquemment avec des recrues – car le degré d’adrénaline est à son maximum et la motivation est facile à aller chercher. Le danger, c’est de tomber dans un état plus routinier quand l’adrénaline redescend.
Mais Andersen est un vétéran et il en a vu d’autres, son expérience va bien le servir. J’ai vu des séquences de son match de jeudi contre les Panthers de la Floride, dans lequel il a obtenu son premier blanchissage de la saison. Il était calme, en confiance et en contrôle devant son filet. Son côté athlétique lui a également permis de réaliser de très beaux arrêts dans des situations de jeu où l’aspect technique est laissé de côté.



















