Quand on jette un coup d'œil à la liste des 47 joueurs invités au camp de sélection de Hockey Canada en vue du Championnat mondial junior (CMJ), rares sont les joueurs qui ont été ignorés à leur année d'admissibilité au Repêchage de la LNH. Très rares.
ÉCJ : Xavier Simoneau récolte ce qu'il a semé
Ignoré deux fois au Repêchage de la LNH, l'attaquant a été invité au camp de sélection d'Équipe Canada junior

En fait sur la liste dévoilée jeudi, il y en a seulement trois. Les gardiens Brett Brochu et Taylor Gauthier… et Xavier Simoneau, qui fait bande à part chez les joueurs qui ne portent pas de jambières.
À LIRE AUSSI : ÉCJ: Dach sera au camp, Lafrenière est toujours une possibilité
Ignoré deux fois plutôt qu'une par les équipes de la LNH, l'attaquant québécois obtient enfin un peu de reconnaissance pour le travail accompli au cours des dernières années - et pour son excellent début de saison (six buts et quatre aides en quatre matchs).
« J'ai été surpris parce que je n'avais pas été invité au camp estival », a expliqué le capitaine des Voltigeurs de Drummondville en entrevue avec LNH.com. « Je n'y pensais plus. En jouant au hockey, tu ne penses pas nécessairement à ce qui peut se produire, mais quand tu joues bien, les bonnes choses arrivent.
« Ç'a vraiment été une grosse déception pour moi de ne pas avoir été sélectionné à ma deuxième année d'admissibilité. Que Hockey Canada me donne la chance de me faire valoir, j'en suis vraiment reconnaissant. J'arrive là comme négligé, mais je sais que je suis capable de surprendre et de faire ma place. »
Le rôle de négligé en est un qui lui sied bien et qu'il est habitué à occuper.
Il a eu beau amasser 89 points, dont 28 buts, en 61 matchs au sein d'une jeune équipe en reconstruction, l'an dernier, personne n'a daigné lui donner une chance. Comme si son gabarit (5 pieds 7 pouces, 174 livres) faisait oublier tout le reste.
Mais pour d'autres, qui ont eu l'occasion de jouer en sa compagnie et de le voir enfiler ses bottes de travail jour après jour, sa petite taille est plutôt un atout dont il se sert à merveille.
« Son centre de gravité est tellement bon que c'est très difficile de lui faire perdre la rondelle », a vanté son ancien coéquipier Dawson Mercer, qui sera lui aussi au camp de sélection. « Ce que certains voient comme une faiblesse, je le vois comme une force. Il complique vraiment la tâche des défenseurs.
« Aujourd'hui, je vois un coéquipier et un ami accomplir un but après avoir été ignoré par les équipes de la LNH. C'est quelque chose de gros pour lui, et je suis très fier de lui. »
Maintenant, le travail commence. Simoneau s'envolera vers Red Deer, en Alberta, pour l'ouverture du camp, le 16 novembre. Là-bas, il devra livrer la marchandise jour après jour pendant plus d'un mois - peut-être même plus que certains autres - pour forcer les dirigeants à lui faire confiance.
« Ce sont les meilleurs joueurs au Canada, mais si je suis invité, c'est parce que j'ai une chance de faire cette équipe-là, a-t-il lancé. Je ne crois pas que les choix de première ronde soient assurés de faire l'équipe. Les dirigeants veulent remplir différents rôles, et je suis prêt à remplir n'importe quel rôle.
« Oui, j'ai été ignoré au repêchage, mais ce n'est pas ça qui m'arrête. Je suis convaincu que je peux jouer avec les meilleurs au monde. J'ai encore beaucoup de choses à prouver. Ce n'est pas parce que je ne me suis pas fait repêcher que mon parcours va s'arrêter aussi facilement. »
Du chien
Pour l'entraîneur-chef André Tourigny, le Repêchage de la LNH ne veut pas dire grand-chose. Ce qu'il veut dans son équipe, ce n'est pas une future vedette, mais bien les joueurs qui vont lui permettre de défendre le titre acquis par l'unifolié, l'an dernier.
« Le tournoi est dans deux mois, c'est là que ça se passe, a dit le pilote québécois. Il nous faut bâtir la meilleure équipe dans deux mois. […] Tu regardes ses statistiques, tu regardes son profil et tu vois que c'est un bon joueur. Mais si tu le regardes jouer, tu vas voir qu'il apporte beaucoup à une équipe.
« Il a été très important pour les Voltigeurs et il a démontré à quel point il peut être un moteur pour une équipe. C'est un gars de caractère et qui est là quand ça compte. Ce n'est pas la taille qui importe, mais ce qu'il a dans le ventre. »
Vous aurez compris que sa réputation n'est plus à faire, et qu'ils seraient plusieurs à vouloir aller à la guerre à ses côtés. Il n'a plus qu'à convaincre le général.
« Il ne sera pas là par hasard, il a travaillé fort pour y arriver », a vanté l'attaquant Jakob Pelletier, qui pourra le côtoyer de nouveau dans quelques semaines. « Ça fait trois ans qu'il a la pédale au plancher. J'ai beaucoup de respect pour lui. Il récolte ce qu'il a semé depuis trois ans. »

















