Leo Carlsson ANA

Leo Carlsson ne peut s’en empêcher. Comme beaucoup d’autres partisans de hockey, le joueur de centre des Ducks d’Anaheim jette régulièrement un œil au classement des pointeurs de la LNH.

Il lutte pour grimper au classement avec certains des plus grands noms du hockey ainsi qu’avec deux autres jeunes centres : Connor Bedard, des Blackhawks de Chicago, et Macklin Celebrini, des Sharks de San Jose.

« Honnêtement, c’est difficile à manquer », a lancé Carlsson.

Ce dernier compte 26 points (11 buts, 15 passes) en 18 matchs, tout comme Bedard (10 buts, 16 aides). Avant les rencontres de dimanche, ils étaient à égalité au quatrième rang dans la LNH avec les attaquants William Nylander, des Maple Leafs de Toronto, Mikko Rantanen, des Stars de Dallas, et David Pastrnak, des Bruins de Boston.

Celebrini (10 buts, 17 mentions d’aide) a un point de plus en une partie de plus. Avant les parties de dimanche, il était troisième dans la LNH, derrière les centres Nathan MacKinnon, de l’Avalanche du Colorado, et Connor McDavid, des Oilers d’Edmonton.

Carlsson, le deuxième choix au total du repêchage de 2023, et Bedard, premier choix au total de ce même encan, ont 20 ans. Celebrini, le premier choix au total en 2024, a 19 ans.

« C’est vraiment génial que de jeunes joueurs comme nous soyons capables de faire un aussi gros bond, a ajouté Carlsson. Nous aurons de bons duels dans le futur, j’en suis convaincu. »

Carlsson pourrait devenir un joueur d’impact pendant des années, pas seulement pour les Ducks, mais aussi pour la Suède.

Il semble acquis qu’il va se tailler une place au sein de l’équipe suédoise lors des Jeux olympiques d’hiver de Milano Cortina 2026. Les formations seront remises à la fin du mois de décembre, mais on ne sait toujours pas comment elles seront dévoilées. Le tournoi aura lieu du 11 au 22 février.

La LNH et l’Association des joueurs de la LNH planifient également la prochaine Coupe du monde de hockey en 2028, et ils s’attendent à ce que les joueurs participent aux tournois internationaux regroupant les meilleurs joueurs au monde tous les deux ans à partir de maintenant.

« Même s’il est très jeune, Carlsson a un jeu très mature dans la Ligue nationale de hockey et il deviendra meilleur en vieillissant un peu », a souligné l’ancien centre Mats Sundin, qui est membre du Temple de la renommée du hockey et qui était le capitaine de la Suède quand elle a remporté la médaille d’or aux Olympiques de Turin en 2006. « Quelle chance pour Anaheim d’avoir un joueur comme lui, mais aussi pour les partisans de hockey suédois qui pourront le voir représenter la Suède aux Olympiques! »

Enfiler l’uniforme de la Suède a déjà contribué à l’accélération du développement de Carlsson.

Il n’a joué qu’un match à la Confrontation des 4 nations la saison dernière et il n’a obtenu que 14:37 de temps de jeu dans une victoire de 2-1 contre les États-Unis au TD Garden de Boston le 17 février. Mais l’expérience s’est tout de même avérée inestimable.

« Leo est revenu avec de la confiance », a noté le directeur général des Ducks Pat Verbeek. « Il a réalisé qu’il pouvait rivaliser avec ces gars-là. »

Avant la Confrontation des 4 nations, Carlsson avait amassé 19 points (neuf buts, 10 passes) en 48 rencontres avec Anaheim la saison dernière. Après le tournoi? Il a cumulé 26 points (11 buts, 15 aides) en 28 parties.

Depuis le 22 février dernier, il totalise 52 points (22 buts, 30 mentions d’aide) en 46 matchs, au 11e rang de la LNH et au premier échelon chez les joueurs de 25 ans ou moins.

Carlsson a raconté qu’à son retour avec les Ducks après la Confrontation des 4 nations, il avait l’impression que le jeu avait ralenti. La rondelle a commencé à entrer dans le filet, et il y a eu effet boule de neige.

« En jouant plusieurs années et plusieurs matchs dans cette ligue, tu développes certains aspects de ton jeu, mais tu comprends aussi ce qui te permet d’avoir du succès », a expliqué l’ailier des Red Wings de Detroit Lucas Raymond, qui a également évolué avec la Suède à la Confrontation des 4 nations. « C’est le produit de tout ça. C’est beau à voir. Il est un très bon joueur et je pense qu’il sera un grand joueur dans cette ligue. »

Carlsson a travaillé sur sa force physique et sa vitesse l’été dernier en Suède.

Quand il s’est rapporté au camp d’entraînement à Anaheim cette saison, il avait un nouvel entraîneur en Joel Quenneville, qui avait remporté la Coupe Stanley avec les Blackhawks de Chicago en 2010, 2013 et 2015, et qui cumulait plus de victoires en saison régulière (969 avant la saison) que n’importe qui sauf Scotty Bowman (1244).

Le style de Quenneville a aidé Carlsson.

