CULLEN BADGE DESCHAMBAULT

Le Repêchage 2026 de la LNH Upper Deck se tiendra les 26 et 27 juin au KeyBank Center de Buffalo. Le premier tour se tiendra le 26 juin (19 h HE; ESPN, ESPN+, SN, TVAS) tandis que les tours 2 à 7 auront lieu le 27 juin (11 h HE; NHLN, ESPN+, SN, SN1). LNH.com vous aide à vous préparer en vue de ce repêchage en vous offrant des profils des principaux espoirs admissibles à l'encan, grâce à des entrevues réalisées dans le cadre de la Séance d’évaluation des espoirs de la LNH (Combine) au KeyBank Center, qui s’est tenue du 1er au 6 juin.

BUFFALO – À plusieurs égards, la progression de Wyatt Cullen au cours des deux dernières saisons a été phénoménale. Il y a eu celle sur la glace, bien sûr, mais aussi celle qu’il a été possible de quantifier avec un ruban à mesurer.

Au printemps 2024, à son arrivée au sein du Programme de développement de l’équipe nationale (NTDP) de USA Hockey, Cullen faisait osciller la balance à 120 livres… et ne mesurait que 5 pieds 5 pouces.

Ça n’avait pas empêché l’entraîneur du programme, Nick Fohr, de déceler quelque chose de spécial chez ce joueur au gabarit qui ressortait du lot pour les mauvaises raisons.

« Pendant un match, quand on regardait Wyatt jouer, même avec son gabarit, il exerçait un impact immense sur le jeu », a indiqué Fohr au cours d’une entrevue téléphonique avec LNH.com.

À quelques semaines du repêchage de la LNH, Cullen s’est présenté à la Séance d’évaluation des espoirs de la LNH à 6 pieds 1 pouce et 183 livres. Cette poussée de croissance providentielle a permis à son jeu de passer à un autre niveau, et il se retrouve maintenant au 13e rang du classement final du Bureau central de dépistage de la LNH parmi les patineurs nord-américains. Il avait pourtant hérité de la cote de « C », celle d’un choix potentiel de quatrième ou cinquième tour, sur la liste préliminaire du mois d'octobre.

« Il y a tellement de choses qu’il réalisait à la fin de la saison qu’il était incapable de faire l’an dernier, a affirmé Fohr. Il n’était pas assez fort, il ne patinait pas assez vite, il était trop petit… Il est revenu au terme de l’été, et son corps était transformé. »

Une telle transformation en si peu de temps est toutefois venue avec quelques complications. Ses muscles et ses tendons n’ont pas grandi au même rythme que ses os, ce qui a entraîné une déchirure d’un fléchisseur de la hanche avant même le début de la saison. Cette blessure l’a tenu à l’écart du jeu jusqu’à la fin octobre, et à peine un mois plus tard, une autre blessure – différente, mais également liée à sa croissance fulgurante – l’a forcé à l’inactivité pendant un mois.

S’il a trouvé la situation très difficile, Cullen s’est toutefois retroussé les manches et s’est servi de cette pause forcée pour peaufiner certains éléments de son jeu.

« J’ai effectué plus de tirs que quiconque, a raconté Cullen à LNH.com au Combine. Je crois que je possède maintenant un très bon tir. J’ai aussi travaillé sur ma force physique, et sur plusieurs autres choses. Je ne pense pas que j’aurais eu le temps de faire tout cela si je n’avais pas été blessé. Ce fut donc un mal pour un bien. »

De l’aveu du principal intéressé, le plus grand défi avec des membres qui poussent à une vitesse folle a été d’adapter son coup de patin, qui n’était déjà pas l’une de ses forces – bien au contraire.

Il a donc mis les bouchées doubles, et les résultats ont été spectaculaires.

« En mars, nous avions un entraînement, et tout d’un coup, un joueur passe en coup de vent juste à côté de moi, a raconté Fohr. Je tourne la tête, et je demande : "Est-ce que c’était Wyatt?"

« La vitesse de Wyatt n’a jamais été l’une de ses forces, et le voilà qu’il patinait au moins aussi vite, sinon plus, que bien des joueurs de l’équipe. »

« C’est dommage que la saison n’ait pas duré un mois de plus, parce qu’il progressait à pas de géants, et ç’aurait donné à plus de gens la chance de le voir. Avec son nouveau corps et la vitesse nécessaire pour créer une séparation, qui s’ajoutent à sa vision et à sa manière de réfléchir sur la glace et de réussir des jeux, il est devenu un joueur très dangereux. »

Cullen, qui modèle son jeu sur celui de Jack Hughes et de James Hagens, aurait également bien aimé poursuivre sur sa lancée, lui qui a gagné en confiance et en assurance après être revenu au jeu pour de bon pendant le temps des Fêtes. À ses 12 derniers matchs de la saison, il a récolté 16 points (neuf buts, sept passes) en plus de décocher 38 tirs.

