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TORONTO – Jim Hiller était ravi de recevoir un appel du directeur général John Chayka il y a quelques semaines à propos du poste vacant d'entraîneur-chef chez les Maple Leafs de Toronto.

Kathy Hiller n'a pas partagé son enthousiasme. Pas du tout.

« C'était qui? », a demandé Kathy après que son époux eut raccroché.

Jim lui a répondu.

« Oh, non, les médias! », a-t-elle répliqué, sachant ce qui les attendait dans la métropole canadienne.

Hiller a rigolé en repensant à ce souvenir mercredi pendant une conférence Zoom dans laquelle il a officiellement été présenté comme le 41e entraîneur des Maple Leafs. Après tout, il sait très bien ce que c'est de travailler sous les projecteurs de ce marché, dans la marée omniprésente de caméras et de microphones, ayant occupé le poste d'adjoint au sein du personnel de Mike Babcock chez les Maple Leafs entre 2015 et 2019.

« Je lui ai dit : "Non, je connais ces gens. J'ai vécu l'expérience. Ils sont tous de très bonnes personnes". »

Il aurait pu également parler des partisans, du moins à ce stade de sa carrière de hockey.

Dix ans plus tard, c'est toutefois une ère fort différente à Toronto. C'est une chose que devra comprendre Hiller – s'il ne le comprend pas déjà – alors qu'il remplacera Craig Berube.

En 2015, il n'y avait aucune attente pour cette organisation torontoise qui était au beau milieu d'une reconstruction axée sur ses choix de première ronde, William Nylander (8e au total en 2014) et Mitch Marner (4e en 2015). Les Maple Leafs ont terminé au dernier rang dans la LNH en 2015-16, puis ils ont remporté la loterie du repêchage, ce qui leur a permis de sélectionner Auston Matthews avec le premier choix.

À chacune des neuf saisons suivantes, Toronto s'est qualifié pour les séries éliminatoires de la Coupe Stanley. Hiller a fait partie du personnel pendant les trois premiers parcours, quand l'espoir renaissait aux yeux des partisans des Maple Leafs rêvant d'une époque où les jeunes piliers de l'équipe pourraient mettre fin à une disette de la Coupe Stanley qui remontait à 1967.

Comme nous le savons tous, ce n’est pas arrivé. Malgré ses succès constants en saison régulière, la talentueuse formation n'a remporté que deux séries au total entre 2016 et 2025 avant de rater le tournoi printanier cette saison, déclenchant un immense appel au changement et menant au congédiement de Berube.

Avec l'enthousiasme remplacé par le cynisme dans une ville frustrée par les échecs de l'équipe, un changement s'est finalement produit. Et tout un.

Les partisans ont vu leur vœu être exaucé de nombreuses façons.

Tout a commencé le 3 mai avec l'embauche de Chayka, qui n'avait occupé aucun poste dans l'état-major d'une équipe dans la LNH depuis sa démission à titre de DG et président des opérations hockey des Coyotes de l'Arizona le 26 juillet 2020. L'embauche de l'icône des Maple Leafs Mats Sundin comme conseiller senior aux opérations hockey a été mieux accueillie que celle de Chayka, bien qu'il y ait eu des questions soulevées quant au manque d'expérience de l'ancien capitaine des Maple Leafs en tant que dirigeant.

Lors des 45 jours suivants, le nouveau régime a déclenché un tourbillon d'activités.

Deux jours après l'embauche de Chayka et Sundin, les Maple Leafs ont remporté la loterie du repêchage 2026, ce qui fait en sorte qu’ils détiendront le premier choix au repêchage 2026 de la LNH Upper Deck, qui se tiendra les 26 et 27 juin au KeyBank Center de Buffalo. 

L'ailier de l'Université Penn State Gavin McKenna semble être le favori pour être sélectionné par Toronto, mais est-ce possible que Chayka, qui a déjà prouvé sa capacité à prendre des décisions audacieuses avec l'embauche de Hiller, puisse opter pour un autre joueur?

Berube a été congédié le 13 mai, une décision suivie par un remaniement au sein de la direction de l'équipe. La réorganisation de la formation s'est amorcée mardi, quand les Maple Leafs ont échangé le gardien Joseph Woll et le défenseur Simon Benoit aux Flyers de Philadelphie en retour du gardien Samuel Ersson, du défenseur Emil Andrae et d'un choix de troisième ronde en 2026.

La transaction en a fait sourciller quelques-uns, surtout parce que Woll était le gardien numéro un de l'équipe. Mais la décision a été basée en partie sur le rendement incroyable du gardien de 24 ans Artur Akhtyamov, qui a compilé une fiche de 14-6 avec une moyenne de buts alloués de 2,10 et un pourcentage d'arrêts de ,928 en 20 matchs des séries pour aider les Marlies de Toronto de la Ligue américaine de hockey à s’approcher à une victoire d'une conquête de la Coupe Calder. Les Maple Leafs ont également le vétéran Anthony Stolarz et le jeune Suédois Dennis Hildeby dans leurs rangs.

