Dobes badge Duhamel

MONTRÉAL -- Sous pression au lendemain du congédiement de l’entraîneur des gardiens des Canadiens de Montréal Éric Raymond, Jakub Dobes a calmé le jeu en bloquant 26 des 29 tirs dirigés vers lui, jeudi, dans un gain de 7-3 du CH contre l’Avalanche du Colorado.

Sous pression, dit-on, car le rendement en dents de scie de Dobes et celui de son coéquipier Samuel Montembeault cette saison ont visiblement poussé Raymond vers la sortie mercredi, après quatre ans et demi avec l’équipe.

Mais les événements des dernières heures n’ont visiblement pas ébranlé Dobes outre mesure. Il a fallu lui rappeler en point de presse qu’il avait complété, la veille en matinée, un premier entraînement avec son nouveau professeur Marco Marciano.

« Ce n’est jamais plaisant de voir quelqu’un se faire renvoyer, a-t-il quand même souligné. Éric était quelqu’un qui avait à cœur l’organisation et ses gardiens. Mais c’est la vie. Je suis heureux de l’embauche de Marco. Il fera sans doute du bon travail comme il a fait avec moi à Laval et avec Monty (pendant la saison morte). »

Dobes précise avec justesse la connivence que Montembeault et lui ont avec Marciano. Le gardien tchèque a travaillé avec lui pendant sa première année et demie chez les professionnels, avec le Rocket. Une année et demie où Dobes a gravi les échelons à vitesse grand V dans l’organigramme du CH, jusqu’à occuper un poste régulier avec le grand club.

« Marco a fait de moi le gardien que je suis aujourd’hui, a-t-il soutenu. Il y a des choses qu’il m’a apprises à 20 ans dont je me souviens encore. Il est un gars très intelligent et j’ai hâte qu’on s’échange nos perspectives sur certains sujets. On a une bonne relation. Je suis emballé.

« Je ne dirais pas qu’il est un deuxième père, mais il est souvent sur mon dos », a-t-il ajouté à la blague. « Il est une bonne personne. Il me comprend très bien. »

Doby! Doby!

Ce qui nous amène à cette soirée de travail de Dobes contre les meneurs du classement général de la LNH cette saison. Sur le plan statistique, il n’y a rien d’incroyable à se mettre sous la dent, mais l’histoire du match est tout autre.

C’est surtout en deuxième période que le gardien de 24 ans s’est levé à un moment où le Tricolore en avait fort besoin, alors qu’il tentait de défendre une avance de 3-1 contre Nathan MacKinnon et sa bande.

Dobes a réservé deux de ses plus beaux arrêts au Québécois Samuel Girard – le deuxième en étendant sa jambière droite sur une échappée. L’arrêt suivant qu’il a réservé à Martin Necas, quelques secondes plus tard, lui a valu une première vague de « Doby! Doby! Doby! » scandés par les partisans au Centre Bell.

COL@MTL: Dobes résiste devant Girard en échapée

« Doby a été exceptionnel, a tranché son coéquipier Zachary Bolduc. Il a fait des arrêts clés pour nous. C’est un compétiteur. Il a approché ce match-là avec une belle préparation. Dès l’échauffement, on sentait que ç’allait être un gros match et il était prêt. Je suis heureux pour lui et pour l’équipe. »

Dobes disputait un deuxième match d’affilée pour la première fois depuis le 9 décembre. Martin St-Louis lui avait confié le départ mardi face aux Golden Knights de Vegas, et il avait fort bien fait avec une prestation de 32 arrêts dans un gain de 3-2 du CH. Voilà que cette victoire contre l’Avalanche est un autre pas dans la bonne direction.

« Il joue du bon hockey pour nous présentement », s’est réjoui l’entraîneur-chef. Avec les gardiens, on est vraiment affairés au processus et ça nous permet tous de rester sains d’esprit. »

« Je suis heureux qu’il obtienne ces deux grosses victoires, a quant à lui commenté Juraj Slafkovsky. Il travaille fort, comme Monty, et il se sent bien. Ça ne peut qu’être bon pour nous. »

La suite de l’histoire s’écrira avec un nouvel entraîneur des gardiens. Mais pour l’instant, nul besoin de réinventer la roue, surtout d’ici la pause olympique. Marciano n’avait qu’un seul conseil pour Dobes en vue de ce match au Centre Bell : « Aie du plaisir ».

« On essaie de garder les choses simples pour l’instant. On a de grosses journées qui s’en viennent, donc il essaie de ne pas surcharger mes pensées », a-t-il conclu.

Contenu associé