Roy Bourque Cup

Raymond Bourque a enfin un nouveau sujet à aborder avec Patrick Roy, son bon ami qui a été embauché samedi à titre d’entraîneur-chef des Islanders de New York. 

« Je texte Patrick fréquemment et il passait son temps à me dire : “Je m’en vais jouer au golf en Floride, mais si la bonne situation survient…”, a raconté Bourque lundi. Chaque fois qu’un entraîneur se faisait congédier, je le textais pour lui dire : “Bon, j’imagine que c’est maintenant que ça va se produire”. Mais ça ne se produisait pas. 

« Je ne pensais jamais que les Islanders allaient congédier leur entraîneur, alors c’est une nouvelle qui m’a surpris. Mais je suis très content pour Patrick. Il est un grand compétiteur et il est tellement passionné. »

Bourque était en Floride lundi pour regarder les moments forts du premier match de Roy avec les Islanders, une victoire de 3-2 en prolongation contre les Stars de Dallas dimanche.  

« Ils ont montré Patrick à l’entraînement matinal, à sa première journée, et je pouvais le voir sauter dans l’action aussitôt, a dit Bourque. Quand un entraîneur arrive au milieu d’une saison, c’est parfois une situation plutôt difficile. J’ai vu Patrick enseigner, encourager, crier durant l’entraînement matinal, puis je l’ai vu pendant le match s’animer d’un côté et de l’autre pour parler aux gars qui sortaient de la glace… c’est vraiment lui.  

« J’ai toujours pensé qu’il serait embauché dans une jeune équipe. Là, il a entre les mains une solide équipe dotée de bons vétérans et d’un bon noyau, avec lesquels il va être en mesure de travailler, d’un bon gardien et de très bonnes choses déjà mises en place. »

Natif de Montréal, Bourque est bien au fait de la place qu’occupe le hockey dans son patelin, et il s’attend à ce que l’ambiance soit survoltée jeudi, quand Roy, à son troisième match seulement à la barre des Islanders, fera un retour au Centre Bell derrière le banc des visiteurs. 

« Je pense que ça va être génial, a lancé Bourque. Les partisans des Canadiens et tout le monde au Québec vont souhaiter la bienvenue à Patrick et lui faire savoir qu’ils sont heureux de le voir être de retour dans la Ligue, peu importe l’endroit. 

« Patrick dans la LNH, quel que soit le rôle, est un plus pour la Ligue. En raison de son statut et de ses exploits à Montréal (deux conquêtes de la Coupe Stanley en 1986 et 1993), et en étant un Québécois, ils vont l’accueillir de belle façon et lui feront se sentir très, très spécial. Ça va être une belle soirée. »

Bourque a un lien unique avec Roy, leur amitié ayant d’abord été forgée sur les allées et les verts d'un terrain de golf de Montréal, puis en tant que gagnants de la Coupe Stanley avec l'Avalanche du Colorado en 2000-01.

« Il va apporter de la passion et une attitude gagnante aux Islanders, a soutenu Bourque. Patrick veut gagner. Il veut que tu joues avec hargne et avec passion. Il ne te demande pas de faire quelque chose qu’il ne faisait pas lui-même sans arrêt en tant que joueur. La responsabilité… fais de tes attentes personnelles celles de l’équipe. Ce n’est pas que les Islanders n’ont pas une bonne culture, je pense simplement qu’il va en apporter davantage à l’organisation à ce chapitre. »

Roy Bourque

Bouque et Roy font partie des légendes de hockey les plus populaires au Québec. Leur amitié est née en dehors de la glace avant même qu’ils deviennent coéquipiers avec l’Avalanche pour les 14 derniers matchs de la saison 1999-2000 et la suivante, dans laquelle Bourque a remporté cette Coupe Stanley qu’il convoitait depuis si longtemps. 

Il s’agissait du seul championnat de Bourque, du quatrième et dernier pour Roy, dans une saison où, selon le gardien, le titre qui avait échappé au défenseur étoile pendant ses 20 saisons avec les Bruins de Boston était la volonté résolue de l’équipe. 

