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Brodeur remercie les partisans et ses coéquipiers

Un chapitre prend ainsi fin avec le retrait de son numéro

par Dan Rosen @drosennhl / Journaliste principal LNH.com

NEWARK, New Jersey - On ne voulait pas le laisser parler.

Près de deux minutes après que l'annonceur Kevin Clark eut présenté Martin Brodeur, les partisans réunis au Prudential Center pour assister au retrait du numéro 30 étaient toujours debout, ovationnant et scandant le nom du célèbre gardien de but.

 

Brodeur a tenté d'amorcer son discours, mais en vain. Les acclamations de la foule de 16 514 partisans redoublaient de seconde en seconde. Aucun microphone n'aurait été assez puissant pour rivaliser avec la clameur environnante.

« J'étais prêt à commencer mon discours, mais Doc [Emrick] m'a demandé de patienter un peu, de profiter du moment et de laisser libre cours à la célébration », a déclaré Brodeur après la cérémonie du retrait de son chandail. « Ce fut un moment extraordinaire. La réaction des partisans m'a beaucoup touché. Tout au long de ma carrière, j'ai appris à les connaître et cette ovation, même si je m'y attendais un peu, m'a beaucoup ému. »

Les quatre derniers jours ont été bouleversants pour Brodeur.

De la mise en jeu protocolaire samedi à la cérémonie de ce soir, en passant par des événements communautaires dimanche et le dévoilement d'une statue à son image lundi soir, les Devils ont célébré le joueur que l'attaquant Patrik Elias, meilleur pointeur de l'histoire de l'équipe, a surnommé « le cœur et l'âme de cette organisation » en lui faisant vivre une expérience inoubliable à la hauteur de sa renommée et de ses accomplissements.

Brodeur, tandis que le chandail portant son numéro était hissé dans les hauteurs de l'amphithéâtre en se tenant devant son ancienne cage, foulant un tapis rouge arborant son numéro, n'avait qu'une pensée :

« C'est vraiment la fin, a-t-il confié. Ça y est. Après cela, il va falloir que je me mette à genou pour être ovationné ainsi. »

Les Devils ont aidé Brodeur à faire le deuil de son illustre carrière en invitant plusieurs de ses amis et anciens coéquipiers, dont Scott Stevens, Ken Daneyko et Scott Niedermayer - les trois autres joueurs dont le chandail flotte dans les hauteurs de l'amphithéâtre.

Daneyko a pris la parole au nom des anciens Devils, présentant Brodeur comme le joueur le plus important de l'histoire des Devils. Elias a quant à lui pris la parole au nom des joueurs actuels des Devils.

L'ancien directeur général des Devils Lou Lamoriello, qui plus tôt dans la journée a réalisé un échange majeur impliquant neuf joueurs pour son équipe actuelle, les Maple Leafs de Toronto, a livré un discours avec esprit, humour et humilité.

« Il incarne parfaitement les Devils », a déclaré Lamoriello en parlant de Brodeur. « Le nom inscrit à l'arrière de son chandail n'a jamais été aussi important que le logo de l'équipe. »

Brodeur a remercié Lamoriello pour son discours, déclarant : « Tu as fait de moi un champion. »

Ses anciens entraîneurs Jacques Lemaire et Larry Robinson étaient présents. Line Burns, conjointe du défunt Pat Burns était aussi présente et a reçu un accueil particulièrement chaleureux de la foule.

L'entraîneur des gardiens de longue date de Brodeur, Jacques Caron, a été le premier à être présenté par Emrick, le maître de cérémonie de la soirée.

Les Oilers d'Edmonton ont eux aussi assisté à la cérémonie, arrivant juste à temps pour voir une présentation vidéo d'environ cinq minutes en l'honneur de Brodeur, narrée par Kiefer Sutherland sur les chansons One et Hero of the Day de Metallica. Ils ont aussi écouté le discours de Brodeur avant d'être témoins de la levée du chandail de Brodeur.

« Ce fut un beau geste de leur part, a commenté Brodeur en parlant des Oilers. C'est important pour les jeunes joueurs de savourer les moments historiques de leur sport. »

Brodeur tenait beaucoup à vivre ce moment, lui qui, en prenant finalement la parole, a remercié tous ceux dont il a pu se souvenir : le personnel administratif, les responsables du conditionnement physique, les entraîneurs, la direction, ses coéquipiers, se amis et sa famille.

Il a tout fait pour ne pas laisser l'émotion prendre le dessus, mais a admis avoir été ému aux larmes en parlant en français de sa mère, Mireille, qui regardait la cérémonie à la télévision de Montréal, et de son défunt père Denis.

« Je me devais de parler un peu à mes parents, a ajouté Brodeur. C'est toujours le moment le plus ardu, alors je me suis dit que ce serait moins émouvant si je leur parlais en français. Mais j'ai tout de même trouvé ça difficile. »

Brodeur a toutefois réservé ses derniers remerciements pour les partisans, qui l'acclamaient en martelant son nom « Marty, Marty, Marty » tout au long de la cérémonie.

Brodeur a maintes fois souligné au cours des quatre derniers jours qu'il a toujours eu un lien particulier avec les partisans du New Jersey, un lien qu'il qualifie de personnel.

« Je ne le signalerai jamais assez, a commenté Brodeur. Nos partisans ne sont pas les plus nombreux, mais je pense vraiment que nos partisans sont les meilleurs en raison de leur grande passion. Chaque année, nos partisans sont fidèles à notre équipe. Ils initient leurs enfants à notre équipe et leur communiquent leur passion pour les Devils. Dans les grands marchés comme Montréal, New York ou Toronto, les rapports entre les joueurs et les partisans sont généralement impersonnels. Mais ici, nos liens avec les partisans sont incroyables. Aujourd'hui, je me promenais et je reconnaissais certaines personnes qui assistaient à mes rencontres quand je jouais ici et qui suivent toujours l'équipe. »

À la conclusion de la cérémonie, après avoir entendu son nom scandé par la foule et après avoir vu son chandail hissé, le nouveau cerbère du Prudential Center, Cory Schneider, prenait place devant sa cage, sous le numéro 30 flottant dans les hauteurs, stoppant les tirs des Oilers sous les acclamations des partisans chantant « Cory, Cory, Cory ».

Le flambeau a été passé de Brodeur à Schneider après la saison 2013-14, mais l'avant-dernier chapitre d'une ère unique a véritablement eu lieu ce mardi soir. Le dernier chapitre sera écrit en 2018, lorsque Brodeur sera vraisemblablement intronisé au Temple de la renommée du hockey.

Ce week-end sera fort probablement émouvant, mais sûrement pas autant que la cérémonie de ce soir.

« C'est un moment vraiment spécial, a résumé Brodeur. Bien sûr, rien ne peut battre la sensation de jouer et de gagner, mais j'ai vécu un moment très agréable ce soir. »

 

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