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BUFFALO — Même dans les moments les plus difficiles, Rasmus Dahlin et Tage Thompson ont toujours cru qu’il finirait par y avoir des jours meilleurs chez les Sabres de Buffalo.

Et maintenant, enfin, les deux vétérans pourront vivre eux-mêmes ces moments plus agréables, alors qu’ils s’apprêtent à disputer leurs premières séries éliminatoires de la Coupe Stanley en carrière et les premières de l’équipe depuis 2011. Buffalo recevra les Bruins de Boston à l’occasion du premier match de sa série de premier tour dans l’Association de l’Est, dimanche, au KeyBank Center.

« Nous avons connu des jours sombres, il y a eu pas mal de discussions à ce sujet au fil des ans, mais nous savions qu’un jour, les choses allaient changer, a déclaré Dahlin, le capitaine des Sabres. Nous savions qu’il fallait travailler d’arrache-pied tous les jours pour que ça finisse par fonctionner et par arriver. Il ne faut pas se contenter de vivre toute une carrière sans que les choses changent, alors nous savions qu’éventuellement, ça allait changer. Il y a tellement de talent ici et c’est ça qui nous permettait d’espérer. »

Dahlin, le meilleur défenseur des Sabres, et Thompson, leur meilleur joueur de centre, sont les joueurs de la formation actuelle qui ont le plus d’ancienneté à Buffalo puisqu’ils en sont chacun à leur huitième saison. Les Sabres ont sélectionné Dahlin au tout premier rang du repêchage 2018 de la LNH et, un peu plus d’une semaine plus tard, ils ont fait l’acquisition de Thompson dans le cadre d’une transaction avec les Blues de St. Louis en retour du joueur de centre Ryan O’Reilly. (Ukko-Pekka Luukkonen a rejoint les rangs de l’organisation plus tôt, l’équipe l’ayant réclamé lors du repêchage 2017, mais le gardien a disputé ses premiers matchs avec les Sabres en 2020-21 seulement, ce qui fait qu’il en est à sa sixième campagne.)

Dahlin et Thompson ont passé à travers six séries de défaites d’au moins sept matchs, y compris une disette de 13 rencontres la saison dernière et une autre de 18 affrontements en 2020-21. À quelques occasions, ils ont été en position d’accéder aux séries vers la mi-saison pour ensuite voir cette perspective leur échapper, l’équipe glissant ensuite jusque dans le dernier tiers du classement général.

Lindy Ruff est le quatrième entraîneur qu’ils ont vu diriger l’équipe au fil de leurs huit saisons. Jarmo Kekalainen, qui a remplacé Kevyn Adams au poste de directeur général le 15 décembre, est leur troisième DG.

« Il y a eu bien des années de doutes et de négativité, de hockey sans plaisir, a affirmé Thompson, un adjoint au capitaine. Et chaque fois que tu laisses le négatif avoir le dessus, ç’a un effet boule de neige, ça grossit et ça devient difficile de s’en défaire. ‘Dahls’ et moi, ce dont nous avons beaucoup discuté, c’est la capacité que nous avions dans ce vestiaire à changer les choses et à trouver une façon de revenir dans les séries. »

Les Sabres ont officiellement décroché leur place en séries éliminatoires le 4 avril, venant ainsi mettre fin à une disette de 14 saisons, un record de la LNH. Ils se sont ensuite assurés du premier rang dans la section Atlantique, ainsi que de la deuxième place dans l’Association de l’Est, le 13 avril.

« Ça n’a pas été facile, mais je peux juste dire que Tage le mérite tellement, a déclaré Dahlin. Il y a tellement eu de hauts et de bas et tellement d’années difficiles, mais nous y sommes enfin arrivés. C’est un sentiment irréel d’être des séries éliminatoires en ce moment. »

Les Sabres se sont retrouvés en quelque sorte à la croisée des chemins au début du mois de décembre. Ils venaient de subir deux défaites de suite au début d’un séjour de six matchs sur la route, pour un total de quatre revers à leurs six sorties précédentes dans l’ensemble. À ce moment-là, ils n’avaient jamais signé plus de deux victoires consécutives.

Le groupe de leadership – qui comprend aussi l’attaquant Alex Tuch ainsi que le défenseur Mattias Samuelsson, tous deux des adjoints au capitaine – est allé souper ensemble la veille du match du 8 décembre contre les Flames de Calgary afin de discuter des façons qui permettraient à l’équipe de revenir sur la bonne voie et d’y rester.

Ils se sont inclinés 7-4 devant Calgary, ce qui leur donnait une fiche de 11-14-4.

Mais c’est le lendemain soir que les choses ont commencé à changer. Tuch a marqué après 33 secondes de jeu en prolongation pour procurer une victoire de 4-3 aux Sabres contre les Oilers d’Edmonton. Buffalo avait pris les devants 3-0 après deux périodes de jeu et Edmonton est venu de l’arrière en troisième, inscrivant le filet égalisateur avec deux secondes à faire.

BUF@EDM: Tuch donne la victoire aux Sabres

Ç’a été là la première victoire d’une série de 10, séquence qui a égalé la plus longue du genre dans l’histoire des Sabres. Ç’a aussi servi de tremplin pour un parcours de 39-9-5 jusqu’à la fin de la saison régulière, Buffalo récoltant alors 83 points au classement et affichant un pourcentage de points de ,783, des sommets dans la LNH durant cette période.

« Nous savions que ce n’était qu’une question de temps, que si nous faisions les choses de la bonne façon et que nous travaillions avec ardeur, ça nous mènerait loin, a affirmé Thompson. Évidemment, le groupe que nous avons ici est extrêmement facile à diriger. Les gars sont tellement affamés, ils veulent tellement faire mieux et gagner. Ça fait en sorte que tout le monde cherche à réaliser le même objectif. Le groupe a rendu notre tâche vraiment facile. »

Les Sabres avaient entendu parler de la passion des partisans et ils en ont été témoins lorsque leur série de succès s’est poursuivie. Dix-huit matchs de suite ont été disputés à guichets fermés au KeyBank Center du 15 janvier jusqu’au dernier match du calendrier régulier, le 15 avril, et ce niveau d’énergie a dynamisé les joueurs.

« J’ai entendu dire pendant de nombreuses années – et je le vois maintenant aussi – que Buffalo est une ville de hockey, a noté Dahlin. J’ai entendu des histoires au sujet du Aud (Buffalo Memorial Auditorium) et de l’époque où l’équipe participait aux séries. Je suis certain que ça va être une ambiance folle (dimanche). »

« Je ne sais pas trop à quoi m’attendre, pour être bien honnête, a pour sa part dit Thompson. Je sais qu’on en parle beaucoup. Avec cette séquence de matchs où les gradins étaient remplis, ç’a été électrique, et on me dit que ça va être encore mieux. »

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