« Toute l’expérience au Colorado a été sensationnelle, a noté Bourque. Patrick et moi passions tellement de temps ensemble. Nous n’avions jamais joué ensemble, mais nous nous connaissions parce que nous jouions au golf au même club à Montréal. On faisait toujours des blagues à propos du fait qu’on jouerait ensemble un jour, mais on pensait que ce serait à Boston ou à Montréal. Au lieu de ça, on a fini par se retrouver au Colorado. 

« Je passais le prendre pour chaque match, on se rendait ensemble à l’aéroport, on s’assoyait ensemble dans l’avion, on allait toujours souper ensemble. J’ai partagé tellement de bons moments avec Patrick. J’ai appris à le connaître comme coéquipier. J’étais témoin de sa préparation et de sa façon de s’occuper de ses affaires et pourquoi ça le rendait aussi dominant. Je voyais à quel point il était compétitif sur une base quotidienne, à l’entraînement comme dans les matchs. »

En 2001, Bourque était à une défaite d’arriver de nouveau à court dans sa quête d’une Coupe Stanley. Puis, dans le match no 6 contre les Devils du New Jersey, un match sans lendemain pour l’Avalanche, Roy a pris les choses en main.

« Nous étions en retard 3-2 dans la série avant ce match et Patrick était littéralement en feu lors des 10 premières minutes, s’est souvenu Bourque. Ils nous dominaient, mais il était prêt pour ce moment. Ça représente qui il est. Ça nous a permis de marquer le premier but et de nous mettre dans le match, de l’emporter 4-0 et de passer au match no 7 à domicile, qui s’est avéré être la grosse victoire me permettant de gagner la Coupe. »

Bourque se souvient d’avoir discuté avec Roy des aspirations de ce dernier à devenir entraîneur il y a une dizaine d’années, ce qui a mené à un séjour de trois saisons à la barre de l’Avalanche. Puis, ils ont reparlé récemment d’une prochaine occasion qui pourrait surgir. 

« Je pense qu’il est plus humble aujourd’hui, et c’est une question d’expérience, a dit Bourque. C’est comme un jeune joueur qui arrive en tant que recrue, qui apprend le métier, qui apprend comment les choses sont faites et comment elles devraient être faites et sur les façons de t’améliorer comme joueur ou entraîneur. 

« Patrick est un homme très intelligent. Et Lou (Lamoriello, le président des opérations hockey et directeur général des Islanders) l’est tout autant. Il connaissait Patrick en tant que joueur. Ils ont évidemment eu de très bonnes discussions avant que son embauche soit officialisée. Lou a pu voir davantage qui est Patrick et ce qu’il allait apporter. Je pense qu’ils vont former une excellente équipe. 

« Lou ne veut rien entendre de quelqu’un qui ne sera pas honnête ou qui ne dira pas vraiment ce qu’il pense. Quand je parle de Patrick, je dis : “Sois prêt. Quand tu lui poses une question, sois prêt pour la réponse. Il va être entièrement honnête et transparent parce qu’il est comme ça. 

« C’est un énorme avantage de travailler avec une personne comme ça, alors que tu peux savoir à quoi t’en tenir à tout moment. C’est de cette façon que ça doit fonctionner. Patrick ne retiendra aucune parole avec son DG, ses entraîneurs ou ses joueurs. Il va te dire ce qu’il pense. C’est Patrick Roy. »

Bourque va suivre avec énormément d’intérêt les faits et gestes de son vieil ami dans ses nouvelles fonctions. Et maintenant, il est heureux de savoir que leurs messages textes pourront prendre une tournure différente.

« Je l’ai encore texté ce matin, a-t-il dit en riant. Mais cette fois, c’était pour lui dire qu’il paraissait beaucoup mieux sans barbe et que ça me remettait en question à savoir si je devais raser la mienne. »

Photo principale : Raymond Bourque et Patrick Roy soulèvent la Coupe Stanley 2001, après avoir défait les Devils du New Jersey en sept matchs en finale

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