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BROSSARD - Shea Weber a demandé à ses coéquipiers de laisser leur égoïsme à la porte du vestiaire, à l'ouverture du camp d'entraînement des Canadiens de Montréal, lundi. En bon capitaine, il leur a vanté à grands traits les mérites de l'altruisme en ces temps de pandémie.

« C'est très important que les gars aient à cœur le bien-être des autres et que chacun voie à ce que son voisin fasse correctement les choses. Ce n'est pas le moment d'être chacun pour soi, mais d'être chacun pour tous », a déclaré Weber, à l'issue d'une première séance d'entraînement fort rythmée au Complexe sportif Bell de Brossard.

En arrêt de travail depuis le 12 mars, les joueurs sont de retour à la tâche à travers la LNH. Du moins, ceux des 24 équipes qui sont en lice pour l'obtention de la Coupe Stanley en vertu du plan de relance des activités de la LNH, selon lequel les premiers matchs sont prévus pour le 1er août. Les inquiétudes liées à la pandémie de coronavirus sont toutefois loin de s'être dissipées.

La première séance d'entraînement du Tricolore a été semblable dans son déroulement à toutes celles d'avant COVID-19, abstraction faite du personnel de soutien qui arborait des masques et des visières de protection aux abords de la surface glacée.

Les joueurs se sont donnés à fond, en ne se défilant devant aucun contact. La distanciation physique était un lointain concept, même entre les exercices et sur le banc des joueurs.

« Ça fait bizarre, a admis l'attaquant Paul Byron. Nous avons fait sur la glace tout ce qu'on nous dit d'éviter dans la vie de tous les jours depuis trois mois. C'est un retour à la normale pour nous sur la patinoire. »

Les Canadiens ne sont pas différents des autres équipes. Ils ne lésinent pas sur la sécurité des joueurs, qui peuvent donc s'entraîner librement, sans aucun souci. Ils doivent avoir confiance au protocole qu'on a mis en place et, surtout, ils doivent se faire confiance entre eux.

Ce n'est pas le moment pour personne de courir des risques inutiles à l'extérieur de la patinoire. On pouvait compter sur Weber pour passer le message à ses coéquipiers.

« C'est le gros bon sens. On demande aux gars de demeurer chez eux entre les séances d'entraînement », a mentionné le vétéran défenseur.

« Même si ça peut être tentant, les sorties dans les restaurants et les bars sont à proscrire. On a vu des éclosions de cas à Montréal récemment. »

Weber a dit que la responsabilité d'agir correctement incombe à tout un chacun.

« Nous ne sommes pas dans la ville bulle. Quand nous serons rendus à Toronto, plus personne n'ira à l'épicerie ou ailleurs où c'est possible d'être infecté. »

D'ici là, le temps n'est pas aux fanfaronnades.

« La santé et la carrière de coéquipiers sont en jeu », comme l'a noté Byron.

De l'entrain

Pour une première, l'équipe s'est entraînée avec beaucoup d'enthousiasme pendant presque une heure. Ce qui a beaucoup plu au capitaine.

« Les gars sont emballés par l'occasion qui se présente. Ça se voyait dans l'entrain qu'ils ont affiché à l'entraînement, a relevé Weber. Dans les discussions que j'ai eues avec eux au cours des derniers mois, je ressentais déjà leur enthousiasme.

« C'est une deuxième chance que nous voulons saisir, a-t-il renchéri. J'en suis à ma 15e saison dans la LNH et je réalise qu'on ne peut pas tenir pour acquise une participation aux séries éliminatoires. La route s'annonce longue et sinueuse, mais il faut l'emprunter et essayer d'aller le plus loin possible, à la suite de la saison difficile que nous avons connue. »

Weber, qui arbore déjà une barbe des séries qui ferait rougir Brent Burns des Sharks de San Jose, a laissé sa famille derrière, en Colombie-Britannique, afin de s'attaquer au défi.

« Les premières semaines seront difficiles parce que j'ai été avec mon épouse et les enfants 24 heures sur 24 pendant la pause. Heureusement que la technologie me permet de demeurer en contact avec eux. »