MORRISON BADGE DUCHARME

Le Repêchage 2026 de la LNH Upper Deck se tiendra les 26 et 27 juin au KeyBank Center de Buffalo. Le premier tour se tiendra le 26 juin (19 h HE; ESPN, ESPN+, SN, TVAS) tandis que les tours 2 à 7 auront lieu le 27 juin (11 h HE; NHLN, ESPN+, SN, SN1). LNH.com vous aide à vous préparer en vue de ce repêchage en vous offrant des profils des principaux espoirs admissibles à l'encan, grâce à des entrevues réalisées dans le cadre de la Séance d’évaluation des espoirs de la LNH (Combine) au KeyBank Center, qui s’est tenue du 1er au 6 juin.

La modification des règles de la NCAA, qui permettent maintenant aux joueurs de la Ligue canadienne de hockey de faire le saut vers les rangs universitaires américains, était sur toutes les lèvres à la Séance d’évaluation des espoirs de la LNH à Buffalo au début du mois de juin.

S’il fait de moins en moins de doute que les espoirs de qualité feront le saut, d’autres se demandent quel est le bon moment pour s’élancer sans nuire à leur développement.

Pour Charlie Morrison, le temps était venu. Après deux saisons passées dans la Ligue de hockey junior Maritimes Québec (LHJMQ) avec les Remparts de Québec, le défenseur de 6 pieds 4 pouces et 200 livres, qui est classé au 39e rang des espoirs nord-américains par le Bureau central de dépistage de la LNH, se joindra à l’Université du Connecticut la saison prochaine.

« Le plan original était de retourner à Québec et de jouer une saison de plus, mais il y a eu une ouverture à la suite du départ d’un joueur pour la LNH, a expliqué Morrison. Québec, c’est un endroit incroyable, que ce soit en raison des installations, des entraîneurs ou de l’équipe qu’ils sont en train de bâtir pour l’année prochaine, qui sera excellente. La décision n’a pas été facile, mais je pense que c’était mieux pour mon développement, parce que je veux jouer dans la LNH. »

Morrison aurait pu faire ce saut avec confiance s’il avait connu une saison typique dans la LHJMQ. Mais en raison d’une blessure à un poignet dont la guérison s’est étirée, il a été limité à 41 matchs, amassant 13 points (quatre buts, neuf passes).

« Ce n’était rien de grave, et je suis rétabli maintenant, a-t-il dit. Je pense que j’ai réussi à m’établir comme un joueur qui a une présence physique sur la glace. Je me suis assuré que les gars qui s’en viennent de mon côté savent qu’ils vont se faire frapper, qu’ils vont voir la rampe de près.  C’est mon style de jeu, en plus de bloquer des tirs, jouer en désavantage numérique, ce genre de choses. »

Chez les Remparts, on s’attendait à ce que Morrison soit de retour à Québec la saison prochaine en raison de ce faible nombre de matchs joués, mais aussi parce qu’on le voyait comme un joueur pour qui la prochaine saison serait un tremplin pour ajouter différentes habiletés à son arsenal, en particulier la prise de décision et l’aspect offensif de son jeu. La déception a donc été vive lorsqu’on a appris sa décision à la fin du mois d’avril.

« Charlie était très vert quand il est arrivé chez nous, puisqu’il n’avait pas joué à un niveau très élevé, a expliqué l’entraîneur-chef Éric Veilleux. Sa façon de jouer avec nous, je pense que c’est le style qu’il va avoir dans la Ligue nationale. Est-ce qu’il y a encore plus dans son cas? Peut-être. Je n’ai pas vu cela encore. Est-ce qu’il va pouvoir jouer en avantage numérique? Peut-être. L’année prochaine, il ne sera pas chez nous. Va-t-il évoluer sur le jeu de puissance à UConn? Peut-être. Si ça arrive, tant mieux. Ce sera à lui d’en tirer profit. Ce que je sais, c’est que chez nous, il était rendu à cette étape. »

C’est là que le dilemme repose pour tous les joueurs qui hésitent entre jouer une année de plus dans la LCH ou faire le saut dans la NCAA, dont Morrison. Réussira-t-il à se développer dans un calibre plus fort où il ne devrait pas – de son propre aveu – être parmi les joueurs les plus utilisés en début de saison, contrairement au temps de jeu qu’il aurait obtenu à Québec?

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Heureusement pour Morrison, l’entraîneur-chef des Huskies de UConn, Mike Cavanaugh, le voit développer ce potentiel offensif. Il compte employer Morrison de façon régulière en début de saison en plus de lui confier les missions en désavantage numérique avec l’équipe qui a atteint la finale de l’association Hockey East l’année dernière.

« Je pense qu’il y a un aspect offensif à son jeu que nous n’avons pas vu cette année parce qu’il était blessé, a expliqué Cavanaugh. S’il gagne en maturité et grandit comme joueur, je pense qu’il va produire plus souvent. C’est un gros bonhomme, et parfois, ça prend plus de temps aux gros bonshommes pour se développer.

« Dans le junior, les équipes jouent 70 ou 80 matchs, mais le rythme n’est pas le même que le nôtre, parce qu’on en joue 34. Le rythme de notre jeu est plus élevé, donc ça lui prendra peut-être un peu de temps à s’ajuster. »

Fort heureusement, Morrison a un atout dans sa poche. Malgré son fort gabarit, la fluidité de son coup de patin est excellente, ce qui devrait l’aider, explique le dépisteur du BCD Jean-François Damphousse.

« Il bouge très, très bien, et sa mobilité fait qu’il n’a aucun problème à défendre le jeu, a analysé le dépisteur. La rapidité d’exécution avec la rondelle, je pense que c’est là qu’il doit passer au prochain niveau. Je pense qu’il va être capable de s’adapter. Le côté positif, c’est qu’avec un nombre de matchs moins élevé, il pourra peut-être passer plus de temps dans le gymnase. »

Mais avant de penser à l’an prochain, il y a le repêchage de la LNH, et c’est pour ses qualités actuelles qu’une équipe de la LNH va le sélectionner. Des qualités qui sont particulièrement recherchées en séries éliminatoires.

« Peu importe l’équipe qui le repêche, elle va être fière et contente de l’avoir, a souligné Veilleux. Il a des atouts que peu de joueurs de hockey possèdent, surtout de nos jours. C’est quasiment un joueur de la vieille école. Il est tough, il peut faire mal, il peut jouer blessé, il n’a pas peur de se blesser, il peut bloquer des lancers, il va bien réagir face à l’adversité.  Ça, c’est Charlie Morrison. »