Les dirigeants de Hockey Canada croient bien avoir pensé à tout, à moins de deux mois du Championnat mondial junior (CMJ). Mais d'un autre côté, ils sont aussi conscients que ce qu'ils s'apprêtent à faire équivaut à plonger tête première dans une piscine dont personne ne connaît vraiment la profondeur.
ÉCJ : Un saut dans le vide
La préparation des joueurs en vue du Mondial junior ne se limite pas qu'à la patinoire, cette année

Aucune équipe formée majoritairement de joueurs n'ayant disputé aucun match en huit mois n'a repris le collier lors d'une compétition aussi relevée que le CMJ. Aucune équipe n'a encore disputé ce tournoi à huis clos, tout en étant dans une bulle durant plus de deux semaines en plein temps des Fêtes.
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La liste pourrait s'allonger encore et encore. L'important pour les dirigeants de l'unifolié, c'est de contrôler ce qu'ils peuvent contrôler - pour reprendre un vieux cliché - et ils ont donné l'impression, en visioconférence jeudi, que cette part de la mission était remplie.
« C'est difficile de savoir à quel point les joueurs seront rouillés », a amorcé l'entraîneur-chef André Tourigny. « L'excitation sera là, il y aura de l'énergie, mais on ne sait pas où en sera l'exécution. Je m'attends un peu à ce qu'on voit habituellement au camp estival. Les gars seront en forme, mais nous devrons briser certaines mauvaises habitudes et les détails de leur jeu risquent de ne pas être à niveau.
« Suis-je dans l'erreur? Peut-être. Je n'ai jamais dirigé une équipe qui avait été au repos pendant sept mois. Ce sera la première fois. J'ai confiance en notre personnel pour préparer la formation sous tous ses angles. J'espère qu'on a pensé à tout, mais ce n'est probablement pas le cas. Nous allons devoir nous ajuster. »
Outre les neuf joueurs de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ), qui ont joué une poignée de matchs depuis le début d'octobre, ceux de la Ligue de hockey l'Ontario (OHL) et de la Ligue de hockey de l'Ouest (WHL) sont en congé forcé depuis la mi-mars en raison de la pandémie.
Les activités de ces deux ligues ne reprendront d'ailleurs pas avant le passage à la nouvelle année. C'est ce qui permettra à Hockey Canada d'amorcer un long camp d'entraînement d'un mois dès le 16 novembre à Red Deer, en Alberta. Un mois, ça fait beaucoup d'entraînements et de matchs intraéquipes.
Or, entre cette option et celle de rester à la maison à s'entraîner dans le garage familial, la décision est assez facile.
« Vous auriez dû voir la face des gars, hier, quand on leur a appris qu'ils étaient invités, a renchéri Tourigny. Ils étaient tellement soulagés et heureux d'avoir cette chance. J'aurais pu leur dire que le camp durerait 150 jours qu'ils se seraient mis à danser. Ils sont excités et ils veulent jouer au hockey. »
Afin que la bulle en soit une en bonne et due forme, et pour éviter que la COVID-19 ne vienne ternir les retrouvailles, les joueurs et le personnel devront subir un test avant de se rendre à Red Deer. Ils seront aussi testés tous les trois ou quatre jours, une fois sur place.
Ils devront également se soumettre à un isolement de quatre jours quand ils arriveront dans la bulle d'Edmonton, à un peu moins de deux semaines du premier match du tournoi, prévu pour le 25 décembre.
La dureté du mental
Cette bulle, qui sera similaire à celle dans laquelle ont vécu les joueurs de la LNH pendant les séries éliminatoires, ne pose d'ailleurs pas que des défis de logistique. Hockey Canada insistera beaucoup sur la préparation mentale de ses joueurs afin qu'ils n'aient la tête qu'au hockey pendant ces deux semaines.
L'équipe canadienne pourra notamment compter sur les services du préparateur mental Ryan Hamilton, qui a travaillé avec le Lightning de Tampa Bay lors de sa récente conquête de la Coupe Stanley.
« Nous avons établi un plan pour nos quatre jours d'isolement en arrivant à Edmonton », a expliqué Scott Salmond, le vice-président des équipes nationales. « Ce sera tout un défi de garder tout le monde motivé et impliqué, et de faire en sorte que le temps passé dans la bulle soit agréable et divertissant. Nous avons accordé beaucoup d'importance à ce dossier.
« Nous avons même poussé la chose un peu plus loin pour nous assurer de préserver la santé mentale de nos entraîneurs, de notre personnel et de nos joueurs. Ils seront loin de leur famille pendant le temps des Fêtes. Nous nous sommes associés à des conseillers externes pour assurer un suivi et des rencontres en cas de besoin.
« J'aime penser que nous avons pensé à tout, mais je suis sûr qu'il y a des choses à peaufiner. Notre but est d'éventuellement être prêts à toute éventualité. »

