« Nous effectuons beaucoup de jeux en contre-attaque, et je pense que les jeunes joueurs comme lui ont moins à réfléchir dans notre système actuel », a noté son compagnon de trio Troy Terry. « Tu dois surtout faire tes lectures de jeux et te concentrer à jouer au hockey. On le voit quand on le regarde seulement cinq minutes. Il est extrêmement intelligent. Je pense qu’il joue plus librement. Il fait plus confiance à ses instincts. »

Carlsson abonde dans le même sens.

« Je ne fais pas ce que je veux, mais j’ai un peu cette approche, a-t-il convenu. Je fais les bonnes choses avec la rondelle dans les bonnes situations. Je joue plus librement. »

Carlsson joue plus, point. Il est utilisé en moyenne 19:18 par match, plus de trois minutes de plus que la saison dernière (16:14). En jouant dans toutes les situations, il a même deux buts en infériorité numérique, à égalité au premier rang dans la LNH.

Il apprend à utiliser la force qu’il a gagnée en encaissant des mises en échec, en protégeant la rondelle et en effectuant des jeux en espace restreint. Il se fie moins aux vétérans de l’équipe et il décoche plus de tirs, avec une moyenne de 2,67 lancers par match (1,5 la saison dernière).

« Il semble avoir la rondelle plus souvent sur son bâton et il saisit plus de rondelles libres, a dit Quenneville. On remarque plus sa vitesse au centre. »

Carlsson a cumulé 20 points (neuf buts, 11 passes) au cours d’une séquence de 11 matchs avec au moins un point du 21 octobre au 11 novembre, aidant Anaheim à conserver un dossier de 9-2-0 durant cette séquence.

ANA@COL: Carlsson nivelle la marque

En marquant deux buts dans un gain de 4-1 contre les Jets de Winnipeg le 11 novembre, il est devenu le seul joueur dans l’histoire des Ducks à atteindre le plateau des 25 points en 15 rencontres. L’attaquant Teemu Selanne, admis au Temple de la renommée du hockey, avait amassé 24 points en 15 parties en 1995-96.

En marquant le seul but des Ducks dans un revers de 4-1 contre l’Avalanche mardi, il a atteint le plateau des 100 points (43 buts, 47 aides) en 147 matchs en carrière dans la LNH. À 20 ans et 320 jours, il est devenu le plus jeune joueur dans l’histoire des Ducks à y arriver, dépassant l’attaquant Paul Kariya, qui est lui aussi membre du Temple de la renommée et qui l’a fait à 21 ans et 109 jours, le 2 février 1996.

« Il n’est pas dans la Ligue depuis très longtemps, mais il joue de grosses minutes contre les meilleurs joueurs et il est productif, ce qui n’est pas facile dans la LNH », a souligné le défenseur Nicklas Lidstrom, membre du Temple de la renommée du hockey. « Je suis très impressionné par son jeu jusqu’ici. »

Certains comparent Carlsson au centre des Panthers de la Floride Aleksander Barkov. Carlsson fait 6 pieds 3 pouces et 208 livres. Barkov, le deuxième choix au total du repêchage 2013, fait 6 pieds 3 pouces et 214 livres. Les deux utilisent un long bâton. Mais Terry y va d’une autre comparaison, tout en affirmant du même souffle que Carlsson a des atouts uniques.

« Il y a un peu de MacKinnon en lui, en ce sens où, s’il obtient la rondelle avec ses pieds qui font face à l’autre territoire, la rondelle va rapidement se retrouver de l’autre côté, a expliqué Terry. Mais il possède aussi beaucoup de similitudes avec Barkov, comme son bâton.

« Il est un joueur unique. Il est tellement plaisant à regarder. C’est plaisant de jouer avec lui en tant qu’ailier. Je sais que si je peux lui remettre la rondelle au milieu, nous allons nous retrouver en zone offensive. »

Ce ne sera pas facile à partir de maintenant, surtout que les équipes se préparent un peu mieux pour affronter Anaheim et Carlsson en particulier.

Après avoir remporté sept matchs de suite, les Ducks (11-6-1) ont perdu leurs trois dernières rencontres, alors qu’ils s’apprêtent à se mesurer au Mammoth de l’Utah au Honda Center lundi (22 h HE; Utah16, Victory+). Après 11 parties avec au moins un point, Carlsson a été blanchi pendant deux matchs consécutifs, une première cette saison.

Mais Carlsson est plus mature dans sa façon de gérer les hauts et les bas d’une saison de la LNH.

« Le calendrier est difficile, a reconnu Terry. Tu surfes sur des montagnes russes d’émotions – un bon match, un mauvais match. Il doit connaître ses habiletés et livrer la marchandise. Chaque match est un nouveau chapitre. Ç’a été une grande différence chez lui cette année. Il est le même joueur lors de chaque match. »

Carlsson a encore beaucoup de potentiel inexploité.

« Il est un diamant encore brut, a dit Verbeek. Il est devenu plus fort. Je ne pense pas qu’il a atteint le sommet de sa force. Il pourrait devenir encore plus imposant et quand ce sera le cas, je pense qu’il deviendra un joueur différent. »

Continuez à consulter la liste des meilleurs pointeurs de la LNH. On dirait bien que Carlsson va demeurer au sommet jour après, jour, année après année.

« C’est beau à voir », a dit l’ancienne vedette de la LNH Nicklas Backstrom. « Il est un joueur électrisant. »

*Avec la contribution des journalistes principaux NHL.com Amalie Benjamin et Tom Gulitti.