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BOSTON – C’était tôt dans la saison, à un moment où les Bruins de Boston ne savaient pas encore vraiment qui ils étaient ni ce qu’ils pouvaient devenir. Le revers à domicile du 13 octobre qu’ils venaient de subir contre le Lightning de Tampa Bay allait déclencher une série de six défaites.

C’est durant cette période d’incertitude que Marco Sturm a pris Charlie McAvoy à part.

Les deux hommes ne se connaissaient pas depuis longtemps, seulement depuis le camp d’entraînement. Ils apprenaient encore à bâtir la relation entre un nouvel entraîneur et l’un des joueurs vedettes de l’équipe.

« Au début, mon jeu était beaucoup plus ouvert et offensif, a raconté McAvoy. J’étais un peu partout sur la glace. Il m’a dit : on peut rester ici et regarder ça toute la journée si on veut, ça ne me dérange pas. Je vais revoir ça avec toi jusqu’à ce qu’on trouve où tu t’intègres dans tout ça. »

Pour McAvoy, dont la saison précédente avait été écourtée par une blessure à l’épaule subie durant la Confrontation des 4 nations qui avait dégénéré en infection majeure, l’approche du nouvel entraîneur des Bruins a été appréciée. Il y avait de l’honnêteté, du respect et une réelle volonté de trouver des solutions.

« Même sa façon de faire passer le message était très respectueuse, a dit McAvoy. C’était un peu comme : j’ai besoin que tu sois ce joueur-là pour nous, pour le groupe, et on va y arriver ensemble. C’était vraiment agréable, et j’ai l’impression que ç'a été un petit point tournant. »

Les Bruins ont ensuite commencé à gagner, à trouver leur rythme, à se concentrer sur ce qu’ils pouvaient devenir, plutôt que sur ce que plusieurs prédisaient pour eux. Ils ont appris à mieux comprendre leur identité, mais aussi ce qu’ils avaient en Sturm, qui avait décroché un poste d’entraîneur-chef d’une équipe de la LNH pour la première fois de sa carrière d’homme de hockey en juin.

Au cours d’une saison où les candidatures sont nombreuses pour remporter le trophée Jack-Adams, remis à l’entraîneur de l’année – de Lindy Ruff des Sabres de Buffalo à Jon Cooper du Lightning de Tampa Bay, en passant par Dan Muse des Penguins de Pittsburgh – le travail de Sturm à Boston est peut-être passé un peu sous le radar.

Mais pas pour McAvoy, qui en est à sa neuvième saison dans la LNH et qui a joué sous les ordres de quatre entraîneurs-chefs différents avec les Bruins. Boston poursuivra sa course vers un retour en séries éliminatoires de la Coupe Stanley contre les Capitals de Washington au Capital One Arena samedi (15 h HE; ABC, SN360, TVAS).

Les joueurs voient bien ce qu’ils ont en Sturm.

« Dans ma relation avec lui, j’ai vraiment senti ce soutien, a expliqué McAvoy. Et je pense que tout le monde devient meilleur quand l’approche est que nous sommes tous ensemble là-dedans. Au final, je veux jouer pour lui et connaître du succès pour lui parce qu’on voit à quel point ça compte pour lui et à quel point il veut la même chose pour nous. Je pense que ça soutire le maximum du groupe. »

LAK@BOS: Toute une feinte de McAvoy pour donner la victoire aux Bruins

La saison 2024-25 des Bruins a été une catastrophe. Ils ont congédié leur entraîneur-chef Jim Montgomery, ils ont perdu pour le reste de la saison deux de leurs meilleurs défenseurs (McAvoy et Hampus Lindholm) avant février, puis l’équipe a réalisé cinq transactions à la date limite des échanges, dont celle envoyant Brad Marchand, leur capitaine et dernier vestige de l’équipe championne de la Coupe Stanley en 2011, en Floride. Pour la première fois depuis 2016, les Bruins ont raté les séries éliminatoires.

Ce n’était pas une situation facile pour un entraîneur-chef recrue. Et pourtant, les choses se sont mieux déroulées que la plupart des gens chez les Bruins auraient pu l’espérer.

« Je suis content de là où nous sommes rendus présentement, a dit Sturm. Oublions les points. Je parle de la façon dont nous jouons et dont nous nous présentons chaque soir. Nous avons une bonne structure et beaucoup de discipline. Les gars adhèrent au plan et savent maintenant ce que ça prend pour gagner.

« Moi aussi, j’apprends. C’est ma première année, il y a beaucoup de matchs, les Jeux olympiques, les médias… Il y a beaucoup plus d’éléments à gérer. J’essaie d’apprendre chaque jour, comme mes joueurs, mais c’est une bonne chose. Ça me pousse à m’améliorer. » 

Même s’il s’agit de la première saison de Sturm comme entraîneur-chef dans la LNH, il n’est pas un nouveau venu dans la Ligue. L’ancien attaquant a joué pendant 14 saisons, récoltant 487 points (242 buts, 245 passes) en 938 matchs, dont 302 avec les Bruins. Depuis sa retraite de joueur, il a dirigé au niveau international en Allemagne, menant entre autres les siens à une médaille d’argent aux Jeux olympiques de Pyeongchang en 2018. Il a ensuite été entraîneur adjoint avec les Kings de Los Angeles de 2018 à 2022, avant d’accepter le poste d’entraîneur-chef du club-école de l’équipe, le Reign d’Ontario, un rôle qu’il a occupé pendant trois saisons.

Est ensuite venue l’embauche avec les Bruins.  

« Tout ce que nous avions vu durant le processus d’entrevue avec Marco s’est avéré exact, a soutenu le directeur général Don Sweeney. Il est très, très passionné par le hockey. Il veut communiquer avec ses joueurs, et il est persuasif dans la façon dont l’équipe est censée jouer.

« La courbe d’apprentissage associée à la Ligue nationale de hockey et au 'coaching', que tu aies dirigé ou non dans la Ligue américaine, est escarpée. Dans les matchs, à l’extérieur des matchs, le nombre de matchs, le manque d’entraînements. […] Ce sont tous des défis, et il les a relevés avec brio. »