Il a ensuite été le meilleur joueur sur la glace dans la majorité de ses matchs au Championnat du monde des moins de 18 ans, où les États-Unis ont été éliminés en quarts de finale. Cullen a terminé le tournoi en tête des pointeurs de son équipe avec neuf points (trois buts, six passes) en six parties.

« Toute l’année, je savais que je pouvais jouer comme ça, il suffisait que mon corps me le permette, a affirmé Cullen. Je me sentais physiquement à 100 % pendant ce tournoi. Je pouvais jouer librement, sans me soucier d’une blessure ou de quelque chose du genre.

« La confiance est très importante pour moi. Quand je suis confiant sur la glace, je sais que je peux être très bon, et je n’aurai pas peur de commettre des erreurs. Je suis très calme dans les moments importants et dans les matchs où l’enjeu est grand. Je sais que je peux être le meilleur, ou l’un des meilleurs joueurs sur la glace. »

Avec l’aide de papa et de Sidney Crosby

Cullen va évoluer avec les Golden Gophers de l’Université du Minnesota la saison prochaine, où il va tenter de devenir encore plus gros et plus fort tout en peaufinant son jeu défensif. À titre de l’un des plus jeunes joueurs de sa cuvée – il ne fêtera ses 18 ans que le 8 septembre – il va affronter des joueurs qui auront parfois cinq ou six ans de plus que lui, ce qui devrait l’aider à progresser et à se préparer pour le hockey professionnel.

Pour ce faire, il pourra compter sur le soutien et les conseils du directeur du développement des joueurs de l’Université du Minnesota, nul autre que son père, Matt Cullen. Le paternel a disputé 1516 matchs de saison régulière dans la LNH, récoltant 731 points. Il a ajouté 58 points en 132 parties de séries éliminatoires et a soulevé la Coupe Stanley à trois reprises au cours de sa carrière : d’abord en 2006 avec les Hurricanes de la Caroline, puis deux fois avec les Penguins de Pittsburgh (2016 et 2017).

« Il m’a toujours encouragé, et je voulais être comme lui quand j’étais enfant, a souligné Wyatt. Il a été là pour me soutenir toute l’année, lui qui est déjà passé par une saison d’admissibilité au repêchage. Il m’aide énormément. Nous regardons mes vidéos ensemble tous les lundis, et il me donne beaucoup de trucs et de conseils. »

Wyatt Cullen 16x9

Adversaire de Matt dans les rangs mineurs, Fohr est bien placé pour voir que la pomme n’est pas tombée loin de l’arbre, qu’il s’agisse de Wyatt ou de ses frères. Brooks Cullen évoluera lui aussi avec les Golden Gophers la saison prochaine, et Joey Cullen est considéré comme l’un des plus beaux espoirs admissibles au repêchage de 2028.

« On peut assurément voir l’influence que le père a eue sur la manière de jouer de Wyatt, a mentionné Fohr. On voit les choses qui étaient très importantes aux yeux de Matt et qu’il voulait que ses enfants apprennent pour qu’ils se développent en tant que joueurs. »

Avoir un père qui évolue dans la LNH signifie que les rejetons ont eu un accès privilégié aux vestiaires de la LNH à un très jeune âge. Wyatt avait 11 ans lorsque son père a annoncé sa retraite, et il se souvient donc très bien de cette époque.

« Mes meilleurs souvenirs sont ceux que j’ai bâtis à Pittsburgh, a-t-il dit. Nous allions à l’école dans leur complexe d’entraînement, alors dès que l’école était terminée, nous pouvions aller dans le vestiaire avec des joueurs comme [Sidney] Crosby et [Evgeni] Malkin. C’était assez spécial de voir comment ils travaillaient et ce qu’ils faisaient chaque jour. »

Wyatt a révélé que Crosby était toujours en communication avec Matt, qui occupait jusqu’en avril dernier le poste de directeur du développement des joueurs des Penguins. Le numéro 87 lui a même prodigué des conseils par l’intermédiaire de son père.

« Il m’a dit que pendant mon année de repêchage, je devais garder la tête baissée et travailler sans relâche, a-t-il expliqué. Il va toujours y avoir des hauts et des bas, mais il faut continuer à travailler. Rien n’arrive pour rien, et une équipe va finir par me repêcher, que les choses se passent bien ou mal. »

Si cette mentalité a fonctionné pour l’un des meilleurs joueurs de l’histoire de la LNH, Wyatt n’a pas l’intention de la remettre en doute.