EDMONTON — Ryan Nugent-Hopkins a été la seule constante chez les Oilers d’Edmonton à travers tous les changements dans la formation, derrière le banc et à travers la valse des directeurs généraux au cours des 15 dernières saisons.
L’attaquant de 32 ans, choisi au tout premier rang du repêchage de la LNH en 2011 par Edmonton, a traversé des moments difficiles à ses débuts, mais il a vu l’équipe devenir lentement mais sûrement une puissance de la Ligue. Il deviendra le premier joueur à atteindre le plateau des 1 000 matchs disputés exclusivement avec les Oilers lorsque ceux-ci accueilleront les Blues de St. Louis, dimanche, au Rogers Place (20 h HE; TVA Sports, SN, FDSNMW).
« Je pense que lorsque tu te rends à ce point dans ta carrière et que tu joues 1000 matchs dans cette ligue, il faut que beaucoup de choses se passent de la bonne façon et que tu persévères longtemps, et je suis très fier d’avoir réussi à le faire », a déclaré Nugent-Hopkins. « Évidemment, quand tu arrives comme premier choix au total, il y a énormément d’attentes et de bruit autour de toi, mais j’ai appris avec le temps que je suis simplement qui je suis. Je ne peux pas contrôler ce qui se passe à l’extérieur, alors je vais être le joueur que je suis et tenter d’être la meilleure version de moi-même. »
Nugent-Hopkins a été le deuxième de trois choix consécutifs au tout premier rang des Oilers, une équipe qui a connu une longue reconstruction après avoir perdu la finale de la Coupe Stanley en sept matchs contre les Hurricanes de la Caroline en 2006. À la suite de cette présence en finale, Edmonton a raté les séries éliminatoires lors de 10 saisons consécutives.
Nugent-Hopkins est arrivé quatre saisons après le début de cette disette et devait devenir une pièce maîtresse de la reconstruction des Oilers, amorcée avec la sélection au tout premier rang de l’attaquant Taylor Hall en 2010 et de Nail Yakupov en 2012.
« Évidemment, on ressentait un peu de pression par rapport à ça, mais en même temps, on comprenait où en était réellement l’équipe, a expliqué Nugent-Hopkins. On était des jeunes qui prenaient leurs repères dans la LNH et on essayait d’en profiter le plus possible, ce qu’on a fait. On s’est beaucoup amusés, mais il y a assurément eu des moments frustrants. »
Dès sa première saison, Nugent-Hopkins a rempli son rôle. Il a récolté 52 points (18 buts, 34 passes) en 62 matchs et a terminé au deuxième rang du scrutin pour le trophée Calder, remis à la recrue de l’année, derrière Gabriel Landeskog de l’Avalanche du Colorado.
« Sa saison recrue a été électrisante », a rappelé Hall. « On se demandait s’il allait retourner dans la Ligue de hockey de l’Ouest ou non. Il s’est imposé non seulement comme un joueur de la LNH, mais comme un candidat au Calder, avec une très bonne saison. J’ai été extrêmement chanceux de jouer avec un joueur de centre comme “Nuge” pendant une bonne partie de mon passage à Edmonton. Je suis vraiment heureux pour lui et tout ce qu’il a accompli. »
Après sa saison recrue, Nugent-Hopkins a travaillé à améliorer son jeu défensif et est devenu l’un des attaquants les plus polyvalents de la LNH. Il a connu la meilleure saison de sa carrière en 2022-2023 avec une récolte de 104 points (37 buts, 67 passes) en 82 matchs.
« De voir “Nuge” atteindre ce plateau ici même à Edmonton en dit long sur sa loyauté envers l’équipe et sur son attachement envers la ville, les partisans et l’organisation », a dit le capitaine des Oilers Connor McDavid. « C’est un gars incroyable, un coéquipier exceptionnel, et je ne pourrai jamais dire assez de bonnes choses à son sujet. »
Nugent-Hopkins est le joueur ayant disputé le plus de matchs dans l’uniforme bleu et orange au sein de la formation actuelle. Seul le défenseur Kevin Lowe (1037 matchs), en deux passages distincts, a disputé plus de rencontres avec Edmonton.
