Olympiques: La décision de la LNH basée sur la propagation de la COVID-19
La ligue avait l'intention de tenir sa promesse aux joueurs, mais les priorités demeurent la santé, la sécurité et compléter la saison régulière

© Lintao Zhang/Getty Images
L'annonce effectuée par la LNH mercredi n'a rien à voir avec ses réserves de longue date concernant sa participation aux Jeux olympiques. La ligue avait vraiment l'intention de tenir sa promesse faite aux joueurs dans le cadre de la négociation de la convention collective l'an dernier, et elle a encore l'intention de participer aux Jeux olympiques de Milan/Cortina d'Ampezzo 2026.
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« La Ligue nationale de hockey respecte et admire le désir des joueurs de la LNH de représenter leur pays dans un tournoi mettant aux prises les meilleurs joueurs au monde. Par conséquent, nous avons attendu le plus longtemps possible avant de prendre cette décision afin d'explorer toutes les options qui auraient permis à nos joueurs de participer aux Jeux olympiques d'hiver 2022 », a déclaré le commissaire de la LNH Gary Bettman. »
Malheureusement, en raison de l'importante perturbation qu'a subie le calendrier de la saison régulière de la LNH en raison des récents événements liés à la COVID -- 50 matchs ont déjà été reportés en date du 23 décembre - la participation aux Jeux olympiques n'est plus possible.
Le commissaire Bettman a toutefois précisé que : « Les les circonstances actuelles font en sorte qu'il est impossible pour nous d'aller de l'avant malgré les efforts soutenus de tout le monde. Nous nous tournons vers une participation aux Jeux de 2026. »
La promesse de la LNH faite aux joueurs a toujours été conditionnelle à ce que la COVID-19 ne vienne pas perturber la saison régulière, ce qui est sans aucun doute le cas en ce moment.
Plusieurs joueurs, entraîneurs et membres du personnel ont reçu des résultats de tests positifs un peu partout dans la LNH. Cinquante matchs ont été reportés, dont 32 cette semaine. Le commissaire Bettman a indiqué que la ligue allait utiliser la période du 6 au 22 février, initialement réservée pour les Jeux de Pékin, afin de « remettre les matchs qui ont été remis, ou qui pourraient l'être ».
La LNH a travaillé de concert avec l'Association des joueurs de la LNH tout au long de ce processus.
« Les joueurs et les partisans de hockey sont évidemment très déçus, a noté le directeur exécutif de l'AJLNH Don Fehr. Néanmoins, disputer une saison complète de 82 matchs cette saison, une chose que nous n'avons pu réaliser depuis 2018-19 en raison de la pandémie, est très important. Nous nous attendons à ce que les joueurs de la LNH retournent aux Jeux olympiques en 2026. »
Néanmoins, la réalité ne peut être ignorée : une participation aux Jeux olympiques de Pékin 2022 n'aurait pas représenté l'expérience dont les joueurs rêvaient, et aurait comporté des risques importants.
Les protocoles liés à la COVID-19 étaient encore incertains jusqu'à la semaine dernière, alors que le Comité international olympique, le Comité international paralympique et le Comité organisateur des Jeux de Pékin ont publié une mise à jour de 84 pages de directives.
Les Jeux olympiques doivent être une compétition où les meilleurs affrontent les meilleurs, et où règnent la fierté nationale et le spectacle à grand déploiement. Surtout à un endroit comme Pékin pour les Européens et les Nord-Américains, qui veulent voir un nouvel endroit, rencontrer de nouvelles personnes et partager cette expérience avec les êtres aimés.
À Pékin cependant, les joueurs, les entraîneurs et les membres du personnel auraient été confinés à l'intérieur de ce que les directives qualifiaient de « boucle fermée » -- en d'autres mots, une bulle séparée du reste de la ville. Ils auraient été soumis en tout temps à des tests, à une surveillance, au port du masque et à la distanciation physique. Leur famille et leurs amis n'auraient pu se joindre à eux. Les seuls spectateurs auraient été des Chinois assujettis à des protocoles.
La vaste majorité des joueurs auraient tout de même accepté de jouer dans ces conditions. Ils ont déjà accepté différents degrés de restrictions afin de jouer dans la LNH au cours de la pandémie, et il continue à le faire. La LNH et l'AJLNH ont adopté des protocoles rehaussés samedi.
Mais il y a plus que ça. Le variant omicron du virus qui cause la COVID-19 se propage à grande vitesse partout sur la planète, ce qui augmente les chances pour un joueur d'être infecté, et ainsi d'obtenir un résultat de test positif, aux Jeux olympiques, ce qui entraînerait les étapes suivantes :
Si le participant est asymptomatique, il doit demeurer dans un complexe d'isolement jusqu'à ce qu'il reçoive deux résultats de tests négatifs en l'espace de 24 heures.
S'il est symptomatique, il doit demeurer dans un hôpital jusqu'à ce que sa température revienne à la normale pendant trois jours de suite, que ses symptômes respiratoires s'améliorent de manière importante, que son imagerie des poumons s'améliore de manière importante, qu'il reçoive deux résultats de tests négatifs en l'espace de 24 heures, et qu'il ne montre aucun autre symptôme.
Son statut est ensuite déterminé par un « Panel d'experts médicaux » de 20 membres, provenant des Centres de contrôle et de prévention des maladies de Chine et de Pékin, ainsi que de cinq experts internationaux du CIO, du CIP et des fédérations sportives.
« Nous voulons attirer votre attention sur le fait que les risques et les impacts pourraient ne pas être totalement éliminés, et que vous acceptez de participer aux Jeux olympiques et paralympiques d'hiver à vos propres risques », est-il écrit à la page 82 des directives.
Les joueurs de la LNH ont participé à cinq olympiades de suite entre 1998 et 2014, avant de faire l'impasse sur Pyeongchang en 2018.
En se fondant sur son expérience, la LNH a le sentiment que de mettre sa saison sur pause afin que les joueurs puissent participer au tournoi de quelqu'un d'autre est plus dommageable que profitable, surtout lorsque les Jeux olympiques ne sont pas tenus en Amérique du Nord. Les joueurs sont en désaccord et accordent beaucoup d'importance à une participation aux Jeux olympiques.
Le problème ne réside toutefois plus là en ce moment. Le nœud du problème se situe ici :
La LNH est le gagne-pain des joueurs et de plusieurs autres personnes qui travaillent au sein de la ligue ou qui gravitent autour d'elle. Ce gagne-pain doit passer en premier.
La propagation de la COVID-19 dans la population en général est hors du contrôle de la LNH. Tout comme la réponse des gouvernements du Canada, des États-Unis ou de la Chine.
Le risque d'obtenir un résultat de test positif et de devoir se rendre dans un complexe d'isolement ou un hôpital à l'autre bout de la plante pour une période indéterminée, sous les soins et le contrôle d'un panel avec lequel nous ne sommes pas familiers, n'en vaut pas la chandelle.
Même si les joueurs tiennent mordicus à participer aux Jeux olympiques, la priorité doit continuer d'être la santé, la sécurité et la saison de la LNH. Notre espoir est que la pandémie va se terminer un jour, et qu'elle ne représentera pas un problème en 2026.

















