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David Perron n'en pouvait plus d'attendre

L'attaquant des Blues de St. Louis est allé chercher la Coupe Stanley à l'aéroport de Sherbrooke tôt mardi

par Robert Laflamme @bobthefire / Journaliste principal LNH.com

SHERBROOKE, Québec - David Perron n'en pouvait plus d'attendre. Il a donc fait devancer l'importante livraison qu'il devait avoir mardi. L'attaquant des Blues de St. Louis s'est rendu à l'aéroport de Sherbrooke, où il a pris possession de la Coupe Stanley à 7h30.

« C'est un secret que je vous dévoile », a relaté Perron au cours de la conférence de presse qu'il a livrée au Palais des sports Léopold-Drolet, en début d'après-midi. « J'avais hâte de voir s'il y aurait d'autres personnes à l'aéroport à cette heure-là, mais non, j'étais le seul. 

« Le trajet de retour à ma résidence du lac Memphrémagog avec la Coupe à mes côtés sur le siège du passager a été un moment incroyable », a-t-il continué.

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Ce n'était que le début d'une journée frénétique. La petite famille - sa conjointe Vanessa et ses jeunes enfants Victoria et Mason - a mangé des céréales et bu du lait au chocolat dans le gros bol du prestigieux trophée. 

« C'était un rêve que je caressais depuis l'achat de la propriété au lac, manger mes céréales dans la Coupe », a révélé Perron.

On est rapidement passé au lunch parce que le groupe s'est déplacé dans un restaurant que Perron a réquisitionné pendant une trentaine de minutes afin de manger de la poutine à même le bol, comme son coéquipier Joel Edmundson l'a fait il y a quelques semaines. 

Question de brûler des calories, Perron s'est par après rendu chez ses parents, sur la rue Allard à Sherbrooke, où il avait donné rendez-vous à ses amis d'enfance pour une partie de hockey de rue, comme ses frères et lui en ont joué des centaines quand il était gamin.

« C'est sur la rue Allard que j'ai gagné la Coupe Stanley la première fois, et plusieurs autres fois, a-t-il noté. Heureusement, nous avons trouvé une façon de la gagner encore. »

Perron s'est par la suite offert un gros bain de foule au Palais des Sports, où il était attendu par environ 1500 personnes. Certaines s'étaient présentées devant la porte de l'amphithéâtre avant le lever du soleil.

« J'étais debout à la même heure qu'eux, a lancé à la blague Perron. C'est un moment inoubliable pour moi, et je suis content de le partager avec le plus de monde possible. C'est le 'fun' que les gens ont embarqué. C'est un grand sentiment de fierté, considérant mon parcours qui a été sinueux. C'est la preuve que le travail peut vous amener loin. »

Le chemin qui a mené Perron jusque dans la LNH a emprunté à un moment donné un grand détour par le midget B, faut-il le rappeler.

« C'est arrivé pour vrai? », a-t-il rigolé quand on lui a évoqué la chose. « C'est inimaginable quand on y repense. Je suis extrêmement fier d'être ici avec la Coupe. La ville de Sherbrooke a embarqué dans le projet. On a même retardé de quelques jours la confection de la glace au Palais des sports. »

Des frissons et des larmes

On ne peut pas s'empêcher de faire un lien entre le parcours de Perron, qui a dû surmonter plusieurs embûches même une fois dans la LNH, et celui des Blues la saison dernière. Les Blues sont passés de la dernière place dans la Ligue, le 3 janvier, à champions de la Coupe Stanley pour la première fois de leur histoire. 

« C'est un conte de fées pour vous les médias, mais nous à l'interne, on y a toujours cru, a-t-il mentionné. On se disait au début de janvier que si nous pouvions gagner les matchs en main que nous avions sur plusieurs rivaux, nous serions bien positionnés. C'est ce que nous avons fait. C'est sûr que l'arrivée de l'entraîneur Craig Berube et du gardien Jordan Binnington nous a beaucoup aidés. Craig a redonné de la confiance à tout le groupe, incluant moi. Il m'a utilisé avec Ryan O'Reilly et nous avons cliqué ensemble. J'ai des frissons uniquement qu'à penser que j'ai évolué avec le gagnant du trophée Conn-Smythe (joueur par excellence en séries). Je lui dois énormément. »

Perron a dit avoir beaucoup de difficulté à redescendre de son nuage depuis la conquête des Blues, le 13 juin.

« Il m'arrive de regarder des vidéos seul dans ma chambre et des larmes me coulent sur les joues », a-t-il confié. 

En entrevue à la station de radio 107,7 en Estrie quelques heures suivant la conquête des Blues, Perron avait affirmé à l'animateur Marc Bryson que ça ne le dérangerait pas de ne plus jamais rejouer un match des séries éliminatoires dans la LNH, maintenant qu'il a gagné la Coupe.

« Je le pense encore, mais je me dis plus le temps passe que ce serait formidable de regagner la Coupe, a-t-il élaboré. Pourquoi pas? J'ai recommencé l'entraînement il y a quelques semaines et, même si j'ai des bobos à guérir, je me prépare pour les rigueurs d'une autre saison. 

« J'espère maintenant reprendre à mon compte la citation de Patrick Roy, qui a déjà lancé à Jeremy Roenick qu'il n'entendait pas ce qu'il lui disait parce qu'il avait des bagues de la Coupe Stanley dans les deux oreilles. J'aimerais bien répondre la même chose à ceux qui voudront me taquiner. »  

Perron a dit s'enorgueillir de connaître ses plus beaux moments en carrière passé la trentaine en âge.

« On dit que la LNH est une ligue de jeunes et une ligue rapide, mais mon coup de patin ne s'améliore pas, a-t-il relevé en s'esclaffant. Je suis très fier d'être capable de tenir mon bout parce que les jeunes sont effectivement incroyables. Ils sont très bons et ils assimilent les stratégies de jeu très rapidement. Ils méritent de graduer tôt. Je vais travailler le plus fort possible afin de rester le plus longtemps dans la LNH. »

D'ici là, Perron se proposait de profiter à fond du reste de sa journée avec la Coupe Stanley. 

« Samuel Blais m'a envoyé un message texte pour me dire de faire bien attention à la Coupe. (Le gardien) Jake Allen m'a demandé la même chose. »

Le jeune attaquant Blais est le prochain à accueillir la Coupe à Montmagny, dans la région de Québec, mercredi.

« Sam est chanceux que la Coupe reparte à minuit parce mes amis et moi allons fêter jusqu'à très tard dans la nuit », a conclu Perron.

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