Guy Lafleur aura été un modèle pour Patrick Roy
L'ancien gardien se souvient du «Démon blond» comme une influence positive et une personne authentique

Le 4 février 1989, Lafleur a compté deux fois contre Roy dans ce qui était le retour du « Démon blond » au Forum, lui qui était sorti d'une retraite de trois saisons afin d'évoluer avec les Rangers de New York. Puis le 30 mars 1991, Lafleur, alors dans l'uniforme des Nordiques de Québec, a eu le meilleur sur Roy à nouveau lors de l'avant-dernier match de sa carrière, et son tout dernier dans le mythique amphithéâtre montréalais.
« Une chance que je ne l'ai pas affronté plus souvent », a lancé Roy vendredi, quelques heures après avoir appris le décès de Lafleur à l'âge de 70 ans après une longue bataille contre le cancer du poumon.
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Roy s'est souvenu de son tout premier camp d'entraînement avec les Canadiens de Montréal, en 1984, lui qui avait été repêché quelques mois plus tôt en troisième ronde (51e). Dans le vestiaire, il se retrouvait à quatre places de Lafleur, qui était son ainé de 14 ans.
Le destin a voulu que Roy devienne la prochaine grande vedette francophone des Canadiens, après Lafleur, Jean Béliveau et Maurice Richard.
« Je vais être honnête, j'étais vraiment intimidé, a raconté Roy. Ça faisait des années que je le regardais à la télé tous les samedis soirs, et soudainement, je suis dans le même vestiaire? Tout ce que je pouvais dire, c'est 'wow!' Il n'avait besoin que de 10 minutes pour s'habiller, il portait à peine des épaulettes. Les jeunes étaient nombreux à vouloir l'imiter et agir comme lui.
« Comme enfant, chaque samedi soir, tu le voyais jouer à la télé, puis on allait dans le couloir de la maison de mes parents et on devenait les Lafleur, Ken Dryden, tous ces joueurs. Ils étaient nos idoles. Je dirais même plus que des idoles, des mentors. Je pense que Guy a eu un impact incroyable et a influencé la vie de beaucoup de personnes.
« Je savais que Guy était malade, on le savait que ses jours étaient comptés, mais on en venait toujours à se dire : 'Heille, c'est Guy Lafleur. Il va trouver un moyen de battre ça. La nouvelle a fait mal. C'est vraiment triste. »
Roy, qui est le directeur général et l'entraîneur des Remparts de Québec de la Ligue de hockey junior majeur du Québec, a en tête une façon différente qui permettrait de rendre hommage à Lafleur dans les jours à venir, autant dans la LNH que dans tous les autres arénas. Pas avec un moment de silence, mais plutôt avec une immense ovation afin de remercier le « Démon blond » pour tous ces grands moments qu'il a offerts aux partisans.
« Je sais que lorsque quelqu'un décède, tu observes un moment de silence en son honneur et tu te remémores sa vie. Mais je trouve que Guy Lafleur était une telle légende, une personne qui a fait la différence dans la vie de tellement de gens. Il mérite une ovation. Il mérite de voir les gens se faire entendre afin de lui témoigner son amour, à quel point ils l'ont apprécié et qu'ils regardaient le hockey pour le voir à l'œuvre. »
Roy aura été le coéquipier de Lafleur que pendant un bref moment, lors de ce camp d'entraînement. Le numéro 10 a pris sa première retraite quelques mois plus tard, en novembre 1984. Mais Roy s'est souvenu de l'impression positive laissée par le légendaire attaquant.
« Lorsque Guy parlait avec moi, il était toujours très authentique et gentil. Yvan Cournoyer a souligné récemment que Guy était un très bon coéquipier. Yvan a raison. Guy essayait d'aider ses coéquipiers.
« Mon père m'a rappelé aujourd'hui que Guy n'avait jamais porté de C ou de A sur son chandail des Canadiens. Il ne s'en est jamais plaint et ne l'a jamais mentionné. Guy était un bon gars d'équipe. Il remplissait parfaitement le rôle qu'il avait sur le trio de Jacques Lemaire et Steve Shutt. Ils étaient dominants. Peut-être qu'il était un leader silencieux, mais il était un leader sur ce club, il n'y a pas de doute. Les joueurs avaient tellement de respect pour lui. »
La dernière fois que Roy a eu une bonne discussion avec Lafleur, c'était à l'automne 2020, juste avant que le cancer du poumon de Lafleur revienne à la charge, après avoir été en rémission pendant un bref moment.
« Nous nous sommes assis ensemble à Québec et c'était une discussion vraiment plaisante, a-t-il raconté. Nous sommes allés en profondeur en parlant du sport, et de comment on se sentait. Je suis heureux d'avoir eu cette conversation avec lui.
« Il était sincère. Il disait ce qu'il avait dans le fond de l'esprit et il assumait ses opinions. J'adore ce genre de personne parce que je suis un peu pareil. C'est une des choses que je respectais le plus de lui. »
Il avait aussi beaucoup de respect pour sa loyauté envers ses racines. Lafleur a passé deux saisons avec les Remparts de Québec, et ses 223 buts et 319 points en 118 matchs lui ont permis d'être nommé le meilleur joueur des 50 premières saisons de l'histoire de la LHJMQ, en 2019.
« Guy a été un ambassadeur incroyable pour la concession des Remparts. Il était toujours disponible. Ce qui m'a toujours impressionné de lui, c'est qu'il s'est toujours souvenu d'où il venait, ses racines, et j'ai beaucoup de respect pour ça. Chaque fois que les Remparts avaient besoin de lui, il était là. Ça aurait été difficile de trouver un meilleur ambassadeur que lui. Et il est probablement le meilleur joueur de l'histoire des Remparts. »

















