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La légende des Canadiens de Montréal Maurice « Rocket » Richard est décédée d'un cancer de l'abdomen, le 27 mai 2000, à l'âge de 78 ans.

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Dans le cadre du 20e anniversaire de son décès, plusieurs grands joueurs et dirigeants du monde du hockey se sont entretenus avec NHL.com au sujet de la carrière et de l'héritage du Rocket. Les observations d'autres personnes sont également rassemblées ici.

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Guy Lafleur, quintuple champion de la Coupe Stanley et qui, avec Richard et Jean Béliveau, fait partie des trois plus grands joueurs des Canadiens :
« Pour moi, le Rocket était une icône. Il représentait quelque chose de très spécial. Quand j'étais jeune, jamais je n'aurais pensé que j'aurais la chance de souper avec lui ou de voyager à ses côtés. Il faisait tout en son possible pour gagner. Il était très intense et n'acceptait pas que quelqu'un donne moins que son 100 pour cent. Quand il arbitrait des matchs des anciens, il passait un savon aux joueurs qui ne donnaient pas un assez bon spectacle. Et il avait raison. Des gens payaient pour voir ces joueurs-là, même si c'était pour amasser des fonds. Il avait l'habitude de dire : "Jouez et faites de votre mieux. Les gens se présentent ici pour vous voir à votre mieux, donc ne vous donnez pas à moitié."
« Le Rocket était direct. Quand il avait quelque chose à te dire, il ne passait pas par quatre chemins. Il pouvait parfois sembler un peu rude, mais c'était sa façon d'être. Il était un homme très spécial, même si c'était difficile de devenir proche avec lui et d'apprendre à le connaître. Il t'aimait ou pas. C'était noir ou blanc, il n'y avait pas de zone grise. »

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Yvan Cournoyer, capitaine des Canadiens et champion de la Coupe Stanley à 10 reprises :
« Le Rocket était un gaucher, mais il jouait à l'aile droite, comme moi. J'étais donc très souvent comparé à lui, et j'avais l'habitude de dire : "Calmez-vous et soyez patients un peu. J'ai encore plusieurs années devant moi." Des joueurs comme le Rocket et Jean Béliveau nous ont appris comment nous battre, comment ne jamais abandonner et comment gagner. Le Rocket a toujours été lui-même. Il était honnête. S'il ressentait quelque chose, il le disait. Parfois, c'était positif, mais c'était parfois difficile à entendre pour certaines personnes. Je ne sais pas s'il avait toujours raison, mais il était comme ça. Il avait beaucoup de caractère. »
Wayne Gretzky, le meilleur marqueur de l'histoire de la LNH :
« Personne ne l'appelait "Rocket". C'était "Le Rocket". Ça témoigne du respect qu'il a obtenu et mérité. Il a été un pionnier au hockey et sur le plan culturel. Il jouait avec un feu sacré qui était extraordinaire. Il était tellement déterminé à marquer que personne ne pouvait l'arrêter. Il avait ce mélange de volonté, de talent et de fougue. C'est ce qui décrit le mieux le Rocket. »

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Scotty Bowman, gagnant de la Coupe Stanley à neuf reprises comme entraîneur, un sommet dans la LNH, dont cinq avec les Canadiens entre 1972 et 1979.
« J'ai grandi à Montréal et j'ai véritablement commencé à m'intéresser au hockey dans la décennie des années 50. Cette décennie a été dominée par Montréal et Detroit, qui ont remporté la Coupe Stanley neuf fois sur une possibilité de 10. Les comparaisons étaient difficiles. Elles se faisaient entre le Rocket et Gordie Howe, des Red Wings. Il y a eu d'autres grands joueurs, mais le débat était toujours entre ces deux-là durant cette décennie, et même après. Le Rocket était le franc-tireur par excellence. Regardez son nombre de buts et les filets importants qu'il a inscrits. Il était unique. »

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Jean Béliveau, capitaine des Canadiens et champion de la Coupe Stanley à dix reprises, dans son autobiographie Ma vie bleu-blanc-rouge, parue en 1994 :
« Ce que Maurice représentait allait déteindre sur plusieurs de ses coéquipiers, ce qui allait nous conduire à cinq championnats consécutifs à la fin des années 50. Maurice Richard était incapable de supporter la défaite. Les autres autour de lui ont pris ce trait de caractère, ses coéquipiers, ses adversaires, les membres des médias et le public en général. »

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Howe, légende des Red Wings et quadruple champion de la Coupe Stanley, aux funérailles de Richard le 31 mai 2000 :
« Je l'admirais pour sa compétitivité. Il n'y avait pas d'amour entre nous, mais pas de haine non plus. C'était respectueux. Il était un adversaire qu'il fallait stopper. Je ne sais pas s'il avait du plaisir à jouer. Si oui, il le cachait. Il était tellement compétitif. Tu l'appelais "Rocket" en passant à côté de lui et tu l'entendais grogner. Je ne sais pas si le Rocket savait à quel point les gens étaient derrière lui. Ils l'aimaient et l'admiraient tellement pour son dévouement. »

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Bobby Hull, champion de la Coupe Stanley et marqueur de 610 buts :
« Je pense que cette histoire dit tout au sujet du Rocket, le plus grand marqueur de l'ère des six équipes originales : je regardais un match joué à Montréal lors de la Finale de la Coupe Stanley 1958 entre les Canadiens et les Bruins de Boston. C'était 2-2 après le temps réglementaire. À cette époque, avant une prolongation, le journaliste Danny Gallivan ne pouvait pas interviewer un joueur durant l'entracte. Ils ont donc reçu le directeur général des Canadiens Frank Selke Sr., un grand admirateur du Rocket.
« M. Selke croyait que le Rocket était le meilleur, comme des millions d'autres personnes. M. Selke et Danny ont eu une petite discussion au sujet du match, et Danny a conclu en lançant : "M. Selke, votre Rocket a été bien discret ce soir." M. Selke a répliqué sans hésiter : "Oui, mais Danny, le match n'est pas encore terminé." Cinq minutes après le début de la prolongation, le Rocket a marqué.
« Voilà le genre de joueur qu'il était. Il a marqué tellement de buts importants. Il n'excellait pas partout sur la patinoire, mais en zone offensive, ses yeux s'illuminaient. Il pouvait transporter un défenseur de 200 livres sur son dos et parvenir à trouver le fond du filet. »

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L'ancien DG des Canadiens Selke Sr., dans son autobiographie Behind the Cheering, parue en 1962 :
« Vous avez entendu parler des écarts de conduite du Rocket, de ses amendes, de ses suspensions. Souvent, les médias étaient durs envers lui. Mais il s'agissait du résultat de son esprit compétitif. Ses rivaux, qui le critiquaient librement, auraient tout donné pour avoir un joueur comme Richard au sein de leur équipe. Tout grand joueur va aider son équipe, mais Richard était spécial. Souvent, quand les choses allaient mal sur la glace, il aidait personnellement ses coéquipiers en difficulté à se ressaisir. Il finissait par inscrire le but qui allait faire basculer le momentum et changer le cours d'un match en faveur de son équipe. »
Photos: Temple de la renommée du hockey; Bob Fisher, Canadiens de Montréal