TexChapeauChaumontLNH080126

MONTRÉAL – Alexandre Texier avait lu dans l’avenir. « Bon travail, les gars, nous referons la même chose demain. »

Texier avait fait cette déclaration en enfilant le chapeau du loup, cadeau qu’on remet au joueur du match dans le vestiaire de l’équipe après une victoire.

Phillip Danault, qui avait hérité de ce trophée poilu après le match contre les Stars à Dallas, l’avait redonné au numéro 85 après le triomphe de 4-1 face aux Flames de Calgary.

Au lendemain de son premier match de trois points dans la LNH (un but, deux passes), le Français a poursuivi sur sa lancée avec une autre soirée de trois points, mais cette fois, c’était encore plus magique avec trois buts. Les Canadiens ont ainsi signé un troisième gain d’affilée en l’emportant 6-2 contre les Panthers de la Floride, jeudi, au Centre Bell.

« Je n’aurais pas pensé connaître un tel match, a répliqué Texier lorsque questionné sur son court discours avec le chapeau de loup sur sa tête. Tu ne t’attends jamais à ça. Mais collectivement, nous avons joué de la bonne façon contre les Panthers. Il n’y a pas que moi. Nous sommes heureux. »

Encerclé par une dizaine de journalistes après un deuxième match de trois points et un deuxième match où il a hérité du titre de première étoile devant les partisans montréalais, Texier faisait tout pour garder les deux pieds sur terre.

« Je suis heureux de la victoire, a-t-il mentionné. Mais je dois faire ça match après match. Ce n’est pas la fin du monde. Je suis content de moi, mais je dois passer à autre chose et refaire ça. »

Auteur d’un premier but contre Sergei Bobrovsky en deuxième période grâce à une passe précise d’Alexandre Carrier, Texier a marqué ses deux autres buts en troisième période. L’ailier de 26 ans a complété son tour du chapeau avec seulement 51 secondes à jouer au match. Il a frappé au vol une rondelle que venait de bloquer Bobrovsky et qui a ensuite bondi sur le casque de Samuel Blais.

« Nous étions tous très excités pour lui, a affirmé le capitaine Nick Suzuki. Il venait de réaliser un jeu incroyable pour marquer son troisième but. Veleno a décoché un tir vers le filet, la rondelle a touché à la tête de ‘Blaser’ (Blais) et elle a fini par rebondir devant Tex. Quand tu es en feu, tu reçois de bons bonds. »

FLA@MTL: Texier frappe au vol et complète son triplé

Immédiatement après son troisième but, Texier a vu une pluie de casquettes tomber sur la glace. Cole Caufield a récupéré l’une d’elles pour l’offrir en cadeau à son partenaire au sein du premier trio.

« Je pense que je la garderai chez moi comme souvenir, cette casquette », a lancé Texier en souriant.

À ses 260 premiers matchs dans la LNH, Texier n’avait jamais connu une rencontre de trois points. En deux soirs, face aux Flames et aux Stars, il a guidé l’attaque des siens avec six points (quatre buts, deux passes).

« Je la place dans le top (cette semaine), a-t-il répliqué. Comme je le dis, je me sens heureux ici à Montréal. Quand je suis heureux en dehors et sur la glace, je ne pense pas trop. Je m’amuse et je joue mon jeu. C’est ce qui se passe en ce moment. »

En conférence de presse après le match, Martin St-Louis a louangé le travail de son attaquant.

« Tex joue la game en avant de lui et il a tous les outils pour faire ce que son cerveau lui dit, a expliqué St-Louis. Son cerveau est assez élevé. Il ne cherche pas à réinventer de nouvelles choses. Il a une occasion présentement de jouer avec de bons joueurs (Suzuki et Caufield). Il saisit cette chance et il avance. »

Avec un côté pragmatique, St-Louis a également rappelé que l’échantillon restait mince pour Texier. Le CH ne criera pas immédiatement victoire pour le numéro 85.

« Ce n’est pas la première fois qu’un joueur change d’environnement et qu’il part, a-t-il dit. C’est encore un petit échantillon. Mais nous sommes heureux de cet échantillon. Il a traversé des obstacles. Il est encore un jeune joueur et il est talentueux. »

De l’amour pour Montembeault

Samuel Montembeault a décroché une troisième victoire en trois départs depuis son retour de son programme de remise en forme avec le Rocket de Laval.

Le Québécois a bloqué 25 tirs face aux Panthers. Les partisans du CH lui ont redonné un brin d’amour en scandant à plusieurs reprises des « Monty, Monty, Monty ». Ils l’ont même fait quelques secondes après le mauvais but accordé à Sam Bennett, après une sortie ratée derrière le filet.

EN PROLONGATION

Le chiffre du match: 16:06

C’est le nombre de minutes qui ont séparé deux tirs des Canadiens entre la fin de la première période et le milieu de la deuxième. Ironiquement, ces deux tirs ont été des buts – celui de Kapanen et le premier de Texier.

Kapanen, comme au baseball

Oliver Kapanen a choisi une belle façon d’inscrire son 15e but de la saison, et d’accentuer son avance au chapitre des buts chez les recrues de la LNH.

L’attaquant finlandais a foncé au filet pour frapper la rondelle au vol, inscrivant son troisième but en autant de matchs. Il a aussi amassé deux mentions d’aide.

« Je sais que les buts se marquent au filet, a souligné le principal intéressé. J’aime me poster là, créer du chaos et trouver les espaces libres. Je fais ça depuis que je suis jeune. J’ai toujours aimé marquer des buts et aller dans ces endroits. Il suffit de lire le jeu et de profiter des bonds. »

FLA@MTL: Kapanen frappe le disque au vol pour marquer

L’endurance de Matheson

Ce n’est pas un secret. Mike Matheson a de gros poumons et il ne se fatigue jamais. En première période, le numéro 8 a passé la moitié de la période (9:50) sur la glace. St-Louis a une stratégie assez simple avec lui en infériorité numérique: le garder sur la glace pour la majorité des deux minutes.

Il a joué 5:26 des six minutes d’infériorité numérique du Tricolore. Il a conclu la soirée avec un temps de jeu de 26:25, un sommet chez le Tricolore. En plus de son jeu défensif irréprochable, le Montréalais a obtenu deux passes, une sur le but de Dobson et une autre sur le deuxième de Texier.

« Je retire une fierté de mon jeu en désavantage numérique, a mentionné Matheson. C’est une grosse partie d’un match. On me confie un rôle important et je veux bien le faire. »

Slaf, sans même tirer

Juraj Slafkovsky a manqué plus d’une fois une chance de marquer dans un filet désert cette saison. Avant la visite des Panthers, le Slovaque avait obtenu un but dans une cage abandonnée. Il a réussi son deuxième de la saison jeudi soir, mais il y est arrivé sans même décocher un tir. Carter Verhaeghe a brisé son bâton en lui assenant un bon coup, et les arbitres lui ont donc décerné automatiquement un but.

« J’ai de la misère quand il n’y a pas de gardien, a-t-il répliqué le gros ailier. C’est bizarre de voir que je finis le match avec un but, mais aucun tir au filet. Je le prends. Mais c’était une situation assez comique. »

• Avec la collaboration de Guillaume Lepage, journaliste principal LNH.com