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OTTAWA – Il y avait trois gardiens à l’entraînement des Sénateurs d’Ottawa à la veille d’un match contre leurs rivaux de la division Atlantique, les Canadiens de Montréal. Absent pour des raisons personnelles depuis le 28 décembre, Linus Ullmark a recommencé à bloquer des rondelles, mais il ne renouera pas immédiatement avec l’action.

Si le CH s’est libéré d’un manège à trois gardiens en renvoyant Jacob Fowler avec le Rocket de Laval vendredi matin, les Sénateurs ont à leur tour trois hommes masqués dans l’entourage de l’équipe avec le retour d’Ullmark et les présences de Leevi Merilainen et du vétéran James Reimer.

À l’intérieur du vestiaire des Sénateurs, il y a maintenant un souhait : celui de sortir plus fort de ce tourbillon médiatique créé par l’absence d’Ullmark et la multiplication de rumeurs sur les réseaux sociaux.

David Perron a offert un vote de confiance envers son gardien numéro un.

« On se regroupe pour Linus, on ne se regroupe pas pour la fausse rumeur! On a passé à autre chose de ce côté-là, et la façon dont on doit se regrouper, c’est en gagnant des matchs. Ça guérit bien des choses dans ce temps-là. »

Perron a toujours appelé un chat un chat. À 37 ans, l’ailier des Sénateurs ne changera pas. Conscient que le départ d’Ullmark et la publication d’un communiqué de la part de Steve Staios où il a vivement défendu son gardien ont fait grand bruit, il a tenu à corriger le tir sans rentrer dans les détails de la vie privée.

« Au départ, nous pouvions en rire. Mais à un certain moment, ça atteignait un point où l’équipe devait sortir un communiqué, a affirmé Perron. Ils l’ont fait en raison de la situation de Linus. Je pense que s’il n’était pas dans une telle situation, l’équipe n’aurait probablement rien dit. Tu ne peux pas répondre à toutes les fausses rumeurs sur Internet. Tu ne finirais jamais, surtout au Canada.

« Cette situation était différente. Il ne pouvait pas se défendre, a-t-il continué. Je ne sais pas quand il parlera aux médias. Je pense qu’il a été affecté. Il a entendu des choses complètement fausses. Ça n’avait rien à voir avec sa situation. C’était la même chose pour Brady (Tkachuk). Nous avons entendu ses commentaires. »

À l’image de Perron, Thomas Chabot a démontré beaucoup d’empathie envers Ullmark.

« On sait ce qui se passe entre les portes, ici, a rappelé le défenseur des Sénateurs. On sait ce qu’il se passe dans le vestiaire, quel genre d’individus on a ici. On a toujours été comme ça. Dans les années où on connaissait moins de succès, on s’est toujours serré les coudes. Ça ne changera pas. Ça a toujours été l’identité de notre groupe. Ça fait plusieurs années qu’on est plusieurs à jouer ensemble. On est de bons amis. Oui, on joue au hockey ensemble, mais en dehors de la glace, on se tient aussi tous ensemble. »

Chabot croit même que cette histoire pourrait unir l’équipe encore plus.

« Oui, ça a rapproché le groupe, a-t-il répliqué. En fin de compte, ce sont des affaires plus sérieuses que le hockey, ce qui est arrivé à Linus. Tout ce qu’on veut, en tant que coéquipiers, c’est qu’il revienne et qu’il soit heureux. On veut qu’il soit 100 % prêt à jouer au hockey.

« On passe à travers les blessures, tu t’absentes et ça fait partie du hockey. Mais ça, c’est quelque chose de pas mal plus sérieux, a enchaîné Chabot. Tu veux que Linus soit le meilleur père qu’il puisse être à la maison, tu veux qu’il soit la meilleure personne possible lorsqu’il arrive à l’aréna. Quand tu vois un problème comme ça, qui est plus gros que le hockey, tu veux qu’il prenne du temps pour lui-même, qu’on ne mette pas de stress sur lui. C’était ça, le plus important pour nous. »

« Je pense que lui-même ne voulait pas passer à travers de ça. Les réseaux sociaux sont les réseaux sociaux. On est des joueurs de hockey, on est ici pour aller sur la glace et performer. Tu n’as pas le contrôle sur ce qui se passe à l’extérieur. Et ça, c’était en dehors de note contrôle. Nous, on est payés pour jouer au hockey et c’est tout. »

De grosses minutes pour Merilainen

Après le départ d’Ullmark, Merilainen a principalement tenu le fort devant le filet des Sens. Depuis le 28 décembre, le Finlandais de 23 ans a maintenu un dossier de quatre victoires et quatre revers avec une moyenne de 3,29 et un taux d’efficacité de ,859. Au cours de cette période, il a joué un peu plus de 473 minutes, alors que ses adjoints n’ont obtenu que des miettes : 35 min 47 s pour Hunter Shepard et 17 min 25 s pour Mads Sogaard.

Reimer, qui a paraphé un contrat d’une saison et 850 000 $ le 12 janvier dernier, n’a toujours pas vu d’action avec les Sénateurs.

Travis Green n’a pas identifié son gardien partant pour la visite du CH dans la capitale nationale. Mais à moins d’une surprise, Merilainen sera encore l’homme de confiance.

À sa sortie de l’entraînement vendredi au Bell Sensplex, il a brièvement décrit le défi qu’il a fait face au cours des derniers jours.

« Je voulais aider Linus dans ça, a-t-il dit. Ç’a été un défi, bien sûr. Je suis passé d’un gardien qui jouait peu à un gardien qui jouait tous les matchs. Mais c’était le fun. »

Les Sénateurs, qui avaient perdu quatre matchs d’affilée entre le 5 et le 10 janvier, ont gagné leurs deux derniers matchs, signant des victoires contre les Canucks de Vancouver (2-1) et contre les Rangers de New York (8-4).