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La famille Scamurra va boucler la boucle lorsque Hayley, de la Victoire de Montréal, disputera un match contre les Sirens de New York à Washington dans le cadre de la Grande tournée LPHF dimanche (14 h HE; MNMT).

L’attaquante de 31 ans est née à Buffalo mais passe ses étés au Maryland, à quelques kilomètres d’où son père, Peter, a disputé quatre saisons dans la LNH avec les Capitals de 1975 à 1979. Une grande partie de sa famille et de ses amis habite dans la région et assistera à la rencontre entre la Victoire et les Sirens.

« Cet endroit a beaucoup d’histoire, souligne Hayley. C’est ici que mon père et ma mère se sont rencontrés, quand il jouait avec les Capitals. C’est très cool de venir jouer un match professionnel à l’endroit où mon père a commencé sa carrière. »

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Le dernier match de Peter Scamurra remonte au 30 décembre 1979, il y a plus de 46 ans, mais le principal intéressé voit quand même une symbolique dans la rencontre que Hayley jouera à Washington. L’homme de 70 ans n’est pas encore certain d’y assister car il se prépare pour un voyage en Italie, afin de voir Hayley participer aux Jeux de Milano Cortina avec l’équipe américaine de hockey féminin, mais il sait déjà que la journée de dimanche sera une réussite.

« Il y a eu de bons matchs et de bonnes foules dans les autres villes de la Grande tournée, pointe-t-il. Il y avait plus de 18 000 partisans (18 259) à Québec et environ 17 000 (17 518) à Edmonton la saison dernière. C’est plaisant qu’ils tiennent également un match à Washington. »

Les Capitals venaient de compléter leur première saison dans la LNH lorsqu’ils ont choisi Peter au deuxième tour du repêchage de 1975. Il est devenu le premier natif de Buffalo à jouer dans la LNH lorsqu’il a affronté les Penguins de Pittsburgh le 7 octobre de la même année. Deux jours plus tard, il a inscrit son premier but en carrière face aux Flyers de Philadelphie, champions en titre à l’époque.

Scamurra et les Capitals n’ont toutefois remporté que 11 matchs cette saison-là (11-59-10).

« On n’était pas très bons au début, mais on a presque fait les séries en 1980, se rappelle-t-il. J’ai de bons souvenirs de mes années à Washington. J’y ai rencontré ma femme (Rebecca). Et l’équipe faisait du progrès avec l’arrivée de joueurs comme Mike Gartner, Denis Maruk, Rick Green et par la suite Rod Langway. »

Peter avait déjà accroché ses patins, toutefois, lorsque les Capitals ont acquis Langway en 1982. Des blessures aux genoux l’ont limité à 132 matchs dans la LNH et l’ont forcé à prendre sa retraite en 1981 après un court séjour en Finlande.

Il est revenu dans son Buffalo natal après sa retraite et c’est là qu’il a fondé une famille avec Rebecca, d’abord avec la naissance de leurs fils Travis, Jared et Colin, puis de sa fille Hayley. Cette dernière a appris à patiner dans la cour arrière de la résidence familiale dès l’âge de trois ans, en compagnie de ses frères. Au hockey civil, elle évoluait avec l’équipe masculine que dirigeait Peter.

Le rêve olympique de Hayley a pris naissance lorsque les Américaines ont remporté l’or aux Jeux de Nagano. Il s’agissait alors du tout premier tournoi olympique de hockey féminin.

« Quand j’avais 10 ans, on avait tous reçu des pamphlets sur lesquels on devait écrire ce qu’on souhaitait devenir plus tard. Tout le reste de l’équipe avait écrit ‘’joueur de la LNH’’ et moi, j’avais écrit ‘’olympienne’’ », raconte-t-elle.

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Scamurra a passé quatre ans à l’Université Northeastern sans jamais recevoir d’appel de l’équipe nationale américaine. C’est à son arrivée dans la défunte Ligue nationale de hockey féminin en 2017 qu’elle a commencé à attirer l’attention des dirigeantes américaines, particulièrement lorsqu’elle a aidé les Beauts de Buffalo à remporter la Coupe Isobel. En 2019, elle a participé à son premier Championnat mondial.

« J’avais 23 ou 24 ans à mon premier camp d’entraînement, ce qui est plutôt rare pour une joueuse d’ici », se souvient l’autrice de trois points (un but, deux aides) en 11 matchs cette saison avec la Victoire. « C’est plus commun maintenant que la LPHF existe, mais avant, les femmes entraient dans le giron de l’équipe nationale très tôt. Ce n’était pas commun de voir quelqu’un se greffer au groupe plus tardivement. Mais je sentais que je n’avais rien à perdre. Je me suis dit que j’allais simplement jouer et espérer. »

Hayley est en quelque sorte un « meuble » de l’équipe nationale depuis. Elle a remporté trois médailles d’or et trois d’argent au Championnat mondial, puis une autre médaille d’argent aux Jeux de Pékin. Peter et le reste de la famille Scamurra n’ont pu voir leur fille sur place aux derniers JO d’hiver en raison des restrictions sanitaires liées à la pandémie de COVID-19, mais ce n’est que partie remise pour le clan, qui sera en Italie en février.

« J’aurais aimé jouer aux Olympiques, mais les joueurs professionnels n’étaient pas admis à l’époque, rappelle Peter. Hayley n’a pas eu un parcours facile, mais son travail acharné a fini par payer. C’est un rêve qui est devenu réalité pour elle. »

Les Américaines tenteront d’obtenir vengeance face aux Canadiennes à Milan après une défaite en finale en 2022, mais d’ici là, Hayley Scamurra se concentre sur ses prochains matchs avec la Victoire – à commencer par celui de dimanche à Washington.

« Selon ce que j’entends, les ventes de billets vont très bien, a-t-elle conclu. Ça montre que Washington est emballé de voir du hockey féminin. »