TAMPA – Dans un autre contexte, la nouvelle annoncée par Jon Cooper à la veille du premier match de la série face aux Canadiens de Montréal aurait eu l’effet d’une bombe.
Le pilote du Lightning de Tampa Bay a confirmé que Victor Hedman ne pourra pas aider les siens pour le début du tournoi printanier. Le capitaine, l’une des pièces centrales des récentes conquêtes de l’équipe, a recommencé à patiner, mais son retour au jeu ne semble pas imminent.
« Il sera dans l’entourage de l’équipe, mais il n’est probablement pas disponible en ce moment », a lancé Cooper dans une salle bondée de journalistes montréalais.
Le grand Suédois a quitté le Lightning pour des raisons personnelles à la fin du mois de mars, et son nom est depuis inscrit sur la liste des blessés à long terme. Le trou qu’il laisse à la ligne bleue est béant, et celui qu’il laisse à l’extérieur de la glace l’est tout autant.
« Il signifie tout pour cette organisation, juste de la façon dont il joue, dont il se comporte dans la vie de tous les jours, a vanté le vétéran Ryan McDonagh. Ce sera un défi de jouer en séries sans lui, et c’est la même chose pour toutes les équipes qui doivent composer avec des blessés à ce temps de l’année.
« Victor fait ce qu’il peut pour rester autour de l’équipe autant que possible, et soutenir le groupe comme il le peut, même s’il n’est pas avec nous autant qu’à l’habitude. »
Son absence entraînera sans doute des répercussions sur le reste des troupes, mais pas autant que si c’était survenu dans les dernières années. Ce n’est assurément pas l’idéal, mais on peut dire que la formation floridienne est désormais habituée à se débrouiller sans les services de son général.
Ennuyé par les blessures tout au long de la saison, Hedman a été limité à seulement 33 matchs – de loin son plus bas total en carrière. Et il n’est pas le seul à avoir dû s’absenter au cours de cette éprouvante campagne : le Lightning a dû faire appel à pas moins de 12 défenseurs différents.
Ça n’a donc rien de nouveau. Pour les hommes de Cooper, c’est même la routine.
« Je crois que c’est l’année au cours de laquelle on a utilisé le plus de défenseurs depuis mon arrivée en poste, a souligné l’entraîneur. C’est un défi parce que ça affecte la chimie entre les partenaires. Ç’a nécessité beaucoup d’essais-erreurs pour permettre aux gars de connaître du succès.
« Mais la clé dans tout ça, c’est que les joueurs ont tous acheté le plan. Et notre brigade se bat très, très fort. Quand tu as ce trait de caractère, ça aide à tenir le coup. »
Aidé par Andrei Vasilevskiy, bien évidemment, le Lightning a fait plus que tenir le coup : malgré toutes les blessures, il a tout de même maintenu le troisième meilleur rendement défensif de la LNH.
Une profondeur essentielle
L’histoire sera peut-être différente en séries. Les 170 matchs d’expérience et les deux conquêtes de la Coupe Stanley que cumule Hedman n’auraient sans doute pas nui à naviguer à travers les aléas d’un parcours éliminatoire.
Le Lightning compte sur de vieux sages en McDonagh (196) et Erik Cernak (84), mais le reste de la brigade reste largement inexpérimenté. Darren Raddysh (13) vient ensuite, tandis qu’Emil Lilleberg (10), J.J. Moser (5) et Charle-Édouard d’Astous (0) ferment la marche.
Leur mentalité devra rester identique, même si l’enjeu sera décuplé.
« Tous les gars qui ont été rappelés cette saison ont joué dans leur identité, a observé l’attaquant Yanni Gourde. Quand les jeunes étaient dans la formation, ils n’essayaient pas de remplacer quelqu’un. Ils jouaient leur rôle, à leur manière, et ça leur a donné confiance. On a beaucoup de profondeur à la défense, et on l’a vu cette année. »
Elle a été essentielle aux succès de l’équipe, qui a gardé le cap malgré vents et marées. Raddysh a même poussé la note encore plus loin.
« Je ne crois pas que nous serions ici sans eux », a-t-il conclu.


















