D'ailleurs, ça ne plaira sûrement pas aux amateurs du Tricolore, mais je dois avouer que Pacioretty me surprend beaucoup par la manière dont il s'implique et dont il produit depuis le début des séries. Il a souvent été critiqué parce qu'il se faisait discret dans les moments importants à Montréal, mais j'ai l'impression que le style de jeu de l'Association de l'Ouest lui convient davantage.
C'est un peu moins rapide, c'est plus physique et il y a davantage de temps et d'espace. C'est payant pour lui. Même si je suis convaincu qu'il s'ennuie de Montréal, je suis certain qu'il se pince chaque jour quand il regarde ses deux compagnons de trio.
Un autre qui doit se pincer régulièrement, c'est Gerard Gallant en regardant ses deux premiers trios. On le voit, la défensive des Sharks en arrache face à la force de frappe des Golden Knights. C'est plus difficile pour Erik Karlsson et pour Brent Burns et c'est tout un casse-tête pour Peter DeBoer. S'il choisit d'envoyer ses meilleurs arrières contre le trio de Marchessault, celui de Stastny peut lui faire mal et vice-versa.
Rien n'est cependant terminé et les Sharks ont une assez bonne équipe pour revenir dans la série, mais cet énorme monstre à deux têtes représente tout un défi.
L'apport du quatrième trio
Si les deux trios de pointe mènent l'équipe offensivement, il ne faut pas non plus oublier de rendre hommage aux employés de soutien des Golden Knights qui fatiguent toujours plus l'adversaire avec son échec-avant et son jeu très physique.
Le trio de Ryan Reaves, William Carrier et Pierre-Édouard Bellemare travaille sans relâche et frappe tout ce qui bouge. Parfois, le jeu physique ne rapporte pas immédiatement, mais dans une série qui peut se rendre à sept matchs, c'est fatigant à la longue - surtout contre un gars comme Reaves.
C'est important d'avoir des joueurs qui ont des rôles prédéfinis et le quatrième trio connaît bien sa mission et il la remplit à merveille. Les joueurs des Sharks n'aiment pas ça et ça finit par donner de l'espace aux joueurs vedettes qui peuvent ensuite s'exprimer. Burns en a eu plein les bottines et Karlsson avait l'air d'un défenseur qui a hâte de retourner jouer dans l'Est où le style de jeu est un peu moins robuste.
Seul bémol, les joueurs ne doivent pas se laisser emporter par l'émotion et frapper selon les règles de l'art. C'est vrai qu'en séries, tu frappes pour faire mal à l'adversaire, mais plusieurs joueurs jouent sur la limite depuis le début du tournoi printanier.
On aime le jeu physique et c'est ce qui ajoute à l'intensité des séries, mais il ne faut pas que les coups à la tête deviennent une habitude.
Le Département de la sécurité des joueurs a envoyé un message clair à toute la Ligue avec les suspensions à Nazem Kadri et à Joe Thornton lundi.