Ce parcours est d’autant plus impressionnant lorsqu’on considère tous les rebondissements qu’il a connus à Edmonton.
Son premier entraîneur a été Tom Renney, remplacé successivement par Ralph Krueger, Dallas Eakins, Todd Nelson, Todd McLellan, Ken Hitchcock, Dave Tippett, Jay Woodcroft et maintenant Kris Knoblauch.
Steve Tambellini a été son premier directeur général, suivi de Craig MacTavish, Peter Chiarelli, Keith Gretzky (par intérim), Ken Holland, Jeff Jackson (par intérim) et Stan Bowman.
« Je crois sincèrement que chaque entraîneur m’a appris quelque chose de différent, parce que même s’ils utilisent parfois des systèmes semblables, ils dirigent tous de façon différente, a expliqué Nugent-Hopkins. Il y en a eu plusieurs, et j’aime penser que j’ai tiré quelque chose de chacun. »
Nugent-Hopkins en est à la cinquième saison d’un contrat de huit ans d’une valeur de 41 millions $ (valeur annuelle moyenne de 5,13 millions $). Malgré le départ de nombreux amis et coéquipiers au fil des ans, il n’a jamais envisagé de quitter Edmonton de son propre gré.
« Au moment (de signer ce contrat), il n’y avait aucun doute dans ma tête que c’est ici que je voulais être, a-t-il confié. J’étais prêt à accepter n’importe quelle structure pour que ça fonctionne ici, et je n’ai jamais sérieusement pensé à partir.
« J’ai traversé beaucoup de journées sombres, j’ai vécu des difficultés, puis l’équipe a commencé à progresser. On construisait quelque chose et on se rapprochait d’une position où on aurait une chance de gagner, et je ne voulais pas quitter ça. »
Surnommé « le chouchou des entraîneurs » par l’attaquant Leon Draisaitl lors de la finale de l’Association de l’Ouest en 2024 contre les Stars de Dallas, Nugent-Hopkins a toujours été un bon élève, et ce, depuis son passage avec les Rebels de Red Deer dans la Ligue de hockey de l’Ouest.
À 17 ans, il a amassé 106 points (31 buts, 75 passes) en 69 matchs sous les ordres de l’entraîneur Jesse Wallin, aujourd’hui directeur du recrutement amateur chez les Red Wings de Detroit.
« Il n’y a jamais de problème avec lui, il est toujours prêt à apprendre et à écouter, a raconté Wallin. Il est motivé à s’améliorer et il se présente au travail chaque jour. Il aime jouer au hockey, et ça paraît. »
Wallin n’est pas surpris de voir Nugent-Hopkins atteindre le plateau des 1000 matchs dans la LNH après deux saisons complètes à Red Deer. Ce qui le surprend davantage, c’est qu’aucun autre joueur n’ait atteint ce plateau uniquement avec les Oilers.
Plus tôt cette saison, l’attaquant Adam Henrique est devenu le premier joueur à disputer un 1000e match dans la LNH alors qu’il portait l’uniforme des Oilers, mais la majeure partie de sa carrière s’est déroulée avec les Devils du New Jersey (455) et les Ducks d’Anaheim (435).
« J’ai grandi en étant partisan des Oilers dans les années 1980, et tu penses à des joueurs comme Wayne Gretzky, Mark Messier, Jari Kurri, Kevin Lowe, s’est souvenu Wallin. Tu regardais ces équipes-là, et maintenant, de voir Ryan jouer autant de matchs ici, c’est renversant, presque irréel.
« Quand une concession veut garder un joueur aussi longtemps et reconnaît sa valeur pour l’organisation, ça en dit long non seulement sur le joueur qu’il est, mais aussi sur la personne qu’il est. »



















