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Les points communs entre le gardien du Lightning de Tampa Bay Andrei Vasilevskiy et celui des Rangers de New York Igor Shesterkin sont bien plus nombreux que le fait qu'ils sont tous les deux originaires de la Russie.

Vasilevskiy, qui a remporté la Coupe Stanley lors des deux dernières saisons, et Shesterkin, le favori pour obtenir le trophée Vézina cette année, sont en vedette dans la finale de l'Association de l'Est. Shesterkin a eu le meilleur sur son modèle lors du match no 1, une victoire de 6-2 des Rangers. Le deuxième duel aura lieu au Madison Square Garden, vendredi (20 h HE; ESPN, ESPN+, CBC, SN, TVAS).
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Marko Torenius a travaillé avec Shesterkin pendant cinq saisons avec le SKA St-Pétersbourg de la Ligue continentale de hockey. Bien qu'il ne sache pas si les deux portiers ont un régime d'entraînement similaire, Torenius voit beaucoup d'éléments de la technique de Vasilevskiy dans le jeu de Shesterkin.
« Il fallait s'y attendre », a affirmé Torenius, qui estime que la plupart des gardiens russes ont décidé d'emprunter des éléments du style de Vasilevskiy en étant témoins de son ascension pour devenir le meilleur gardien au monde. Le portier de 27 ans a remporté le trophée Vézina en 2019, le trophée Conn-Smythe à titre de joueur le plus utile en séries éliminatoires en 2021 et la Coupe Stanley en 2021 et 2022.
« Il y a des similitudes », a affirmé Torenius, qui a souligné que le mérite revenait à l'autre entraîneur des gardiens du SKA Rashit Davydov pour le travail avec Shesterkin. « Les gardiens russes ont comme modèle Vasilevskiy et ils ont copié et imité des éléments de son jeu. »
Parmi les similarités, Torenius pointe vers l'efficacité pour le « contrôle de la boîte », un terme originaire de la Suède qui décrit les habiletés chez un gardien à comprendre qu'afin qu'une rondelle puisse entrer dans une superficie de six pieds sur quatre pieds derrière lui, elle doit passer par une zone beaucoup plus petite devant lui.
Vasilevskiy et Shesterkin ne gaspillent pas de mouvements ou d'énergie en tentant d'effectuer des arrêts sur des lancers qui ne sont pas dans la zone dangereuse. Les deux sont bons pour s'avancer vers la rondelle dans ce mince espace devant eux, plutôt que d'ouvrir leur jeu en chassant des tirs dans des zones moins à risque.
Torenius voit aussi des similarités dans la position plus haute des deux gardiens, avec les jambes rapprochées afin de surveiller la circulation ou suivre le jeu dans le périmètre. Ils ont aussi la même façon d'utiliser leurs mains lorsqu'il y a une menace.
« En Russie, la plupart des gardiens ont copié ça de Vasilevskiy », a dit l'entraîneur.
Ce n'est pas la première fois qu'un gardien de haut niveau devient un modèle pour ses compatriotes. On n'a qu'à penser à Patrick Roy au Québec, Miikka Kiprusoff en Finlande, Henrik Lundqvist en Suède et Sergei Bobrovsky, quelques années avant Vasilevskiy, en Russie.
Les mouvements latéraux sont une autre force des deux gardiens. Bien que la qualité du coup de patin soit un élément bien connu des gardiens russes, il y a des différences notables dans la façon dont Vasilevskiy et Shesterkin se déplacent aussi rapidement.
Vasilevskiy, qui a vu sa séquence de nominations au trophée Vézina se terminer à quatre cette saison malgré sa fiche de 39-18-5 et son pourcentage d'arrêts de ,916, excelle quand vient le temps d'être explosif en poussée, et il peut générer cette puissance même lorsqu'il est en extension. Sa flexibilité lui permet de couvrir beaucoup d'espace, le tout en maintenant ses bras actifs dans des positions où la plupart des gardiens seraient déstabilisés.
Vasilevskiy est aussi habile pour se déplacer lorsqu'il est à genou et lorsque vient le temps de se placer dans le bon angle à l'aide de sa jambe appuyée sur la glace alors qu'il est en poussée, ce qui est différent de la méthode traditionnelle où un gardien effectue sa rotation à l'aide de sa jambe extérieure.
Shesterkin, qui est finaliste au trophée Vézina pour la première fois grâce à sa saison de 36-13-4 et son pourcentage d'arrêts de ,935, est peut-être même meilleur dans ces sphères du travail d'un gardien.
« Igor possède son propre jeu de pieds qui semble si facile à exécuter, si fluide et rapide », a souligné Torenius.
On a bien vu cette fluidité et cette vitesse lors du match no 1 de la série, avec 4:46 à faire en première période pour être plus précis. Avec un genou sur la glace près de son poteau alors que la rondelle était derrière le filet, Shesterkin a calmement glissé vers le sommet du demi-cercle, s'est dressé et était à la bonne position pour arrêter l'excellente chance de marquer de Nikita Kucherov du bas du cercle gauche.
C'est la précision et la fluidité de Shesterkin, ainsi que sa patience lorsque vient le temps de se déplacer, qui font de lui un gardien supérieur à ceux qui tentent de l'imiter.
« Je ne trouve pas qu'ils jouent de la même façon », a affirmé Steve Valiquette, qui a disputé six de ses sept saisons dans la LNH avec les Rangers avant de prendre sa retraite.
Valiquette est maintenant analyste des matchs des Rangers sur le réseau MSG, et il travaille fréquemment avec Henrik Lundqvist, le légendaire gardien des « Blue Shirts » qui a pris sa retraite l'année dernière.
« Shesterkin est davantage sur ses pieds et, comme Lundqvist ne cesse de le dire, Shesterkin ne se fatigue même pas parce qu'il a une posture si relaxée », a affirmé Valiquette.
Shesterkin peut ainsi se déplacer plus rapidement que les passes sans effectuer beaucoup de mouvements vers l'avant et l'arrière, ce qui lui permet de garder un œil sur le jeu qui se développe.
Valiquette a donné en exemple un arrêt effectué contre Nino Niederreiter avec cinq minutes à faire à la première période du match no 6 contre les Hurricanes de la Caroline en deuxième ronde. Encore une fois, Shesterkin a utilisé sa puissance pour se déplacer d'un poteau vers le sommet de son demi-cercle en réaction à une passe de l'arrière du filet, lorsqu'il a aperçu l'attaquant des Hurricanes libre dans une zone dangereuse.
« La passe est arrivée et il a explosé pour bloquer la ligne de tir, a expliqué Valiquette. Hank et moi étions sur la galerie de presse, et j'ai agrippé son bras et on riait parce que nous n'en revenions pas qu'il ait été capable de faire cette lecture. Mais tout le travail qu'il a fait pour en arriver là, et le fait qu'il est debout, lui ont permis de réaliser cet arrêt. »

TBL@NYR, #1: Chytil profite du jeu de Kakko

Habituellement, Vasilevskiy jouerait une séquence similaire sur ses genoux. C'est ce qui s'est passé lors du premier match de la série contre les Rangers, quand Filip Chytil a fait 3-2 à l'aide d'une passe décochée de l'arrière du filet.
Dans une série opposant deux des meilleurs gardiens au monde, deux gardiens qui ont atteint les sommets grâce à leur style similaire, ce sont ces petits détails qui pourraient faire la différence.