Bedard close

ST. PAUL, Minnesota – Connor Bedard n'aura plus à patienter très longtemps.

Après la folie des derniers mois, le premier choix du repêchage 2023 disputera un premier match dans l'uniforme des Blackhawks de Chicago, samedi.

« Je n’en peux plus d’attendre », a confié Bedard à LNH.com mardi à Henderson, au Nevada. « Ça fait tellement longtemps que je n’ai pas joué de match. J’attends ce moment depuis longtemps. »

Bedard a été plutôt occupé depuis le 10 avril, soit depuis son élimination avec les Pats de Regina dans les séries éliminatoires de la Ligue de hockey de l’Ouest (WHL).

Le 8 mai, il a appris en même temps que tout le monde que les Blackhawks allaient parler au tout premier rang du repêchage 2023, et ils ont utilisé ce choix pour le sélectionner.

Depuis, il a participé au camp de perfectionnement de Chicago, a patiné avec Connor McDavid au camp BioSteel et a discuté avec Sidney Crosby au cours de la Tournée des médias des joueurs à Las Vegas la semaine dernière.

Ce qu’il n’a pas fait au cours de ces cinq derniers mois, c’est de disputer un match de hockey.

L'attendre est enfin terminée. Samedi, il affrontera les Blues de St. Louis (19 h HE) lors du tournoi des recrues Tom Kurvers au TRIA Rink.

Il pourrait aussi être utilisé contre les espoirs du Wild du Minnesota, dimanche (16 h HE).

Ces deux rencontres seront diffusées en direct sur le site Web des Blackhawks.

« Je connais plusieurs joueurs, du côté de nos recrues, évidemment, mais aussi du côté du Minnesota, a noté Bedard. Je connais peut-être quelques gars du côté de St. Louis, mais je ne suis pas certain à 100 pour cent. J’ai tellement hâte de disputer un match. On dirait que ça fait une éternité. J’espère être encore capable de jouer. »

La rouille ne devrait pas embêter Bedard trop longtemps, lui qui a mené la WHL pour les buts (71) et les points (143) en 57 matchs avec Regina la saison dernière. Il est l’un des espoirs qui génèrent le plus d’engouement depuis que McDavid a été sélectionné au premier rang par les Oilers d’Edmonton en 2015.

Anders Sorensen, qui dirige le club-école des Blackhawks dans la Ligue américaine de hockey, les IceHogs de Rockford, sera derrière le banc pour cette rencontre.

« J’ai hâte de voir [Bedard], a dit Sorensen. Je pense qu’il va connaître du succès et qu’il va s’ajuster. C’est évident que tout le monde sait qui il est, et il va être surveillé, j’en suis certain. Mais il semble être en forme, il est intelligent et il est prêt à jouer. »

Kalem Parker sait parfaitement de quoi Bedard est capable.

L’espoir du Wild à la ligne bleue s’est retrouvé du côté des perdants alors que son équipe de Victoria a baissé pavillon 9-5 contre Regina le 26 novembre. Bedard avait récolté quatre points (trois buts, une passe) et conclu la rencontre avec un différentiel de plus-6.

« Ce fut un match difficile, a admis Parker vendredi. Il avait amassé quatre points, c’était un match à sens unique, et il était évidemment très difficile à contrer. »

Un autre joueur de la WHL qui n’a pas eu à subir les foudres de Bedard la saison dernière est Harrison Meneghin de Lethbridge.

« Dans la Ligue de hockey de l’Ouest, je me suis plutôt bien débrouillé : il n’a pas marqué contre moi, s’est vanté l’espoir du Wild. Mais quand nous nous sommes affrontés alors que nous étions au secondaire, il lui est arrivé de me déjouer à répétition.

« La plupart du temps, on ne remarque pas qui est le joueur qui vient de marquer. On regarde surtout de quel côté ce joueur lance. Mais il arrive, lorsqu’on sait qu’il est sur la glace, qu’on porte attention à l’endroit où il se trouve. »

Ces joueurs de la WHL qui l’ont affronté affirment tous qu’il est crucial de limiter au maximum le temps et l’espace dont bénéficie Bedard.

« Quand on réduit ça au minimum, ça limite ses options. Un joueur comme lui, moins il a de temps à sa disposition, moins il peut faire de dégâts », a souligné le défenseur de Kamloops Kyle Masters. Kamloops a vaincu Regina 9-3 le 30 novembre, mais Bedard avait terminé la rencontre avec deux buts et une passe.

« Il réalise des jeux spéciaux, a poursuivi Masters. Nous avons été chanceux. Nous avons signé une grosse victoire contre eux, mais avec son talent, c’est évidemment difficile de le garder loin de la feuille de pointage. »

Carson Latimer se mesure à Bedard depuis qu’il a 14 ans, tout d’abord au niveau scolaire en Colombie-Britannique, puis dans la WHL, où Latimer a évolué à Edmonton, Prince Albert, Winnipeg et maintenant Red Deer.

« C’est une combinaison des deux. Ce qui le rend spécial, c’est autant sa vision de jeu que son habileté à décocher des lancers. Tu ne peux pas lui donner trop d’espace parce qu’il va en profiter », a expliqué Latimer.

« Son jeu a pris beaucoup de maturité. C’est aussi le cas du côté défensif du jeu, une facette qu’il a vraiment améliorée au fil des années. Il progresse, il devient plus fort et son lancer est vraiment passé au niveau supérieur. C’est vraiment génial de le voir à l’œuvre. »

Bedard est déjà considéré comme le nouveau visage des Blackhawks, qui vivront leur première saison sans Patrick Kane et Jonathan Toews dans la formation depuis 2007-08.

Les joueurs de la WHL ne sont pas exactement tristes de voir l’attaquant de 18 ans quitter la Ligue, mais ils ont hâte de le voir se hisser parmi l’élite de la LNH.

« Dans le monde d’aujourd’hui, les médias sociaux jouent un rôle important. Les jeunes sont rivés sur leurs écrans, et ils le voient aller, la prochaine grande vedette, a affirmé Masters. Quand tu allumes ton téléphone, c’est lui que tu vois. C’est important pour tout le sport, parce qu’il va lui permettre de grandir. »