Chayka a juré de rebâtir la défensive des Maple Leafs en la rendant plus jeune et plus rapide. L'acquisition d'Andrae, 24 ans, en retour de Benoit, 27 ans, cadre avec sa vision.

Il faut être clair. Il y a beaucoup de risques dans cette transaction, même si les Maple Leafs, une équipe à la recherche de choix au repêchage, ont reçu un choix de troisième tour dans l'échange.

Dans son bref séjour aux commandes des Maple Leafs, Chayka a déjà montré qu'il ne se soucie pas de la perception du public. Il ne craint pas d'être audacieux. L'échange de Woll en est la preuve, tout comme l'embauche de Hiller.

L'accomplissement le plus important de Chayka pourrait être le fait qu'il n'y a eu aucune fuite d'information avant la transaction ou l'embauche de Hiller, quelque chose de très rare dans le marché torontois. Elliotte Friedman de Sportsnet a annoncé l'embauche de l’entraîneur sur les réseaux sociaux mercredi, mais ça s'est produit seulement trois minutes avant que les Maple Leafs l’annoncent officiellement.

Quoi qu'il en soit, avec des noms comme Patrick Roy, Joe Pavelski, Peter Laviolette (finalement embauché par les Kings de Los Angeles) et Jay Woodcroft circulant dans les rumeurs au cours du dernier mois, le nom de Hiller n'a jamais été mentionné par les médias avant mercredi matin – d'où la surprise chez les partisans, les journalistes et les autres membres du monde de hockey au moment de l'annonce.

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« Quand j'ai reçu la notification sur mon téléphone ce matin, j'étais pris au dépourvu », a admis Barry Trotz à LNH.com, mercredi après-midi. « Mais à mesure que j'y réfléchissais davantage, je n'étais pas vraiment surpris. »

En effet, alors que Trotz pensait à l'embauche qui a surpris beaucoup de personnes, elle est devenue plus logique pour lui.

Quand Trotz, aujourd'hui conseiller des Predators de Nashville, occupait le poste d'entraîneur-chef des Islanders de New York, Hiller a été un de ses adjoints entre 2019 et 2022. Pendant cette période, Trotz a appris à bien connaître les traits de la personnalité de Hiller, et il est convaincu que ceux-ci l’aideront pour son séjour à Toronto.

« Il a un esprit novateur, il s'intéresse davantage aux statistiques avancées, il est un bon entraîneur en avantage numérique, a noté Trotz. Et il est un bon communicateur avec une capacité exceptionnelle à tisser des liens avec ses joueurs, ce qui est une clé tellement importante pour un entraîneur d’aujourd'hui.

« En fin de journée, nous, les membres du personnel, tenions des séances à propos des transactions à travers la Ligue. Il ne craignait pas d'aborder un sujet ou d'offrir une perspective différente. Comme je l'ai dit, un esprit novateur. »

Trotz a affirmé que l'expérience que Hiller a acquise comme entraîneur des Kings, qui ont compilé une fiche de 93-58-24 en saison régulière sous ses ordres entre 2023 et 2026, l'aidera dans l'avenir.

« Les esprits novateurs apprennent de leurs erreurs, a dit Trotz. Ils connaissent plus de succès avec leur deuxième ou troisième équipe.

« Ayant déjà dirigé Matthews et Nylander, je crois que ça va l'aider aussi. »

Le fait que Hiller a déjà travaillé avec les deux joueurs sera un avantage. À ses trois dernières saisons chez les Maple Leafs, quand il s'occupait du jeu de puissance, Toronto a terminé au sein du top-10 en avantage numérique, alors que Nylander et Matthews occupaient des rôles importants.

Un autre avantage pour Hiller : les Kings ont terminé à égalité avec les Capitals de Washington au septième rang dans la LNH au chapitre des buts alloués cette saison (238), tandis que les Maple Leafs ont terminé à l'avant-dernier rang (295). Une meilleure structure défensive est une priorité pour Toronto.

Et finalement, il sait développer un premier choix comme celui que les Maple Leafs possèdent aujourd'hui, ayant aidé à diriger le développement de Matthews, il y a une décennie.

Il reste néanmoins plus de questions que de réponses concernant son embauche. Ce n'était pas la décision majeure à laquelle beaucoup de gens s'attendaient. Et il va certainement entendre des critiques si l'équipe connaît un lent départ, au grand dam de Kathy.

« J'ai dit à mon épouse, sans tenter de trop simplifier la chose, qu’on parle aux médias avant et après les matchs, a-t-il dit. Qu’il y ait trois micros ou 15 micros, trois caméras ou 15 caméras, tu dois répondre aux mêmes questions. Alors oui, c'est assurément un plus gros marché, un plus grand volume de médias, mais je crois que la manière dont tu l'abordes – ton rapport, ton honnêteté – ne change pas.

« Je sais que c'est un poste important et un gros marché, mais je ne pense pas que je devrai changer ma personne pour composer avec ça. »

En faisant une embauche aussi inattendue, c'est exactement sur cela que Chayka compte.

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