LAS VEGAS – Tomas Hertl était embourbé dans la pire léthargie de sa vie, et il faisait tout ce qu’il pouvait pour s’en sortir. Il a regardé ses faits saillants sur YouTube pour se rappeler qu’il était capable de marquer. Il a jeté son bâton dans les poubelles, en souhaitant que ça l’incite à marquer un but sur un retour digne d’un éboueur, ainsi que dans les toilettes, en souhaitant que ça l’aide à marquer un but, eh bien un but de merde.
Et maintenant, après avoir passé 29 matchs sans marquer en saison régulière et en séries éliminatoires, l’attaquant a trouvé le fond du filet deux fois en deux matchs pour les Golden Knights de Vegas. Ces derniers mènent 3-2 sur les Ducks d’Anaheim dans leur série de deuxième ronde de l’Association de l’Ouest, et ils auront la chance de décrocher leur place en finale d’association en l’emportant dans le match no 6 au Honda Center d’Anaheim jeudi (21h30 HE; HBO MAX, truTV, TNT, SN360, SN, TVAS).
« C’est difficile quand on ne marque pas pendant aussi longtemps, a admis Hertl avec un grand sourire. C’est bien de me débarrasser de ce poids sur mes épaules. Ce n’était plus un petit poids. J’avais l’impression de traîner King Kong sur mon dos. »
Cette léthargie a rendu Hertl complètement fou, et cette histoire montre bien le genre de bataille psychologique que les joueurs doivent livrer en coulisses. Le hockey est un sport qui change rapidement, et la confiance peut être fragile, même pour des athlètes professionnels d’expérience.
« Tout le monde est humain, a noté Hertl. Ça se passe dans notre tête. »
Hertl sait comment marquer. Le Tchèque de 32 ans l’a fait 276 fois en 873 matchs de saison régulière, et 30 fois en 91 parties des séries éliminatoires depuis le début de sa carrière de 13 saisons dans la LNH.
Lorsqu’il a marqué à 2:11 de la prolongation le 4 mars pour procurer aux Golden Knights un gain de 4-3 sur les Red Wings de Detroit, il portait sa récolte à 24 filets, au deuxième rang de son équipe à ce moment.
Il allait toutefois s’agir de son dernier but de la saison régulière.
Il n’a pas trouvé le fond du filet à ses 20 matchs suivants, puis au cours des six parties de la série de première ronde contre le Mammoth de l’Utah, et pendant les trois premiers duels du deuxième tour contre les Ducks.
Il a lancé à la blague que la dernière fois qu’il avait vécu une aussi longue disette, c’était de sa naissance jusqu’à l’âge de 4 ans, lorsqu’il a commencé à pratiquer le hockey. C’est toutefois probablement vrai.
« Ça faisait longtemps, a-t-il ajouté. Je pense que ça ne m’était jamais arrivé. »
Selon NHL Stats, la plus longue léthargie de Hertl en une saison dans la LNH, en incluant les séries, était de 19 matchs entre le 16 octobre et le 25 novembre 2015, au début de sa troisième campagne avec les Sharks de San Jose.
Plus sa disette s’étirait, plus elle l’affectait. Il tentait d’apporter sa contribution par d’autres moyens, notamment en remportant ses mises en jeu et en distribuant des mises en échec. Mais il sait quel est son rôle le plus important, et il ressentait le poids des attentes, autant les siennes que celles qui provenaient de l’extérieur.
« Ce n’était assurément pas facile, parce que mon rôle est évidemment d’aider l’équipe à marquer des buts, a mentionné Hertl. J’ai évidemment essayé plusieurs choses différentes, mais tout le monde s’attendait à ce que je produise un peu plus. C’est pour ça que je suis ici. »


















