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MONTRÉAL – Florian Xhekaj sait très bien que ce ne sont pas nécessairement ses habiletés offensives qui ont incité Pascal Vincent et son personnel à le jumeler à Ivan Demidov et à Oliver Kapanen pour ce premier match des Canadiens de Montréal au Face-à-face des espoirs samedi.

L’attaquant a bien sûr inscrit 24 buts en 69 matchs la saison dernière – on ne le lui enlèvera pas. Mais c’est surtout pour ses 6 pieds 4 pouces et 220 livres, et son instinct combatif qu’il s’est retrouvé dans une position très enviable dans un contexte d’audition.

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« On voulait une présence physique », a expliqué Vincent après la défaite de 4-3 des siens face aux Jets de Winnipeg. « Si quelqu’un regardait Ivan de travers, on voulait qu’il sache que Flo était sur la glace. Ce rôle-là, il le connaît. Je n’ai pas besoin de lui en parler trop trop (rires). »

Le jeune frère du shérif Arber n’a pas de colle dans les gants. Il peut lui aussi les laisser tomber. Il a d’ailleurs bien failli le faire avant même la mise au jeu initiale quand Nikita Chibrikov s’est mis à jouer du bâton dans ce qui aurait pu être une version légère du match Canada-États-Unis à la Confrontation des 4 nations.

« Je suis toujours prêt, a lancé Xhekaj en riant. Ce gars ne m’a rien dit. Il m’a donné un coup et je lui en ai donné un. C’est une bataille. […] Il ne s’est rien passé de trop fou. Je pense qu’on a dominé ce match physiquement, et je n’ai finalement pas eu besoin de faire quoi que ce soit. »

Sa stature intimidante et la réputation familiale ont suffi. Il a pu se concentrer sur le hockey et il a démontré qu’il ne se débrouillait pas trop mal au sein d’un trio purement offensif – même sur le jeu de puissance.

Xhekaj a d’abord ouvert la marque en pelletant un retour de lancer de Demidov derrière la ligne rouge. Il a ensuite obtenu plusieurs bonnes occasions de marquer en se postant simplement devant le filet, là où il semble plutôt difficile à tasser. Il a couronné le tout en distribuant plusieurs bons coups d’épaule.

« Je n’ai pas eu à donner beaucoup de mises en échec parce qu’on avait la rondelle tout au long de la rencontre grâce à Ivan qui bourdonnait partout, a blagué Xhekaj. J’ai bien choisi mes moments, j’ai créé de l’espace pour les gars et je leur ai refilé la rondelle. C’était super de jouer avec eux. »

Les statistiques individuelles ne sont pas disponibles pour ces matchs d’espoirs, mais on peut affirmer sans craindre de trop se tromper que Xhekaj a été parmi les meneurs pour les tirs, les chances de marquer et les mises en échec du côté tricolore. Il a été de tous les combats, sans en livrer un.

C’est de bon augure pour la suite des choses parce que c’est précisément ce que veut accomplir Vincent avec son poulain cette saison, s’il le retrouve avec le Rocket de Laval.

« Il a marqué 24 buts sans toucher à l’avantage numérique l’an dernier », a souligné l’entraîneur du club-école. « On veut élargir son utilisation et le mettre dans des positions différentes. C’était le fun de le voir contribuer offensivement et défensivement, pas juste physiquement avec ces deux-là. »

Un dur de dur

Le défenseur Owen Protz en est un autre qui a dû terminer la soirée parmi les meneurs pour les mises en échec. Une chose est sûre, c’est que c’est lui qui a distribué les plus percutantes.

Le choix de quatrième tour du CH en 2024 affiche toujours ce qu’on appelle communément une « baby face », mais il mesure 6 pieds 2 pouces et pèse 207 livres. Au-delà de son gabarit imposant, il a surtout impressionné par le timing et la force de ses coups d’épaule.

« Je ne cherche pas la grosse mise en échec à tout prix, a-t-il expliqué. Mais si la ligne est bonne et que les étoiles s’alignent, je suis bien content de jouer mon rôle et de traverser ceux qui se dressent devant moi. »

On peut confirmer que les étoiles se sont alignées au moins trois fois samedi, au grand désarroi des joueurs des Jets. Lors de son point de presse, Vincent a affirmé que c’était un cadeau de bien connaître son identité à cet âge – Protz est un de ceux qui n’ont vraisemblablement aucun doute quant à la leur.

« Je ne danse pas entre les joueurs et je ne déculotte pas les gardiens comme Demidov, a-t-il rigolé. J’aimerais bien le faire, ce serait super. Mais je dois me coller à mon identité pour faire bonne impression auprès des entraîneurs et de tout le monde dans l’aréna. »

Si l’on se fie aux réactions explosives de la foule du Centre Bell chaque fois qu’il a renversé un adversaire, on peut dire qu’il a atteint son objectif.