Nouvelle équipe, nouvel environnement, nouvelle association. Aucun problème pour Alex Barré-Boulet.
Le Québécois ne peut que dresser un bilan positif de sa première moitié de saison avec les Eagles du Colorado, dans la Ligue américaine. Fidèle à la constance qu’il affiche depuis le début de sa carrière dans les rangs professionnels, Barré-Boulet excelle offensivement. Voilà qu'il est le meilleur pointeur du club-école de l’Avalanche après 31 matchs, en vertu d’une récolte de 32 points.
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Mais en dépit de ses performances sur la glace, l’attaquant de 28 ans admet que la transition a été plus difficile qu’il ne l’imaginait.
« C’est la première fois que j’arrivais dans l’Ouest. Une nouvelle équipe, des nouveaux joueurs. Je ne connaissais pas mes coéquipiers », a lancé le natif de Montmagny au bout du fil dans une entrevue avec LNH.com. « J’ai eu besoin d’une petite période d’ajustements. Honnêtement, je croyais que ça allait être plus facile que ça.
« Mais j’ai retrouvé mon rythme depuis un mois. Je joue avec Jayson Megna, qui doit avoir environ 250 matchs d’expérience dans la LNH (204), et Tye Felhaber, que j’avais appris à connaître un peu à Syracuse. Nous avons une très bonne chimie en ce moment. »
Disons que la chimie opère plus que bien, même. Barré-Boulet s’est inscrit à la feuille de pointage dans chacun de ses neuf derniers matchs, une séquence au cours de laquelle il a récolté 16 points (quatre buts, 12 passes).
Les Eagles (21-7-1-2) occupent la deuxième rang dans la section Pacifique de la Ligue américaine, un point derrière le Reign d’Ontario (Kings de Los Angeles). Les succès de l’équipe reposent en partie sur la présence de plusieurs vétérans qui ont du millage, selon Barré-Boulet.
« On doit avoir facilement plus de 500 matchs d’expérience dans la LNH au sein de notre équipe, alors c’est sûr que ça aide, surtout dans les matchs serrés, a-t-il relevé. Mais nous avons également d’excellents jeunes. Je pense à Taylor Makar, le frère de Cale, qui joue du gros hockey pour nous. Je pense aussi à Danil Gushchin, qui était à San Jose l’an dernier.
« Nous avons beaucoup de talent. C’est probablement l’équipe la plus talentueuse pour laquelle j’ai joué. Il ne reste qu’à mettre les morceaux du casse-tête ensemble et à jouer de la bonne façon sur une base régulière, et nous allons être difficiles à battre. »
Après six saisons dans l’organisation du Lightning de Tampa Bay, entrecoupées d'un (très) bref passage à Seattle, et un séjour d’un an avec celle des Canadiens de Montréal, Barré-Boulet a accepté de relever un nouveau défi au Colorado.
Celui qui n’a jamais été repêché dans la LNH souligne que l’accueil qu’il a reçu l’a énormément aidé. Le capitaine des Eagles, Megna, l’a texté dès le moment où il a signé son contrat, le 4 juillet, pour prendre de ses nouvelles et savoir s’il avait besoin d’aide pour s’installer.
« Il m’a loué la deuxième maison qu’il possède ici, alors ç’a vraiment facilité la transition », a raconté Barré-Boulet, qui devait déménager avec sa femme et leurs deux enfants. « Disons juste que c’est une route un peu plus longue que pour aller à Syracuse ou à Laval! »
Jusqu’ici, Barré-Boulet n’a pas obtenu de rappel avec l’Avalanche, mais il garde bien en vie, au fond de ses pensées, l’espoir de bénéficier d’une nouvelle chance de se faire valoir dans la grande ligue. Il connaît toutefois son rôle et il savait, en acceptant l’offre du Colorado, qu’un poste avec l’Avalanche était loin d’être gagné.
« Je n’ai assurément pas fermé la porte à la Ligue nationale, a-t-il lancé. Je sais qu’ils ont des jeunes à faire jouer et qu’ils veulent voir ce qu’ils ont dans le corps. J’ai vécu l’envers de la médaille. J’ai été le jeune pour qui les rappels étaient peut-être plus faciles à l’occasion.
« Quand je leur ai parlé cet été, on m’a surtout parlé d’un rôle de profondeur, et j’étais tout à fait d’accord avec ce point de vue. Je vais être prêt s’ils ont besoin de moi, mais en même temps, à l’âge où je suis rendu, je ne serai pas fâché si je ne suis pas rappelé. »
Aucun regret
Barré-Boulet ne cache pas qu’il aurait aimé que son aventure avec le Rocket de Laval et les Canadiens se prolonge. Sauf que la réalité du monde du hockey étant ce qu’elle est, des décisions s’imposent parfois.
« Je savais quel aurait été mon rôle si j’avais choisi de revenir. Je sais que j’aurais été un peu 'coincé' à Laval, a-t-il expliqué. Ceci étant dit, je n’ai absolument rien contre Laval, j’ai eu du très bon temps là-bas. Je n’ai que du positif à dire sur le personnel d’entraîneurs, le staff ou mes coéquipiers.
« Si on m’avait offert un contrat similaire (à celui que j'avais signé), j’aurais été prêt à jouer au bon vétéran dans la Ligue américaine. Mais quand l’offre du Colorado est arrivée, c’était difficile de dire non. »
Barré-Boulet avait accepté un contrat d’un an à un volet avec les Canadiens en juillet 2024. Il s'était taillé un poste au terme du camp d'entraînement, mais il n’aura joué que deux matchs avec le Tricolore avant d’être soumis au ballottage dans le but d’être envoyé à Laval.
Malgré une saison dominante où il a terminé au premier rang des marqueurs du Rocket avec 63 points en 64 matchs, Barré-Boulet n’a finalement jamais revu l'occasion de faire ses preuves avec le CH.
« Est-ce que j’aurais aimé avoir une autre chance? C’est certain, a-t-il admis. J’ai joué deux matchs avec les Canadiens, dont le match d’ouverture contre les Maple Leafs. Disons que ça donnait le goût d’y retourner. D’un autre côté, je ne veux pas trop vivre dans le passé. Ils ont fait leur choix, ils avaient besoin que leurs jeunes obtiennent des matchs et c’est bien correct.
« L’an passé, avant Noël, j’y pensais davantage. J’étais un peu déçu et je pense que ça affectait mon rendement. Les choses allaient un peu moins bien à Laval à ce moment. Quand j’ai fait la paix avec la situation après Noël, en sachant que je ne retournerais probablement pas en haut, c’est là que ma saison a vraiment pris son envol. »
Le Québécois aura d’autres décisions à prendre dans un avenir rapproché, car il pourrait à nouveau devenir joueur autonome sans compensation le 1er juillet.
« Je ne sais pas trop où j’en suis par rapport à ça. Est-ce que je vise à rester dans la Ligue américaine? Est-ce que je reste ici pour une autre année? Est-ce que je pense à l’idée de l’Europe? Ce sont des choses dont je vais devoir jaser avec mon agent et, surtout, avec ma famille, a dit Barré-Boulet. Mes enfants grandissent, ils vont commencer l’école bientôt. Il va falloir que j’aie de la stabilité à un certain moment. »


















